« Je souhaite amener davantage de danse contemporaine à Granby. Il y a une belle offre au niveau des loisirs, mais professionnellement parlant, c’est presque inexistant », fait valoir Audrée Papineau-Chartrand.

Boréart ouvre ses portes à la danse

De mémoire, la danse n’a jamais mis les pieds au Centre d’art Boréart. À compter de ce mercredi, elle y sera présente sous forme d’exposition immersive grâce au projet d’Audrée Papineau-Chartrand.

« Ce n’est pas une présentation sur la danse, mais une présentation de danse », tient à préciser la danseuse contemporaine de la relève à l’origine d’Un sentiment de solitude.

Présentée dans le Petit Boréart jusqu’au 29 avril, son œuvre est composée de trois vidéos, tous dérivés d’une même chorégraphie et projetés simultanément. Une toile rose, un vase bleu contenant des paillettes, une table, une plante et quelques autres accessoires complètent le décor. « Si on prend le temps de bien observer, on se rend compte que le visiteur se retrouve en quelque sorte dans le même environnement que les danseuses dans la vidéo », fait remarquer la Granbyenne de 27 ans.

Elle explique qu’elle explore beaucoup la vulnérabilité dans ses dernières chorégraphies, et qu’Un sentiment de solitude ne fait pas exception. « J’ai voulu travailler avec deux individus qui sont à égalité, qui n’ont aucune relation de famille, amoureuse, hiérarchique ou autre. Dans un espace donné, elles doivent tour à tour se supporter l’une l’autre. En mouvement, je pense qu’on arrive à bien traduire le fait qu’on est toujours seul, même accompagné, mais aussi qu’on est toujours en quelque sorte accompagné même quand on est seul. »

C’est sa bonne amie Marie-Michelle Darveau, qu’elle a connue au cours de ses études en danse contemporaine, qui lui donne la réplique dans cette conversation corporelle filmée tantôt en studio à Montréal lors d’une résidence d’artiste, tantôt dans un boisé enneigé de Lanoraie.

Rendre la danse plus accessible

Audrée Papineau-Chartrand danse depuis son tout jeune âge. D’abord avec l’ensemble Les Mariniers, puis en option danse à l’école secondaire Haute-Ville avant d’entrer au Cégep Saint-Laurent puis à la School of Dance d’Ottawa. Elle a exploré divers styles — ballet classique, jazz, etc. — avant d’arrêter son choix sur la danse contemporaine.

« J’étais très dérangeante dans mes cours, j’avais toujours une opinion et des idées sur tout. La danse contemporaine, c’est le style qui sollicite le plus mon côté créatif. Celui qui me permet de véhiculer l’émotion, une histoire, d’aller creuser plus loin que le simple esthétisme », explique la jeune femme.

Diplômée depuis deux ans, l’artiste de la relève est une habituée des bourses de cheminement vers l’excellence en arts octroyées par la Ville de Granby. « Je crois que j’en ai reçu chaque année depuis que ça se fait », glisse-t-elle.

C’est pourquoi elle a comme objectif de « redonner à la communauté qui m’appuie tant depuis mes débuts », fait-elle valoir. « Je souhaite amener davantage de danse contemporaine à Granby. Il y a une belle offre au niveau des loisirs, mais professionnellement parlant, c’est presque inexistant. Je veux rendre cet art plus accessible pour les citoyens de la région, pour que les jeunes filles et les jeunes garçons d’ici aient une référence. »

La jeune danseuse a mis les pieds dans le monde professionnel l’automne dernier, alors qu’elle a présenté son tout premier projet novateur lors des Journées de la culture. Celui-ci sera d’ailleurs repris ultérieurement dans un lieu inusité, laisse-t-elle entendre.

Elle vient également de fonder son propre collectif, L’ilot collectif, ce qui lui facilite l’accès aux subventions gouvernementales. « C’est rare que je dise que je suis fière de moi, mais là, je le dis », assume celle qui vient également de se faire offrir deux résidences de création.