Billy Tellier termine le rodage de son nouveau spectacle solo.

Billy Tellier: parce qu’on est tous un peu hypocrites

L’humoriste Billy Tellier n’a pas l’habitude de s’enfarger dans les fleurs du tapis. Il a choisi d’intituler son deuxième spectacle solo Hypocrite (s) avec un s, comme un clin d’œil à ses petits travers... et aux nôtres.

« C’est un show qui porte bien son nom, je pense. C’est sur ce qu’on aime bien cacher, sur les choses qu’on se garde de dire. Parce qu’on a tous un petit côté sombre. On vit à une époque où les réseaux sociaux sont très importants et où l’image domine. Hypocrite(s), c’est un show où on dit les vraies choses. On ne pointe pas du doigt nécessairement, car on est là pour rire. C’est plus pour faire réaliser au monde qu’il est temps de sortir notre côté caché. Personne n’est parfait ; on va se calmer les nerfs avec ça ! »

Mais étrangement, il ne sera pas tant question des réseaux sociaux. « Je prêche beaucoup par l’exemple. Je parle de moi beaucoup, de ma vie. Et les gens se reconnaissent là-dedans. »

Il poursuit. « En devenant père, j’ai réalisé qu’on ne pouvait pas dire la vérité tout le temps. La société s’écroule si on finit par dire tout ce qui nous passe par la tête. Je parle de tout ça dans le spectacle. »

Il rappelle également que « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». « Un exemple : on est dans le Sud, on est bien, il fait beau et chaud... On ne pourrait pas être plus heureux. Mais ce qui nous rend encore plus heureux, c’est de savoir qu’il neige au Québec ! »

L’aide de Laurent Paquin

Billy Tellier rappelle que le contenu de ce spectacle part en grande partie de lui, mais qu’il a fait appel à son bon ami Laurent Paquin pour la mise en scène et la script-édition du contenu.

Grâce à lui, le jeune homme a gagné en aisance. « Je suis un garçon très structuré ; j’aime qu’il y ait du rythme et des punchs dans le spectacle. Laurent a fait ressortir mon côté plus humain, il m’a fait sentir un peu plus libre sur scène. Lors de ma première tournée, j’étais plus by-the-book. J’ai appris avec lui que je pouvais avoir du plaisir, sans trop de stress. »

Il se permet d’ailleurs quelques touches d’improvisation chaque soir, en prenant un peu tout le monde à partie. « J’essaie de voir jusqu’où les gens sont prêts à aller dans la vie et s’ils sont croches ou pas ! » rigole-t-il.

Il sera entre autres question des enfants, de chicane, des multiples allergies de son fiston et de sujets plus tabous comme la sexualité. « Je ne me retiens pas du tout de dire certaines choses. Je dévoile même des affaires que je n’ai jamais dites. »

Il faut dire que Billy Tellier a la plume facile. Il a d’ailleurs participé à l’écriture de nombreux événements humoristiques et travaillé aux spectacles d’Alexandre Barrette, Maxim Martin et Rachid Badoury.

« Ça fait un moment que je n’ai pas écrit pour les autres, mais quand je le faisais, c’était comme me mettre dans la peau de quelqu’un d’autre. Pour moi, ça n’a jamais été un problème de donner mes blagues. Les blagues, c’est mon travail ; j’en ai et il y en aura d’autres. J’ai du fun à faire ça. Et si je les garde toutes pour moi, je ne pourrai pas écrire pour les autres ! »

Lève-tôt 

Celui qui est connu pour ses capsules humoristiques Le petit monde de Billy doit se plier à une routine peu banale. Papa de deux bouts de choux de huit mois et trois ans, Billy Tellier se lève à l’heure des poules depuis neuf ans pour animer des émissions matinales, dont Debout les comiques sur les ondes de CKOI.

« Dormir, c’est une option chez moi ! » admet-il, en confiant que ce rythme de vie est difficile. « J’ai l’impression de vieillir plus vite. Il faut faire attention, car tu peux vite tomber malade. Il faut se surveiller un peu avec les années. »

Pour arriver à conjuguer son horaire (très) matinal à celui, tardif, d’humoriste, il a trouvé le truc qui lui sied le mieux : les siestes d’après-midi.

Grâce à ces sacro-saints intermèdes de sommeil, Billy Tellier arrive à maintenir le cap. Le rodage d’Hypocrite(s) va d’ailleurs bon train. Reste Granby, Trois-Rivières et Sherbrooke à visiter avant la grande première montréalaise du spectacle, le 5 novembre prochain.

« D’ici là, il y a des petits bouts qu’on va se permettre de tester encore, mais le show s’est figé quand même assez vite. On est plus dans les détails présentement, mais ce n’est pas loin d’être complet. »