Tzara Maud et François Lapierre ont coscénarisé le diptyque 1642, deux bandes dessinées racontant l’histoire de la fondation de Ville-Marie de deux points de vue différents: celui des premiers colons débarqués en Nouvelle-France et celui des Amérindiens.

BD 1642: deux points de vue sur la fondation de Ville-Marie

La photographe de presse Tzara Maud a troqué pour la première fois sa caméra pour le papier et le crayon, le temps d’une incursion dans le monde de la BD. Avec son amoureux, le bédéiste François Lapierre, elle a coscénarisé deux albums ayant comme trame de fond la fondation de Ville-Marie.

Fait intéressant et inusité : le diptyque, qui couvre la période allant de 1642 à 1645, présente la même histoire selon deux points de vue différents. 1642 : Ville-Marie — illustré par Jean-Paul Eid — adopte la vision des premiers colons français débarqués en Nouvelle-France, tandis que 1642 : Osheaga, dessiné par Lapierre, raconte l’histoire vue par les Amérindiens.

« C’est comme un film de [Quentin] Tarentino, illustre le bédéiste spécialisé dans tout ce qui touche la Nouvelle-France. Certains passages se retrouvent dans les deux albums, mais ils sont présentés de deux points de vue différents. À d’autres moments, on retrouve dans un livre des personnages qui sont partis du premier. »

« C’est l’fun parce que l’histoire qu’on nous raconte adopte trop souvent la seule version des Blancs, mais pas ici », renchérit Tzara, qui précise que le lecteur peut commencer par l’un ou l’autre des deux albums.

Éléments d’histoire

Pour « être raccord » avec les faits, le couple sheffordois a consacré plusieurs heures à ses recherches. Et il a tenu à inclure plusieurs personnages historiques peu connus, mais dont le rôle n’en a pas moins été important. Parmi ceux-ci, Tessouat dit le Borgne, chef algonquin principal allié de de Maisonneuve dans la fondation de Ville-Marie, Pieskaret, chef de guerre algonquin considéré comme la terreur des Iroquois, et un traducteur surnommé Homme Double, mentionnent les deux scénaristes à tour de rôle.

« On découvre aussi que plusieurs femmes fortes ont contribué à leur façon et sont de véritables héroïnes, pas seulement
Jeanne Mance ! » ajoute Tzara.

Si plusieurs éléments sont réellement empruntés à l’histoire, certains ont été « triturés » pour y inclure de la fiction, précise le duo. Amour, guerre, politique et un soupçon de mysticisme complètent la recette.

Le diptyque, paru en novembre chez Glénat, s’inscrit évidemment dans la foulée des célébrations du 375e de Montréal. Il s’adresse à un lectorat « de 7 à 77 ans ».