Joanne Lapointe signe une première exposition avec ses œuvres faites d’objets recyclés.

Avatar: la rencontre de mondes improbables

L’œuvre de Joanne Lapointe crée des univers avec des objets récupérés un peu partout. Son exposition intitulée Avatar présente ces mondes improbables, résultats de techniques artistiques mixtes. Ses tableaux architecturaux en trois dimensions captiveront les visiteurs du centre culturel France-Arbour jusqu’à la fin mars.

Joanne Lapointe goûtait pour une toute première fois aux joies d’un vernissage, dimanche après-midi, au centre culturel de la rue Principale, à Granby. Après avoir touché à plusieurs médiums et consacré l’essentiel de sa carrière aux arts, l’artiste multidisciplinaire voyait son nom pour la première fois à l’affiche.

Art primitif africain

Les influences sont multiples dans les créations de Mme Lapointe. Ses tableaux fabriqués d’objets récupérés et assemblés dans un tout autre contexte que celui de leur fonction originale ne sont pas sans rappeler l’art primitif africain. « J’ai même un tableau qui s’appelle Vaudou », acquiesce l’artiste multidisciplinaire. Parallèlement à ses diverses expérimentations artistiques, Joanne Lapointe a également fait carrière dans la peinture décorative. Une expérience qui vient s’ajouter à son identité d’artiste, reconnaît-elle.

« J’ai aussi été vraiment séduite par le mouvement symboliste de la fin du 19e siècle. » Du mouvement symboliste, Joanne Lapointe a également emprunté la tradition du pochoir pour signer ses créations.

Malgré ces nombreuses influences, ses créations s’inscrivent dans un univers cohérent, souligne la créatrice. « Les objets proviennent d’un peu partout, mais forcément ça passe par mon canal, ma vision. Ce sont aussi des objets qui ont tous été créés dans une même période, soit de 2017 jusqu’à tout récemment et dans l’optique d’en faire une exposition personnelle », explique-t-elle.

Objets

Du cuir aux plumes en passant par les pièces mécaniques et des fils électriques, Joanne Lapointe trouve l’inspiration dans les endroits les plus inusités. « Je cherche vraiment partout, je demande même au garagiste s’il n’a pas de vieilles pièces de voiture. Il trouve ça très drôle ! » lance-t-elle. S’il est parfois possible de reconnaître l’usage premier de ces objets, ceux-ci se retrouvent insérés dans un contexte fort différent de celui dans lequel ils ont été fabriqués. Des pièces de machine à coudre sont par exemple devenues des éléments d’un satellite dans le tableau Sputnik. Plus loin, des éléments d’une centrifugeuse à miel se retrouvent au cœur d’un tableau.

« Les objets revivent d’une certaine façon en étant réutilisés ainsi », souligne-t-elle. Les éléments végétaux sont ainsi largement utilisés dans les œuvres de Joanne Lapointe, qui aime réutiliser de vieilles planches de bois, ramasser des racines ou des pierres.

Ce sont toutefois les objets métalliques qui l’ont davantage inspiré dans son processus de création. « Les vieux morceaux rouillés, j’adore ça ! On dirait que je les préfère en mauvais état. »

Ces « mises en scène » comme les appelle l’artiste prennent place sur d’imposants tableaux de bois qui servent à la fois de support pour attacher les multiples objets, et de fond pour mettre en valeur la création.

Les œuvres de Joanne Lapointe de l’exposition Avatar seront présentées à la galerie Boréart du centre culturel France-Arbour jusqu’au 31 mars. Certaines de ses œuvres seront de nouveau au cœur d’une exposition au musée Bruck de Cowansville du 7 novembre au 21 décembre.