Armand Vaillancourt prête sculptures de grande valeur à la Galerie Art libre, qui accueillera prochainement une exposition dédiée à l’artiste.

Armand Vaillancourt de passage à Sutton

Une exposition entièrement dédiée aux œuvres d’Armand Vaillancourt sera présentée du 8 au 16 septembre, à la Galerie Art libre à Sutton. Pour lancer l’événement en grand, l’artiste québécois de renommée mondiale est passé vendredi après-midi afin de livrer quatre œuvres qui décoreront la devanture de l’endroit.

Pas facile de déplacer d’immenses pièces de fonte à l’aide d’une grue plus haute et longue que pratiquement toutes les bâtisses de l’étroite rue Principale de Sutton. Encore moins facile de se prêter à l’exercice quand l’artiste derrière ces œuvres monumentales butine d’un endroit à l’autre, tantôt pour aider à l’opération, tantôt pour en superviser le déroulement, tantôt encore pour saluer un passant.

Armand Vaillancourt n’y peut rien. Plongé dans un bain de foule, il ouvre mille discussions et n’en conclut aucune. Malgré ses 89 ans, l’artiste n’a perdu ni sa vivacité ni son esprit impétueux.

« Doucement, le dévoilement — pour la sensualité ! », lance-t-il à la blague alors que l’emballage de protection se fait retirer des imposantes sculptures.

Les quatre pièces de fonte ont été moulées selon une technique mise au point par M. Vaillancourt, qui donne l’impression qu’elles sont en styromousse. En réalité, elles pèsent de quelques centaines à quelques milliers de livres chacune, selon la taille.

Cadeau mutuel
« C’est vraiment un beau cadeau qu’il nous fait », s’enthousiasme Nicole Côté, artiste copropriétaire de la Galerie Art libre avec Louis Lefebvre, Lou Leblanc et Normand Bleau.

Or, la gracieuseté est réciproque, car la Galerie ne fera aucun profit sur l’exposition de M. Vaillancourt : tous les bénéfices des œuvres vendues durant l’événement iront à la Fondation Armand Vaillancourt, afin de lui permettre de conserver son lieu de création.

L’artiste s’entête néanmoins à ne pas dévoiler la valeur des sculptures. « Ce n’est pas moi qui gère les chiffres, ça me fait chier ! », profère-t-il, en ajoutant qu’il ne travaille pas pour faire de l’argent. « Je ne fais pas ce que je veux faire, je fais ce que je dois faire ! », ajoute l’artiste, qui affirme simplement suivre ses pulsions créatives.

Si Mme Côté espère tout de même être informée desdits chiffres plus tard, dans l’espoir d’arriver à vendre l’une de ces œuvres, elle estime, à vue de nez, qu’elles se vendraient bien au-delà de la dizaine de milliers de dollars chacune.

« Dans la région, on a une très grande concentration d’artistes, mais il y a aussi beaucoup de gens qui aiment l’art », fait-elle valoir.

Elle compte d’ailleurs sur eux pour détrousser la Galerie des différentes sculptures, gravures et peinture de M. Vaillancourt, durant l’exposition.

Séduction en cours
« C’est vraiment très généreux de sa part, et c’est un projet mobilisateur pour la communauté », affirme pour sa part le maire de Sutton, Michel Lafrance, en se réjouissant du passage — ou plus exactement, des passages — de M. Vaillancourt.

L’artiste reviendra en effet à deux occasions durant l’exposition, soit pour le vernissage, le 8 septembre à 14 h, ainsi que durant la journée du 15 septembre.

« Il est aussi venu il y a quelques semaines... Je pense qu’il est tombé en amour avec la ville ! », avance le maire.

Il ne semble pas se tromper, car l’artiste aurait signalé à Nicole Côté son intérêt pour réaliser une œuvre originale à même le parc D’arts et de rêves, à quelques pas de la Galerie Art libre, en 2019.

« Ça va être une icône de la ville — notre Central Park ! », anticipe déjà M. Lafrance.