« Je l’ai croisé au vestiaire et j’ai perdu tous mes moyens. C’était une femme d’une beauté exceptionnelle et d’un grand charisme », raconte Richard Leclerc, qui a collaboré avec Andrée Lachapelle à plusieurs reprises.

Andrée Lachapelle: une femme engagée et charismatique

Le président du Musée des communications et d’histoire de Sutton, Richard Leclerc, a bien connu Andrée Lachapelle pour avoir collaboré à quatre reprises avec l’actrice, qui s’est éteinte jeudi à l’âge de 88 ans. Il garde le souvenir d’une femme engagée et d’un grand charisme.

M. Leclerc, communicateur bien connu dans Brome-Missisquoi, a notamment rencontré Andrée Lachapelle lors d’une soirée-bénéfice pour Amnistie internationale en 1988. Il s’en souvient comme si c’était hier. 

« Je l’ai croisé au vestiaire et j’ai perdu tous mes moyens. C’était une femme d’une beauté exceptionnelle et d’un grand charisme », raconte Richard Leclerc.

Il a tout de même su trouver le courage de lui demander d’enregistrer les voix hors champ de sa première publicité réalisée pour Amnistie internationale, intitulée La Plume

Richard Leclerc se souvient d’une anecdote de studio qui traduit bien le caractère bien trempé de l’actrice. 

« Pour les membres de l’Union des artistes (UDA), il est nécessaire de signer un contrat même pour participer bénévolement à une publicité. Après, les participants peuvent décider de reverser leur cachet à l’organisme, mais il y a une partie des frais qui doivent être versés à l’UDA. Mme Lachapelle a refusé de signer le contrat. Plus que ça, elle a pris le téléphone et a appelé l’Union des artistes et leur disant qu’il n’était pas question qu’elle leur verse une partie du cachet à l’Union et pénalisant l’organisme (Amnistie internationale). Elle n’a pas été radiée de l’Union et moi je n’ai pas rapporté de contrat les autres fois », se rappelle-t-il. 

En 1991, Andrée Lachappelle avait de nouveau posé sa voix et son ton grave sur la publicité Le Gateau soulignant les 30 ans d’Amnistie internationale.

Des collaborations marquantes

Parmi les collaborations les plus marquantes, les plus vieux se souviendront de la publicité de 1992 avec les photographies torturées dans une prison glauque. 

Andrée Lachapelle y fait les cris de douleurs lorsque les photographies à l’effigie des prisonniers d’opinion sont défigurées, en plus de la narration. « Malheureusement, ce n’est pas toujours des images que l’on torture. » Une phrase qui en a marqué plusieurs. 

Richard Leclerc a revu Andrée Lachapelle lors d’une soirée célébrant les 50 ans de l’organisme militant. 

« C’était une personne très généreuse, une femme qui avait une grande crédibilité et qui s’impliquait beaucoup », répète-t-il. 

Andrée Lachapelle s’est éteinte jeudi après avoir demandé l’aide médicale à mourir. Elle était atteinte d’un cancer.

Son dernier rôle aura été celui de la Marie-Desneiges dans le film Il pleuvait des oiseaux de la réalisatrice Louise Archambault, toujours à l’affiche dans quelques salles.