Andréanne A. Malette a eu «l’année qu’elle méritait depuis longtemps», est d’avis son agent de spectacles, David Lavergne.

Andréanne A. Malette, personnalité artistique 2018 de «La Voix de l'Est»

Deux chansons au top des palmarès, trois premières nominations à l’ADISQ, et quelques honneurs supplémentaires... Andréanne A. Malette a connu un succès fou en 2018. Et tout a commencé par le succès de «Fou»...

«Cette chanson-là, c’est l’élément déterminant qui a provoqué tout le reste», est d’avis la fidèle guitariste d’Andréanne A. Malette depuis 10 ans, Judith Sun. «Même si on ne pouvait pas prévoir qu’elle allait être au top des palmarès pendant des semaines, on savait avant même que les radios commencent à la jouer qu’elle allait bien marcher parce qu’on avait toujours de super belles réactions quand on la faisait en spectacle», raconte-t-elle.

«Beaucoup de gens l’ont découverte ou redécouverte grâce à elle», dit-elle encore.

Dévoilé en 2017, le titre, qui figure sur l’album éponyme et indépendant qu’Andréanne a lancé il y a un peu plus d’un an, a trôné au sommet du palmarès de l’ADISQ pendant 16 semaines et s’est maintenu dans le top 10 pendant plus de 40 semaines, en plus de s’être vu décerner une plaque de la SOCAN pour sa position au top des palmarès radio.

Fou a continué de résonner en 2018, si bien qu’il a été retenu parmi les dix titres en lice pour le prix Félix-Leclerc et le prix de la chanson SOCAN, en plus de se faufiler dans la catégorie Chanson de l’année au dernier gala de l’ADISQ, chose qu’il n’avait pu faire l’année précédente, au grand étonnement de plusieurs.

Andréanne A. Malette a également récolté en septembre dernier deux autres premières nominations pour des Félix dans les catégories Album folk et Interprète féminine de l’année, et Fou a également entraîné dans son sillage Ici et ailleurs, autre titre qui s’est lui aussi hissé au top des palmarès et qui a permis à la Granbyenne de récolter une deuxième plaque de la SOCAN.

Une place au soleil

Si elle n’a malheureusement réussi à mettre la main sur aucun des honneurs convoités, l’auteure-compositeure-interprète de 30 ans peut néanmoins se réjouir d’être parvenue à se tailler une belle place au soleil dans le paysage musical québécois.

Pour vous donner une idée, sachez qu’une tournée d’à peine une dizaine de spectacles s’était organisée après le lancement de Bohèmes, son premier album, en 2014. Fou aura quant à elle entraîné 50 représentations en 2018, et ce chiffre doublera certainement d’ici la fin de 2019, selon son agent de spectacles, David Lavergne.

Également leader de la formation Bears of Legend, ce dernier gère La Tanière, une agence très sélective dans le choix des artistes qu’elle représente — ils ne sont que six.

«On s’est découvert beaucoup de points en commun, dont la gestion de notre propre carrière, sans rien se faire imposer par personne», répond-il quand on lui demande pourquoi il a accepté de prendre Andréanne sous son aile.

«J’admire aussi son audace, sa ténacité et son ambition toujours respectueuse de ce qui se passe autour d’elle. Ce n’est pas le genre de fille qui va piler sur la tête de quelqu’un pour arriver à ses fins», ajoute-t-il. «Elle a eu l’année qu’elle méritait depuis longtemps.»

«On est loin d’un overnight success. Ça fait 15 ans qu’elle travaille là-dessus. C’est un peu comme un aboutissement», fait pour sa part remarquer son père, Richard Malette, lorsqu’on lui demande de résumer l’année exceptionnelle de sa fille.

Il est loin d’être surpris du chemin parcouru. «Elle a toujours eu ce qu’il fallait pour percer en musique, même toute petite. Elle ne parlait pas encore qu’elle chantait, et elle marchait à peine qu’elle dansait déjà», se rappelle-t-il.

Indépendante

À ce talent artistique se marie une aptitude certaine à jouer les femmes d’affaires qui ne passe pas inaperçue chez celle qui fait le choix, il y a trois ans, d’être une artiste indépendante en fondant sa propre compagnie, les Productions Nia.

«Ce que j’admire le plus d’Andréanne, c’est qu’elle soit capable d’être une auteure-compositeur-interprète et une femme capable de gérer toute la patente en arrière. Il n’y a pas beaucoup d’artistes capables de faire les deux. Et elle, elle est super à l’aise là-dedans», souligne Judith Sun.

«C’est une fille excessivement motivée et focus, reprend-elle. Elle n’est pas le genre de personne à s’asseoir sur ce qu’elle a, elle a toujours des idées qui sortent de l’ordinaire, comme sa tournée Feu de camp. Il n’y a aucun doute qu’elle va réussir à mener une belle carrière. À sa façon.»