« Je ne changerais pas mon parcours à La Voix, mais c'était très demandant sur mon temps et mon énergie... au point où je doutais un peu de vouloir gagner », a confié le résidant de Lac-Brome au lendemain de son élimination.

Amos J. heureux et soulagé

Éliminé en quart de finale de La Voix, dimanche soir, Amos J. a refermé un chapitre de sa vie qui aura duré huit mois. Loin d'être abattu, le chanteur nous a plutôt semblé calme et solidement ancré.
« Je me sens remarquablement bien et heureux. En fait, je suis très soulagé de finalement pouvoir retourner à ma vie. Je ne changerais pas mon parcours à La Voix, mais c'était très demandant sur mon temps et mon énergie... au point où je doutais un peu de vouloir gagner », a raconté l'auteur-compositeur de Lac-Brome quand La Voix de l'Est lui a passé un coup de fil, lundi après-midi.
Trop stressant ? « Non, je n'ai pas vécu La Voix avec beaucoup de stress. J'étais un peu nerveux durant les performances, bien sûr, mais c'était plus de la fatigue. Il y a eu des moments intenses et de très longues journées de travail ces dernières semaines », dit-il, en rappelant son rôle de papa et son métier de musicien­ professionnel. 
Les gens ont beaucoup parlé, depuis dimanche, du choix de la chanson - Your Song d'Elton John - et de la mise en scène entourant sa performance, notamment de l'imposant micro rétro qui cachait une partie de son visage. « Ce n'est pas grave, dit-il. Je pourrais me plaindre, mais à la fin, c'est la performance qui compte. J'ai tellement vécu une belle expérience que je ne peux pas être déçu. Je n'ai pas de regret. »
Sauf un. « Peut-être que j'aurais pu demander un peu plus ce que je voulais... J'ai été un bon soldat », confie-t-il. Oui, certaines chansons l'allumaient davantage que Your Song. « J'ai fait ce qu'ils souhaitaient et je comprenais leur décision­ », assure-t-il.
Quant au fait que ce soit Louis-Paul Gauvreau et son death metal qui a obtenu la faveur du public et des coachs, Amos J. affirme ne pas être surpris « du tout ». « Ce gars-là est une sensation sur YouTube. Il ouvre la voie ! On savait qu'il gagnerait ; c'est tellement rafraîchissant pour le format du show ! Ce n'est pas mon style de musique, mais Louis-Paul m'a éduqué là-dessus et j'ai commencé à apprécier­ ! » lance-t-il en riant. 
Populaire
Durant son passage à l'émission, le charme d'Amos J. a visiblement opéré. Désormais, le trentenaire arrive difficilement à circuler dans les endroits publics sans se faire reconnaître. Et c'est comme ça même à Montréal. « Partout, en fait, où il y a une population­ francophone­ », s'étonne-t-il. 
« C'est un peu fou. J'aime les gens, mais je dois mettre mon capuchon et marcher plus vite ! Au Québec­, par contre, les gens sont très respectueux. »
Pour Amos Joannides, il pourrait bien y avoir un avant et un après La Voix. « J'ai une vision tellement plus claire de ce que je veux faire, de mon prochain album. Et j'ai beaucoup d'idées au plan technique. Dans cette expérience, ce que j'ai le plus appris de tout le monde, tant des coachs que des mentors, c'est que ce n'est pas cliché de dire qu'il faut être soi-même. J'ai trouvé ma voie. »
Ce nouvel opus, il rêve de le lancer cette année. Mais une chose à la fois. Le chanteur souhaite d'abord s'accorder quelques jours de repos. Des discussions sont entamées avec des gens du milieu ; l'idée d'avoir une équipe l'intéresse. « Je me dis aussi que je pourrais être artiste indépendant­. Pourquoi pas ? »
Mais il n'hésitera pas, dit-il, à composer le numéro de cellulaire qu'Isabelle Boulay lui a donné et qu'il garde précieusement. « Elle m'a tellement appris. Je travaillerais encore avec elle avec plaisir ! »
Après avoir côtoyé de grands noms du show-business québécois et chanté devant des millions de téléspectateurs, Amos J. pourrait­ avoir la grosse tête. 
Pourtant non. Derrière lui, on entend le babillage de son petit garçon. Rien de mieux pour garder les deux pieds sur terre !