Alexandre Poulin offre un spectacle simple et chaleureux, à son image.

Alexandre Poulin: toute la place aux mots

Magicien des mots, raconteur de chansons, écrivain acoustique... Peu importe le qualificatif, Alexandre Poulin s’arrête chez nous cette semaine, porté par son quatrième album, Les temps sauvages.

C’est dans l’église Emmanuel, à Cowansville, que le chanteur récitera sa prose contemporaine. Un lieu qui, de son propre avis, « facilite l’intimité ». Quoique...

« D’instinct, on peut penser que l’ambiance est plus facile à créer dans de petits endroits. J’ai pourtant pris conscience que ce n’est pas tant combien de personnes il y a dans la salle qui fait la différence ; c’est plus comment tu t’adresses à elles. »

Le spectacle sera simple et chaleureux, à son image, et présenté en formule trio en compagnie de deux musiciens multi-instrumentistes.

« Ça crée une belle intimité et ça permet aux mots de prendre toute leur place », dit-il, en confiant être « un gars qui parle beaucoup » sur scène. Par plaisir, mais aussi pour mettre ses histoires en contexte. C’est là qu’il laisse place à la spontanéité, dans un spectacle autrement rodé au quart de tour. « L’ordre des chansons est important pour offrir une soirée dynamique. Je pense que j’ai trouvé la chimie qui fonctionne. »

Parlant de chimie, l’auteur-compositeur-interprète peut compter sur un public fervent, qui boit littéralement ses paroles... ou qui les chante en chœur avec lui, c’est selon.

Tout pour lui rappeler, chaque fois, à quel point la scène est sa « récompense ultime ». « C’est là que je rayonne le plus. »

Équilibre
Il a vite compris, cependant, que la vie de tournée pouvait le happer, en empiétant sur les autres sphères de sa vie. À 40 ans, Alexandre Poulin fait les choses à sa manière. Ce vendredi à Cowansville, il reprendra le collier après plus de deux mois de pause. « Je suis jeune papa et j’ai l’énorme ambition de concilier ma vie de famille et ma carrière. Il faut trouver un équilibre entre les deux », laisse-t-il entendre.

Ces intermèdes ponctuels lui permettent donc de s’approcher le plus possible de ce précieux équilibre et surtout de garder « l’essence du bonheur » que lui procure la scène.

« Je sors de temps en temps de la machine avant d’être trop dedans. J’ai appris à construire autour de ça. Comme là, j’ai prévu un bloc d’une vingtaine de spectacles pour les prochains mois », ajoute le chanteur en confiant que lui et son équipe sont impatients de remonter sur les planches après la relâche de décembre et janvier. « On savoure beaucoup plus de cette façon. »

plume vivante
La tournée Les temps sauvages s’achèvera à la fin de cette année, après la ronde des festivals d’été et un automne en solo. Il prévoit donc se remettre à l’écriture en 2019. Un besoin viscéral, qui vient néanmoins avec son lot de doutes et d’anxiété.

Les pannes d’inspiration, heureusement, l’incommodent très peu. « Mais c’est une crainte profonde que je porte. Ça m’habite toujours... », glisse-t-il.

À partir de morceaux de papier griffonnés qu’il accumule dans sa besace — il écrit aussi pour les autres —, Alexandre Poulin réussit à maintenir sa plume vivante.

On a envie de lui demander si, avec ses histoires et ses portraits de la « vraie vie », il a l’impression d’être une source d’inspiration pour les gens. Allumeur de réverbères, Alexandre Poulin ?

« Je trouve ça très touchant, mais je m’en méfie un peu. Oui, j’ai entendu des histoires ; c’est assez fréquent que des gens me racontent des choses. Mais ce serait prétentieux de penser que je suis une inspiration. J’écris pour moi avant tout. Si mes chansons permettent aux autres de vivre des affaires, tant mieux. Mais je ne veux pas de cette responsabilité. »

VOUS VOULEZ Y ALLER ?  

Quand : le vendredi 2 février à 20 h

 : église Emmanuel de Cowansville

Billets : www.lepointdevente.com