«C’est un terrain de jeu libre!», résume Alex Nevsky au sujet de ses concerts du 13 et du 14 mars à Québec.

Alex symphonique

Les mots « chance » et « privilège » reviennent souvent dans le discours d’Alex Nevsky lorsqu’il parle de l’aventure singulière qu’il s’apprête à vivre avec l’Orchestre symphonique de Québec. Durant deux soirs, en mars, il fusionnera pour la première fois son univers pop à celui de la musique classique.

La rencontre entre ces deux mondes, comme le veut la tendance des dernières années, est rarement banale. Pour un artiste, une telle occasion se refuse difficilement. « C’est l’OSQ qui me l’a demandé et j’étais vraiment honoré. Dans la vie, tu ne sollicites pas une telle chose, c’est l’orchestre qui te l’offre. C’est une superbe chance », dit-il, en reconnaissant que sa carrière « est un peu sur l’accélérateur ». 

Lorsqu’il affirme qu’il s’apprête à entrer dans une sphère complètement inconnue, il n’a pas tout à fait raison... Alex Nevsky a déjà flirté une fois avec l’univers classique. C’était en 2014 aux Francofolies de Montréal, où il avait remplacé Yann Perreau au pied levé dans le grand spectacle collectif La symphonie rapaillée avec l’Orchestre symphonique de Montréal. « Sans répétition, devant 30 000 personnes. C’était immensément stressant », relate-t-il.

Les 13 et 14 mars au Grand Théâtre de Québec, la situation sera bien différente. Non seulement le répertoire lui sera entièrement consacré, mais il aura eu le temps de se préparer pour la peine. 

Avec les arrangeurs Antoine Gratton et Jean-Nicolas Trottier, il se sent en confiance. « Il y a de superbes façons d’arranger des chansons pop. Ils vont me revenir bientôt pour me faire entendre quelque chose par ordinateur. Ça va me donner une bonne idée de la direction du spectacle. J’ai envie de me retrouver dans mes chansons, que ça voyage, que les structures éclatent. Mais par respect pour le public, je veux qu’on les reconnaisse. Je veux interpréter mes classiques, dans une version assez près de l’originale, avec des twists, dit-il. Mais en ce moment, je suis autant dans le mystère que tout le monde ! »

Quant au chef David Martin, il le rencontrera ce mois-ci pour briser la glace. En fait, ce dernier pourrait rendre visite à tout le band d’Alex Nevsky, car c’est avec ses musiciens que l’auteur-compositeur-interprète montera sur la scène. 

Pour l’instant, il n’ose pas trop penser à ce qui l’attend. Il admet toutefois manquer lui-même à son devoir. « Ça fait deux semaines que je dois remettre le pacing du spectacle. Je suis en retard... ». 

Ce qu’on sait, c’est qu’Alex chantera parfois avec son groupe, parfois avec l’orchestre, parfois avec les deux. « Il faut trouver le juste milieu entre tout ça. Mais c’est un terrain de jeu libre ! »

Et avoir une soixaintaine de musiciens classiques derrière soi, n’est-ce pas un peu impressionnant ? « Oui, mais je le fais par envie de relever des défis. Je ne suis pas la personne qui a le plus confiance en elle, mais je commence à avoir confiance en ce que j’ai fait. »

Encore tout ébaubi de présenter non pas un mais deux concerts — « C’est exagéré ! », lance-t-il avec modestie — il s’attend à attirer ses fans de la première heure intéressés à redécouvrir ses chansons sous un nouveau jour. « En tant que public, moi aussi j’aime entendre des chansons réarrangées. J’aime voir les artistes se mettre en danger. »

Un beau risque qu’il prend à bras le corps. 

Une soixantaine de musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec accompagneront l’artiste.

RETRAITE CRÉATIVE

Quand La Voix de l’Est lui a parlé, cette semaine, Alex Nevsky était en plein tournage de La Voix 6. En février, cependant, il mettra de côté les lumières et le clinquant pour entrer dans un tout autre mode, beaucoup plus intime. 

«Je m’en vais passer deux semaines au Studio B-12 à Valcourt. J’ai invité des paroliers, des beat makers, des amis, pour créer de nouvelles mélodies», dit-il.

Cette retraite créative, il la juge nécessaire pour renouveler sa façon de composer, éviter de tomber dans le piège de la routine artistique et se renouveler. «J’ai envie de me botter les fesses. »

Tout cela dans le but d’accoucher d’un nouvel album. «Mais pas avant un an. »

FROUSSE HAWAÏENNE

Les vacances paradisiaques d’Alex Nevsky se sont terminées sur une note surréaliste, samedi dernier. Le chanteur et son amoureuse, l’animatrice Vanessa Pilon, séjournaient pour une dernière journée sur l’île de Kauai, dans l’archipel hawaïen, lorsque la fausse alerte au missile balistique a retenti. 

Sous forme d’alerte Amber, le couple a reçu, par cellulaire, le message suivant, en majuscule : «MENACE DE MISSILE BALISTIQUE SUR HAWAÏ. METTEZ-VOUS IMMÉDIATEMENT À L’ABRI. CECI N’EST PAS UN EXERCICE. »

«Kauai est l’île la plus isolée et la moins populeuse d’Hawaï. Elle est composée à 97% de végétation. Il y a une chaîne de montagnes et derrière, une base militaire », raconte l’artiste, qui louait un condo sur l’île.

Cette base de la Marine américaine, c’est la Pacific Missile Range Facility utilisée pour tester le lancement de missiles... Absolument rien pour rassurer le couple. 

« C’était tellement freakant! Une menace de tornades, d’ouragans, peut-être. Mais un missile nucléaire ! C’était complètement irréel», confie-t-il. Le message, cependant, semblait tout à fait tangible; assez pour qu’il y croie. «Tu ne sais pas du tout quoi faire. Sacrer ton camp ou attendre? C’est une île où il n’y a rien! », dit-il, en avouant avoir vraiment eu peur de mourir. 

«Ma blonde, elle, tentait de trouver d’autres infos par tous les moyens. Ça a pris 38 minutes avant d’avoir la confirmation que c’était une fausse alerte. » Autant dire une éternité. 

Devant cette — très — bonne nouvelle, les deux globetrotteurs ont doublement savouré leurs dernières heures en sol hawaïen. «Après, on a ressenti une immense joie. On est allés à la plage et on était com-plè-te-ment heureux! »

C’est bien beau, Hawaï, mais le jeune homme n’y habiterait pas. « On a vu qu’il y avait beaucoup de maisons à vendre, probablement en raison de cette menace nucléaire de la Corée du Nord.