Alejandra Ribera sera de passage à Sutton ce samedi soir pour y présenter les chansons de son nouvel album, This Island, lancé il y a à peine un mois.

Alejandra Ribera: en toute spiritualité

Trois ans après La Boca-, qui l'a révélée au grand public, Alejandra Ribera nous invite à découvrir son île sur This Island, lancé il y a un mois. Un disque plus dépouillé, « aux arrangements délicats et spacieux », « aux mélodies raffinées » et à « l'écriture plus accessible ». Une troisième galette qu'elle considère plutôt comme une deuxième en carrière.
« Il y a six ans, c'est vrai, j'ai enregistré un premier disque, mais je n'avais aucunement l'intention de le vendre. C'était plus dans le but d'avoir un démo, quelque chose à envoyer aux radios. Dans l'urgence, j'ai endisqué toutes les chansons que j'avais ; j'ai eu une belle surprise », raconte l'auteure-compositrice-interprète dans un français teinté d'un charmant accent.
Sur La Boca d'abord et sur This Island ensuite, l'artiste aux origines argentines et écossaises a poussé davantage « pour créer un univers ». « Je voulais exprimer des choses claires et précises. Continuer la conversation que j'ai avec moi-même sur la mort, Dieu, cette sensation d'être connectée à une énergie qui nous connecte à tout et à tous... », exprime-t-elle.
C'est ce souci de clarté et de précision qui l'a fait adopter l'anglais pour l'essentiel des 10 titres qui figurent sur This Island. « Je ne suis pas encore en mesure de bien travailler avec la poésie et l'architecture du français et de l'espagnol », reconnaît-elle.
This Island a été enregistré avec ses fidèles musiciens devenus de très bons amis : le guitariste Jean-Sébastien Williams et le contrebassiste Cédric Dind-Lavoie. « Ils me suivent en tournée depuis trois ans, la chimie est chaque jour de plus en plus forte, et ça devient autre chose qu'un concert quand on joue en trio. Les chansons deviennent des expériences spirituelles », dit la jeune femme de 34 ans.
Dans la foulée de se concentrer sur l'essentiel, Alejandra Ribera a tenu à assurer elle-même la réalisation de son nouveau disque. « Je voulais faire un album simple au son classique, loin des tendances de production actuelles. Je savais qu'il fallait du courage pour réduire tout ça à l'essentiel. »
Elle présentera le fruit de son travail ce samedi soir à Sutton devant une salle Alec & Gérard Pelletier complète. « J'y ferai toutes les chansons de This Island ainsi que des souvenirs de mon précédent album », mentionne­-t-elle.
Explorer
Comme elle l'a souvent répété depuis qu'elle a décidé de s'établir à Montréal, c'est l'ouverture des Québécois qui a séduit Alejandra­ Ribera­ de prime abord. Et c'est ce qui fait qu'elle y est toujours­, quatre ans plus tard. 
« Il y a à Montréal­ un espace pour prendre des risques, pour explorer des choses artistiquement parlant. Il n'y a pas tant cette culture de copier une formule qui marche bien ailleurs. Et puis les Québécois, en général, sont moins conscients d'eux-mêmes, de leur personne, de l'image qu'ils projettent. Ils savent saisir les moments de joie et les vivre en toute liberté », analyse-t-elle.
Aujourd'hui, Alejandra Riber­a partage son temps entre la métropole québécoise et Londres. Et elle entame à peine sa nouvelle tournée qu'elle songe déjà à un prochain album. « Je sens que j'ai un peu perdu mon centre, confie-t-elle. J'ai mis beaucoup d'énergie dernièrement dans des affaires plus business pour me construire une carrière en Europe. J'ai encore envie de faire de la musique. Et l'état désespérant du monde me donne envie de faire un prochain projet plus spirituel. J'ai l'intention de faire un disque de chansons qui peuvent guérir, qui font du bien. Je ne ferais pas de musique engagée, plus de la musique thérapeutique », conclut-elle.