Alain Stanké présente des expositions de sculptures de bois depuis 1995.

Alain Stanké expose ses sculptures de bois au centre Boréart

Alain Stanké a troqué la plume et le papier pour les ciseaux et le bois. Ancien journaliste, membre de l’Ordre du Canada depuis 1998 et éditeur ou auteur de plus de deux mille publications, l’homme aux multiples talents était de passage à Granby dimanche après-midi, au centre Boréart, pour présenter à un public conquis son exposition de sculptures Roman des bois.

Alain Stanké s’est mis activement au travail du bois au courant des deux dernières décennies, mais le monde littéraire qu’il porte en lui n’est jamais bien loin. Comme le nom de l’exposition le laisse présager, il s’agit bel et bien d’une collection de dizaines de livres faits de bois. Certains sont massifs, d’autres ressemblent davantage à des bibelots, mais tous démontrent l’amour que porte leur créateur à cet univers qui l’habite depuis plus d’un demi-siècle.

Chaque œuvre s’apprécie avec son titre et la description qui l’accompagne. Le premier se veut tremper d’une pointe d’humour et la seconde est généralement une citation d’un écrivain, d’un artiste ou du sculpteur lui-même. Le tout permet de donner une seconde dimension à l’œuvre.

Malgré l’importance qu’il a eue dans l’univers intellectuel québécois, Alain Stanké garde une humilité sans faille. Tant dans le monde littéraire que dans la création, il se considère davantage comme un artisan qu’un artiste. C’est d’ailleurs pour un besoin très terre à terre qu’il s’est mis au travail du bois. « J’étais aux Bahamas il y a quelques années avec mon amoureuse et, à l’époque, j’étais amateur de cigares. J’en avais acheté quelques-uns, mais je n’avais rien pour les mettre. Alors j’ai trouvé un bout de bois et je me suis fabriqué une boite. Déjà ça ressemblait à un livre ! », se rappelle-t-il tout sourire.

Au retour, il a pris goût au travail du bois. « Je me suis mis à en fabriquer jusqu’au point où je ne savais pas quoi en faire. En 2011, j’ai fait le don d’environ deux cents pièces au Musée québécois d’art populaire à Trois-Rivières », explique l’artisan.

L’œuvre Guide de survie est accompagnée d’une citation de Daniel Bertrand : « En ville ou en pleine forêt, qui a un livre est toujours prêt ».

À ce moment, il avait déjà présenté plus d’une vingtaine d’expositions, dont la moitié à l’international (Mexique et France).

La majorité des œuvres présentées au centre Boréart proviennent de la collection du Musée d’art populaire, mais quelques-unes sont dévoilées au public pour la première fois à Granby.

Hors du commun

De son propre aveu, Alain Stanké n’est pas le plus grand amateur des vernissages. A fortiori lorsque les œuvres exposés sont les siennes. « Je suis un peu comme mon ami Jean-Paul Lemieux [NDLR: le peintre québécois], il détestait aller aux vernissages. Il disait qu’il se sentait tout nu et je me sens moi aussi comme ça », confie-t-il.

Devant l’importance de l’artiste, le centre Boréart avait prévu une entrevue-conférence qui devait être menée par France Arbour. Cette dernière n’ayant pu être présente pour des raisons de santé, c’est l’artiste Marie-Josée Choquette, mieux connue sous son nom de scène Marimuz, qui l’a remplacée. L’occasion pour les gens présents au vernissage d’entendre mille et une anecdotes de celui qui a eu un parcours de vie hors de l’ordinaire.

De son pays natal — la Lithuanie — aux camps de travail allemands durant la Seconde Guerre mondiale, puis de la France à la riche carrière qu’il a connue au Québec, Alain Stanké est revenu sur ses principaux faits d’armes, la plupart déjà connus, mais que le public a semblé apprécié entendre à nouveau de la bouche de ce conteur hors pair. Malgré l’importance des événements, M. Stanké les a dédramatisés et a relaté ses rencontres avec beaucoup d’humour.

L’homme n’était de passage à Granby que pour quelques heures, mais ses œuvres resteront au centre Boréart jusqu’au 3 février.