La journaliste Agnès Gruda est de passage à Mansonville ce week-end.

Agnès Gruda en visite

Agnès Gruda connaissait déjà l’existence d’une communauté polonaise à Mansonville lorsqu’on l’a conviée au Festival Jeux de mots de l’endroit. L’invitation lui a semblé assez attrayante pour qu’elle accepte d’y passer le week-end.

«Ça me semblait sympathique. Et ça me donne l’occasion de renouer avec une région que j’aime beaucoup. Je vais peut-être apporter mon vélo et refaire mes repères, revoir la rivière Yamaska... Et puis, je trouve important de faire vivre la culture en région, de sortir de Montréal», dit-elle.

Vous aurez compris qu’Agnès Gruda est d’origine polonaise. Après avoir vécu en France, elle est arrivée au Québec avec ses parents, sa grand-mère et ses soeurs alors qu’elle avait 12 ans. À l’époque, la famille avait élu domicile à Trois-Rivières.

«J’ai eu la chance de me retrouver dans un milieu francophone pure laine. On est devenus Québécois rapidement», affirme-t-elle.

À l’emploi de La Presse depuis plus de 30 ans, Agnès Gruda a occupé les postes d’éditorialiste, grande reporter et chroniqueuse spécialisée en actualité internationale. Deux recueils de nouvelles — Onze petites trahisons et Mourir, mais pas trop — ont également été publiés sous sa plume. Les mots, elle connaît.

Quand on lui demande quelle sera sa «mission» dans ce petit festival littéraire, elle résume : «Je vais parler de mon parcours et de mes livres, mais aussi tenter de rejoindre la communauté d’Europe de l’Est qui vit dans le coin. J’étais au courant de ça, car il y a quelques années, j’avais accès à un chalet à Glen Sutton, alors j’allais souvent à Mansonville. À ma grande surprise, j’avais découvert l’Euro-Delli et j’allais y acheter des spécialités polonaises.»

C’est dans cette même épicerie-resto que Mme Gruda participera à un brunch polonais, ce dimanche matin. Ce sera l’occasion pour elle de lire un extrait de son premier recueil dans sa langue natale, qu’elle parle encore couramment avec sa famille. Sa mère, dit-elle, en a fièrement traduit la plupart des nouvelles pour ses amis qui ne parlaient pas français.

La nouvelle qu’elle partagera, en partie, avec les convives s’inspire d’un séjour en colonie de vacances et effleure le thème de la trahison et du choix identitaire.

Qu’en est-il, justement, de cette identité «lorsqu’on est quelque part et qu’on vient d’ailleurs»? Agnès Gruda se définit de bien des façons. «J’ai une identité multiple. Je viens d’une famille athée. Je suis Montréalaise. Mon côté polonais est surtout lié à l’univers de l’enfance, dit-elle.

C’est un peu tout cela qu’elle racontera aux gens venus la saluer, ce dimanche, avec un bonheur évident. «Je suis d’abord journaliste, alors je ne vais pas très souvent à la rencontre du public. Mais c’est toujours très agréable.»

En plus de sa présence au brunch, Agnès Gruda sera présente au Bistro Chouette pour l’activité Un auteur à votre table, à 17h30 le même jour.