Adélard sera situé dans la vieille grange rouge adjacente au bureau-boutique de produits naturels Oneka, au centre du village, et qui accueillait jusqu’à tout récemment un antiquaire.

Adélard vous ouvre ses portes

Un trio de résidents de Saint-Armand s’est donné comme mission de contribuer à la revitalisation du village de Frelighsburg grâce à l’art. À compter de mai prochain, il accueillera les premiers professionnels en immersion dans la nouvelle résidence d’artistes baptisée de façon bien sympathique Adélard.

« On a tous les trois des résidences dans la région, et on se promène souvent au Vermont, au New Hampshire, ou on visite beaucoup de galeries d’art et de résidences d’artistes internationales, et on est toujours surpris du nombre de centres d’art qui ont réussi à revitaliser de petits villages grâce au tourisme qu’ils amènent, aux emplois que tout ça crée », raconte l’un des trois cofondateurs et président du conseil d’administration, Sébastien Barangé.

« On s’est dit que ce serait bien d’avoir quelque chose de semblable ici, et en parlant avec plusieurs acteurs du milieu, on a compris qu’il y avait une place pour ça, et que Frelighsburg était tout désigné, car il y a déjà là un terreau fertile, une communauté d’artistes et d’artisans intéressante. »

Le vice-président, communications du Groupe CGI s’est associé au journaliste économique Gérald Fillion ainsi qu’au spécialiste de la question de l’art dans l’espace public Laurent Vernet.

Après s’être assuré de l’accueil favorable de leur projet, ils ont mis sur pied un conseil d’administration formé de citoyens et petits entrepreneurs du village « qui avaient un intérêt à développer un pôle de plus dans la région ».

Des restaurateurs, des agriculteurs et des artisans ont notamment embarqué.


«  On veut instaurer un dialogue entre la communauté et les artistes, que ceux-ci s’imprègnent de celle-là, qu’ils contribuent à la santé économique du village et qu’ils créent des liens.  »
Sébastien Barangé, cofondateur et président du conseil d’administration d’Adélard

« Rien d’élitiste »

Dès le printemps, le trio investira donc la vieille grange rouge adjacente au bureau-boutique de produits naturels Oneka, au centre du village, et qui accueillait jusqu’à tout récemment un antiquaire, et s’affairera à l’aménager en ateliers d’artistes.

« L’objectif d’Adélard, c’est de rendre l’art accessible. On ne veut pas juste mettre en place un lieu ou les artistes viennent s’installer pour créer puis repartent. On veut instaurer un dialogue entre la communauté et les artistes, que ceux-ci s’imprègnent de celle-là, qu’ils contribuent à la santé économique du village et qu’ils créent des liens », explique M. Barangé.

C’est d’ailleurs pourquoi ce dernier préfère parler d’artistes en immersion plutôt que d’artistes en résidence.

« On ne veut rien d’élitiste, poursuit-il. C’est entre autres pour ça qu’on a décidé de baptiser l’endroit Adélard, tout simplement. On voulait quelque chose de simple, d’amical, de très direct. C’est un clin d’œil à Adélard Godbout, cet ancien premier ministre du Québec qui a tant fait, mais qui a un peu sombré dans l’ombre de Duplessis, et qui en plus, a habité la région. Plutôt que d’aller à la galerie ou au centre d’art XYZ, on va chez Adélard. Ça a un petit côté sympathique. C’est comme si la porte était toujours ouverte. »

Elle le sera souvent, d’ailleurs, puisque les professionnels qui y séjourneront pourront non seulement utiliser la grange en guise d’atelier, mais également y organiser des discussions, des démonstrations et des expositions, précise M. Barangé.

Un premier appel de dossiers s’est terminé mardi, et pas moins de 45 professionnels en arts visuels du Québec, du Canada et de l’international se sont montrés intéressés.

Un jury en sélectionnera trois pour la première saison d’Adélard, qui ouvrira ses portes de la mi-mai à la fin septembre.