En plus de signer la mise en scène de la pièce Meurtre sur prescription: une enquête de Columbo, Serge Postigo enfilera le costard du meurtrier, le Dr Flemming. Son épouse, Karine Belly, reprendra pour sa part le rôle de sa maîtresse, et Martin Lamotte ressortira l’imperméable beige du lieutenant Columbo.

Acteur, metteur en scène et... meurtrier

Si la plupart d’entre nous connaissent les manies et manières de faire particulières du lieutenant Columbo, peu savent que le célèbre enquêteur a d’abord vu le jour sur les planches dans les années 1960 avant d’être personnifié au petit écran par Peter Falk durant plus de 30 ans.

« Un producteur télé qui a assisté à une représentation de la pièce à Broadway a tellement aimé qu’il a décidé d’acheter les droits du personnage et d’en faire une série télé », explique sommairement Serge Postigo.

La pièce, signée Richard Levinson et William Link, a effectué un retour au théâtre en France, où elle a tourné en 2016 et 2017, et s’apprête maintenant à séduire sinon le Québec, du moins les spectateurs qui se déplaceront au Théâtre Juste pour rire Bromont, où l’adaptation québécoise de la comédie noire Meurtre sur prescription : une enquête de Columbo sera présentée à compter du 12 juillet.

En plus d’en signer la mise en scène, Serge Postigo y enfilera le costard du meurtrier, le Dr Roy Flemming, remplaçant du coup son homologue français Pierre Azéma. Son épouse, Karine Belly, reprendra pour sa part le rôle de sa maîtresse, et Martin Lamotte ressortira l’imperméable beige du lieutenant Columbo. Marie Turgeon et Jean-François Poulin complèteront la distribution en incarnant respectivement la femme du célèbre psychiatre et son meilleur ami.

L’action se déroule à New York dans le chic appartement de l’Upper East Side du Dr Flemming. Juste avant de partir en voyage, le psychiatre tuera sa femme, peut-être avec l’aide de sa maîtresse. Tout le premier acte tourne d’ailleurs autour de la préparation et du meurtre, laisse savoir Serge Postigo.

Ce dernier assure que les adeptes de la série télé retrouveront le Columbo qu’ils connaissent si bien. « Dans son interprétation, Peter Falk était très fidèle à la description du personnage dans la pièce. Donc sans imiter Falk, Michel Lamotte incarne aussi à la perfection cet enquêteur qui semble confus, un peu négligé, qui parle de sa femme en mâchouillant un bout de cigare qu’il n’allume jamais parce qu’il n’a jamais de feu, mais dont la grande intelligence permet à coup sûr de trouver le meurtrier », indique le metteur en scène, qui assure que le personnage sera « aussi drôle que celui des épisodes télé ».

En prime, l’adaptation québécoise de la pièce se rapproche beaucoup plus de la pièce originale que celle qui avait été faite pour la France, note Postigo. « Maryse Warda (NDLR La traductrice) a été beaucoup plus fidèle au texte d’origine. En France, ils se sont permis beaucoup de libertés qu’on n’a pas suivies. Par exemple, le personnage de la femme du psychiatre n’existait pas en France. »

Plusieurs mises en scène
Il s’agit, pour Serge Postigo, d’un premier retour à Bromont depuis sa toute première mise en scène. En 2009, il avait monté la pièce Boeing Boeing.

Depuis, il a signé plusieurs productions, certaines de grande envergure comme les comédies musicales Mary Poppins — qui lui a d’ailleurs valu les Félix de Meilleure mise en scène et de Spectacle de l’année —, Footloose, présentée jusqu’au 28 juillet à Québec après une cinquantaine de représentations à Montréal l’été dernier, et Fame, à l’affiche du Théâtre St-Denis jusqu’à la fin du mois.

Il se chargera aussi de la prochaine production estivale de Juste pour rire, Mamma Mia ! , au sujet de laquelle il ne peut dire grand-chose pour l’instant. « Juste que les chansons ne seront pas traduites. Je les laisse en anglais pour la simple et bonne raison qu’on ne peut pas prendre des icônes de la musique et jouer dans leurs affaires », affirme-t-il.

Les auditions ont été lancées il y a quelques semaines, et le metteur en scène attend d’être relativement avancé dans le processus de sélection pour commencer à travailler les textes. « Je me laisse beaucoup influencer par les interprètes pour colorer mes personnages. Le contraire fige trop les choses », mentionne-t-il.

Quand on lui demande s’il considère, après avoir touché un peu à tout ce qui se fait sur scène — humour, théâtre, galas, etc. — avoir trouvé son créneau avec les comédies musicales, Serge Postigo nie tout de go. « Les comédies musicales, c’est la même chose que du théâtre, mais avec du chant et de la danse en plus. Dans Fame, par exemple, j’ai 19 minutes de danse sur deux heures de show. La façon de travailler est donc essentiellement la même. »

La seule différence qu’il note entre une comédie musicale et une pièce de théâtre se situe au niveau de la technique. « Dans Meurtre sur prescription, je n’ai pas 30 danseurs à coordonner. Toute la place est donnée à l’intrigue et aux rapports entre les personnages. »

Rapports troubles, inutile de préciser, puisqu’un meurtre est au coeur de l’affaire. Fait intéressant : il s’agit du tout premier qu’il commet sur les planches en 25 ans de carrière, indique celui qui reprendra à l’automne son rôle d’Alain Grimard dans la télésérie Ruptures, sur les ondes de Radio-Canada.