L’auteur granbyen Patrice Cazeault en compagnie de Virginia Houle (à gauche) et Karine Cotnoir, copropriétaires de la librairie jeunesse Le Repère.

Acheter un livre québécois: un mouvement bien ancré

De plus en plus de lecteurs visitent une librairie dans le cadre de la journée pour acheter un livre québécois, le 12 août. L’événement, qui célèbre son cinquième anniversaire, fait toujours le plaisir des libraires, des auteurs et du public.

« On est super contents, c’est le fun de voir que les gens répondent présents ! Et ils sont très ouverts à découvrir des trucs, alors il y a plein de clients qui sont partis avec des petits trésors ! », se réjouit Karine Cotnoir, copropriétaire de la librairie jeunesse Le Repère, à Granby.

Son associée, Virginia Houle, indique que certains enthousiastes se sont même présentés à la porte de la librairie avant l’ouverture.

C’est que le mouvement « le 12 août, j’achète un livre québécois », mis en œuvre il y a cinq ans par les auteurs québécois Patrice Cazeault et Amélie Dubé, est devenu une véritable occasion de célébrer le milieu littéraire d’ici.

Et parce que «les bottines doivent suivre les babines», M. Cazeault — qui réside à Granby — a surpris les copropriétaires du Repère en venant y faire ses achats de livres québécois, dimanche après-midi. Rencontré par hasard lors du passage de La Voix de l’Est à la librairie, M. Cazeault a alors confié avoir un faible pour l’endroit.

De belles rencontres

Si le 12 août est une fête pour les lecteurs et les libraires, c’est aussi un événement prisé par les écrivains, selon l’auteur québécois Emmanuel Lauzon. Celui-ci a passé quelques heures au Repère dans le cadre de cette journée spéciale, tout comme deux autres auteures québécoises, Sylvie Payette et Diane Primeau.

« Il n’y a pas de salon du livre pendant l’été, alors des fois, on vient comme “en manque” de rencontrer des gens — parce qu’écrire, c’est super solitaire comme travail. Alors le 12 août, ça sert entre autres à ça, aussi, de reconnecter un peu [avec son public] », souligne M. Lauzon.

Diane Poulin, une auteure originaire de Saint-Paul-d’Abbotsford qui avait pour sa part été invitée au Buropro Citation de Granby, partage cette vision de l’événement. « Je ne viens jamais dans l’espoir de vendre beaucoup. Je viens vraiment pour me faire connaître et rencontrer des gens », explique celle qui participe à la journée du 12 août depuis quelques années déjà.

Buropro Citation avait également reçu le journaliste et auteur Yvon Gaudet un peu plus tôt en journée.

Toujours un succès

Patrice Cazeault se réjouit par ailleurs de l’engouement croissant pour l’événement. « C’est vraiment surprenant. C’est la cinquième édition, et c’est sûr qu’on n’aura pas les chiffres avant un bout pour savoir à quoi ça ressemble cette année, mais on est tout le temps surpris par la progression de tout ça ! »

Superviseure au Buropro Citation de Granby, Murielle Leclerc le confirme. « Comme tel, je n’ai pas encore les chiffres de la journée, mais les gens étaient au courant. Ils entraient en magasin et venaient demander un roman ou un livre d’un auteur québécois. Vraiment, ça a eu un gros impact cette année. Encore plus que l’année passée ! », affirme Mme Leclerc.

De son côté, Karine Cotnoir relève que le 12 août est même plus profitable pour Le Repère qu’une journée de la période des fêtes. « C’est sûr que Noël, c’est étalé sur plusieurs jours, concède la libraire, mais pour une journée unique de vente au détail, c’est la meilleure journée de l’année. On parle de quatre fois les ventes quotidiennes. C’est vraiment une journée exceptionnelle ! »