La pièce est décrite comme une «comédie policière étourdissante, déjantée et pleine de rebondissements».

À mourir de peur et de rire

Le détective Sherlock Holmes et son bras droit Watson font la pluie et le beau temps sur la scène théâtrale québécoise depuis quelques années. Cette semaine, c’est à Granby que le célèbre duo mènera son enquête. Élémentaire, direz-vous ? Pas tant que ça.

Sherlock Holmes et le chien des Baskerville, qui compte déjà près de 200 représentations, est décrite comme une « enquête avec de l’humour absurde à la Monty Python » par le metteur en scène, Frédéric Bélanger, qui est aussi comédien et auteur dans la vie. « Ç’a été créé dans cet esprit », affirme-t-il.

Présentée comme une « comédie policière étourdissante, déjantée et pleine de rebondissements », la pièce plonge les spectateurs au coeur d’une série de meurtres qui sème la terreur dans le comté de Devonshire en Angleterre. Un esprit se cache et menace les environs du Domaine de la famille Baskerville, dont les héritiers semblent menacés. Sherlock Holmes et le docteur Watson devront user de déductions pour résoudre le mystère.

Pour la petite histoire, il faut savoir que l’auteur Sir Arthur Conan Doyle a publié Le chien des Baskerville au tout début du XXe siècle. Le populaire roman policier mettait déjà en vedette la paire de fins limiers.

Parmi les nombreuses adaptations que ce texte a inspirées, la version théâtrale de 2007 de la troupe londonienne Peepolykus a retenu l’attention de Frédéric Bélanger, qui est membre fondateur du Théâtre Advienne que pourra. C’est lui qui en a fait la traduction et la mise en scène pour le public québécois.

La rencontre a eu lieu entre les gens de Peepolykus et ceux du Théâtre Advienne que pourra lors d’une table ronde de metteurs en scène, tenue à Ostende en Belgique il y a quelques années. « Nous, on venait de faire la pièce Le tour du monde en 80 jours. On travaillait un peu de la même façon, alors on a fait un échange. »

Version différente
« Sherlock Holmes est un personnage mythique. On me disait que pour la scène, c’était impossible à traduire, en raison des nombreux jeux de mots, entre autres. Mais moi, quand on me dit que ça ne se fait pas, je le vois comme un défi. »

Une année entière a été nécessaire pour en faire la traduction. « Il fallait garder l’esprit du texte, mais en faire autre chose », dit-il, en avouant que plusieurs blagues ont été complètement réécrites. « On parle même de Bobino dans notre version... »

Le propos n’est pas le seul élément modifié. De deux heures et demie avec entracte, la durée est passée à 90 minutes sans entracte. Un numéro de projection d’un film muet est également devenu un théâtre de marionnettes pour des raisons techniques et financières. « Quand les Anglais ont vu ça, ils ont aimé ce flash. »

Bref, il n’était pas question de faire un copier-coller de la pièce anglaise. « Ce n’est pas du tout la même chose. »

Pour jouer les nombreux personnages, le jeune homme a fait appel aux comédiens Étienne Pilon, François-Simon Poirier et Philippe Robert, trois gars de son âge qu’il connaissait bien. « On avait envie de faire quelque chose ensemble. Cette pièce, c’est notre Broue à nous ! »

Pour la représentation au Palace de Granby, Philippe Robert sera remplacé par Christian Baril, précise toutefois M. Bélanger.

Et les filles, où sont-elles ? « Il y a des filles, mais elles sont jouées par les gars ! »

Une telle galerie de personnages — le trio interprète pas moins de 15 personnages — fait que les coulisses deviennent aussi un véritable spectacle. « Des fois, ça va tellement vite derrière qu’on n’y arrive pas. On improvise ! », lance celui qui, au départ, était partout en coulisses pour jouer les habilleurs. « Je le fais moins maintenant. »

Pour ados et adultes
La beauté de la chose, c’est que Sherlock Holmes et le chien des Baskerville s’adresse autant aux adultes qu’à un jeune public.

« Tout le monde y trouve son compte. C’est comme les films de Pixar qui ont différents niveaux. C’est rempli de clins d’oeil pour les enfants, les ados et les adultes », laisse entendre Frédéric Bélanger, qui considère qu’à partir de neuf ans, le spectateur peut suivre l’intrigue. « L’enquête est complexe, mais elle est résumée plusieurs fois. Et le visuel joue beaucoup. »

Une suite
Devant le succès de la pièce, Frédéric Bélanger planche d’ailleurs sur une suite. « C’est assez rare au théâtre. Ce sera une nouvelle aventure de Sherlock Holmes créée de toutes pièces avec la même équipe. Je vais en faire la mise en scène », annonce-t-il, en prévoyant une date de sortie en 2019 ou 2020.