Sur scène, Rémi-Pierre Paquin est entouré de Raymond Bouchard, Marilyse Bourke, Linda Sorgini, Normand Carrière, Stéphan Allard, Alexandra Cyr, Mathieu Lorain Dignard et Philippe Robert.

À la rencontre du Schpountz

Avant que Denise Filiatrault lui propose le rôle principal dans la pièce Le Schpountz, Rémi-Pierre Paquin n’avait aucune idée de l’existence de cette oeuvre du célèbre écrivain et réalisateur Marcel Pagnol.

Ça ne me disait rien pantoute! Je connaissais Pagnol pour La Gloire de mon père, entre autres, ou La femme du boulanger, le film qu’il a d’ailleurs sorti la même année que Le Schpountz. Mais Le Schpountz, je ne le connaissais pas.»

Il faut savoir que Pagnol a écrit, scénarisé et tourné ce film en 1937, en confiant le rôle-titre au comédien Fernandel. L’idée du Schpountz lui aurait été inspirée d’un drôle de pistolet croisé sur le tournage d’un autre film quelques années auparavant. Obsédé par le cinéma et convaincu de ses talents d’acteur, le jeune quidam avait alors attiré l’attention de l’équipe de tournage qui, pour le ridiculiser, l’avait surnommé le Schpountz. 

Quatre-vingts ans plus tard, le Théâtre du Rideau Vert de Montréal a présenté, au printemps dernier, une adaptation toute québécoise de ce long-métrage. La même pièce tourne partout en province depuis quelques semaines et jusqu’aux Fêtes.

Sur scène, Rémi-Pierre Paquin est entouré de Raymond Bouchard, Marilyse Bourke, Linda Sorgini, Normand Carrière, Stéphan Allard, Alexandra Cyr, Mathieu Lorain Dignard et Philippe Robert.

Drôle et touchant

Une solide distribution taillée sur mesure pour incarner cette histoire à la fois drôle et émouvante. 

On y croise Théo, un orphelin qui vit avec son frère chez leur oncle épicier dans un petit village de la Côte-Nord. Rêveur, le jeune homme aspire à devenir un grand acteur, convaincu qu’il est de posséder le talent nécessaire pour réussir. Quand une équipe de tournage débarque dans son village, il s’invite sur le plateau dans l’espoir de se faire remarquer. Les techniciens lui offrent alors un faux contrat d’acteur qui lui fait prendre le chemin de la grande ville, la tête remplie d’illusion.  

«Il y a un côté bien touchant à ce récit. Surtout dans la relation entre Théo et son oncle, qui voudrait que son neveu embarque dans le commerce, mais qui voit bien qu’il veut faire autre chose, qu’il ne se contentera pas de travailler dans un magasin. Dans l’oeuvre de Pagnol, on aborde beaucoup la difficulté de communication entre les pères et les fils. Il y a aussi ça dans Le Schpountz entre l’oncle et le neveu.»  

«Ça ressemble beaucoup au film Le dîner de cons, poursuit le comédien. C’est un gars qui se fait niaiser sans s’en rendre compte. Mais c’est un naïf qui veut tellement... Sa volonté est à ce point immense et admirable qu’on se dit : si j’avais cette volonté, je pourrais défoncer bien des portes.»

Facile pour Rémi-Pierre Paquin d’entrer dans la peau de Théo, dit le Schpountz? «Ç’a bien été. Ce qui était plus difficile, c’est qu’il fallait que le public s’attache à Théo, même si au début de la pièce, il est tellement obnubilé par sa quête qu’il en est arrogant. Il faut jouer l’arrogance, mais il faut aussi qu’il soit fragile. La ligne est parfois un peu mince.»

Belle adaptation 

Bien loin de sa France d’origine des années 1930, Le Schpountz a connu une nouvelle vie sous l’adaptation québécoise d’Emmanuel Reichenbach. «Il a fait du beau travail, en l’adaptant avec des références d’ici et d’aujourd’hui. Plein de choses résonnent encore de nos jours, comme la quête de célébrité. Le matériau de base était là.»

Depuis les premières représentations, la pièce a pourtant un peu évolué. «On a ajouté des petites choses. On dirait qu’en prenant une pause de trois mois cet été, ça a permis d’être plus déposé, de trouver des nouvelles affaires.»

Et pour Rémi-Pierre Paquin, qui a joué fin seul dans la pièce Antarctique Solo durant presque deux ans, le côté grégaire du Schpountz était plus que bienvenu. «C’est plate être tout seul! Le défi est agréable, mais je préfère avoir des camarades avec moi sur scène... et après dans la loge!»