«Je m'inspire de plein de choses... Les légendes, les mythes, la mythologie et les religions... Bref tout ce qui est du domaine de l'imaginaire», dit Marie-Noël Bouillé, qui présente son exposition Les Chimérides au Centre d'art Dunham à compter de samedi.

À la frontière du réel et de l'imaginaire

L'univers de Marie-Noël Bouillé est coloré, flyé, mystique. Il a un petit quelque chose de surréaliste, il flirte à la frontière du réel et de l'imaginaire. Il est si unique que l'artiste elle-même peine à le décrire en mots. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est original. Et c'est, peut-être même là, un euphémisme.
« Je m'inspire de plein de choses... Les légendes, les mythes, la mythologie et les religions... Bref, tout ce qui est du domaine de l'imaginaire », dit d'entrée de jeu celle qui présente son exposition Les Chimérides au Centre d'art Dunham à compter de samedi.
« Chimérides », c'est la contraction de deux mots : « chimères » et « éphémérides », explique-t-elle. « Chimères », d'abord en référence à LA Chimère, ce monstre fabuleux de la mythologie grecque, à tête et poitrail de lion, à ventre de chèvre et à queue de dragon, puis par extension, à toutes les bêtes imaginaires nées de fusions entre différents animaux voire aussi des êtres humains - il y en a plusieurs dans les tableaux de l'artiste de Saint-Jean-sur-Richelieu.
« Chimères » ensuite pour son sens figuré qui fait allusion à tout ce qui est du domaine de la fantaisie, de la légende, de l'imaginaire. Puis « éphémérides » pour son caractère éphémère, qui survient et qui passe. « Comme un rêve », glisse-t-elle.
Déclinaisons infinies
Toute l'oeuvre de Marie-Noël Bouillé se décline autour de cette thématique infinie. Tantôt ses tableaux se veulent davantage figuratifs, enfantins ; tantôt on peut y percevoir une inspiration onirique à la Salvador Dali ou encore un soupçon du Cycle d'or de Gustav Klimt - des feuilles d'or, de cuivre et d'argent sont fréquemment incrustées dans ses oeuvres. Tantôt encore, c'est davantage l'iconographie religieuse qui en ressort.
Sur la question des religions, justement, la peintre de 41 ans admet que son côté féministe ressurgit dans sa manière de les traiter. « Dans les religions païennes et polythéistes, les femmes sont beaucoup plus représentées et ont de meilleurs rôles, souligne-t-elle. Avec Vénus et Aphrodite, par exemple, la féminité était célébrée plutôt que rabaissée, comme c'est le cas dans les diverses religions plus "récentes". »
Au sens plus élargi, Marie-Noël Bouillé s'intéresse à « toute la question spirituelle : est-ce qu'on est seul dans l'univers ? Est-ce qu'il y a une vie après la mort ? Où l'enfant en nous se situe une fois adulte ? Etc. » ainsi qu'à « l'histoire et à l'anthropologie, ainsi qu'aux traditions et aux valeurs qui définissent nos identités culturelles ».
Autodidacte, elle a créé sa propre technique au fil des ans. Ses oeuvres sont peintes à l'huile sur des tableaux de bois. Outre les feuilles métalliques, des éléments textiles sont fréquemment collés sur ses toiles. « Ils viennent donner une texture abstraite à ce que je fais », mentionne-t-elle.
L'exposition Les Chimérides se déroule au Centre d'art Dunham du 18 février au 16 mars. Le vernissage a lieu samedi dès 14 h.