2019 en arts: du Loufoque à Adelard en passant par l'Orchestre Métropolitain

L’année qui s’achève a été, une fois de plus, riche en rebondissements et en événements. Du point de vue culturel, les artistes de la région se sont surpassés avec leurs créations.

De nouveaux joueurs sur la scène

2019 a vu naître plusieurs événements dans la région. La Voix de l’Est rapportait en janvier l’ouverture prochaine d’Adélard, un repaire d’artistes en résidence visant à rendre l’art plus accessible à la population, mais également à maximiser les retombées économiques pour le village de Frelighsburg et ses alentours.

Fruit de l’imagination collective du vice-président communications du Groupe CGI, du journaliste économique Gérald Fillion et du spécialiste de la question de l’art dans l’espace public Laurent Vernet, Adélard occupe la vieille grange rouge adjacente au bureau-boutique de produits naturels Oneka, au centre du village, et qui accueillait jusqu’à la fin de 2018 un antiquaire. Son nom est un clin d’œil à Adélard Godbout, cet ancien premier ministre du Québec qui a habité la région. Trois artistes résidents ont été sélectionnés par un jury à l’occasion de la toute première saison d’Adélard, qui s’est étirée de la mi-mai à la fin septembre.

Après nous avoir fait découvrir son côté ludique, la Ville de Granby a dévoilé sa facette un peu plus fofolle dans le cadre d’un tout nouveau festival, le Loufoque de Granby, venu remplacer Granby en fête et le #Partydu. Tenu à la fin août, l’événement qui a marié musique, humour, magie, cirque, burlesque et drag queens, entre autres, a tenu ses promesses.

Les amateurs de country de la région n’ont pas été en reste, puisque c’est cette année qu’on a donné le coup d’envoi au tout nouveau festival New Country Brome, qui s’est déroulé le temps d’un week-end à la fin juillet. Des milliers de cowboys ont convergé vers l’Expo Brome pour voir une pléthore d’artistes interpréter classiques et nouveautés, mais aussi pour profiter des installations du site où on retrouvait notamment un saloon, des camions de cuisine de rue, des kiosques alimentaires et des bars.

Cowansville a pour sa part renoué avec un événement musical d'envergure puisque le festival Soif de Musique a attiré 17 000 personnes en 3 soirs avec les Cowboys Fringants et Loud. La deuxième édition aura lieu du 9 au 11 juillet 2020.

La fin de chapitres

Le monde de la chanson était en deuil à Granby comme partout ailleurs. Mario Chenart, qui s’est impliqué autant au Festival de la chanson qu’à l’École nationale de la chanson de Granby (ÉNC), est décédé à la mi-février des suites d’un cancer à l’âge de 57 ans. Celui qui a longtemps été directeur artistique du Gala de la chanson de Caraquet s’était aussi beaucoup impliqué pour les droits d’auteurs, entre autres à la Société professionnelle des auteurs et compositeurs du Québec, dont il a été le président de 2007 à 2012.

En décembre, la chanteuse et comédienne québécoise Monique Leyrac est décédée à l’hôpital de Cowansville, à l’âge de 91 ans. Elle fera l’objet d’une exposition posthume au Musée des communications et d’histoire de Sutton, où elle a demeuré de nombreuses années à sa retraite. Le président du musée, Richard Leclerc, a par ailleurs milité afin d’offrir des funérailles nationales à la défunte artiste.

Après avoir annulé l’événement en 2018, les organisateurs du festival La Grosse lanterne ont annoncé, en avril, que celui-ci ne reviendrait pas non plus cette année. Mathieu Pontbriand avait mis sur pied le festival en 2014 sur un immense terrain boisé à Béthanie. L’événement, qui avait des airs de colonie de vacances, mariait musique, plein air et bonne bouffe. L’organisateur ne ferme toutefois pas la porte à ramener le festival un jour.

Au printemps, l’organisation de Juste pour rire a annoncé son intention de se délester de son théâtre de Bromont, fort fréquenté pour son théâtre d’été. L’organisation explique sa décision par son désir de se concentrer sur le développement de son festival. Une inscription figurant au Registre foncier du Québec indique que Juste pour rire a résilié son bail emphytéotique le 21 mars dernier. Il gérait le Théâtre Juste pour rire Bromont depuis 10 ans et y offrait une programmation estivale variée composée de théâtre, de musique et d’humour.

30 ans pour la MCW

La Maison de la culture de Waterloo a célébré cet automne ses 30 ans d’existence, au terme d’une saison à la programmation riche, notamment avec un spectacle de Vincent Vallières. Pour marquer le coup, le directeur général de l’établissement, Frédéric Messier, a réalisé son rêve « de sortir la Maison de la culture de ses murs » par l’organisation, chaque semaine, des Mercredis shows, qui se tenaient gratuitement chaque semaine au centre-ville de Waterloo grâce à une subvention de la Ville. Des fissures sur les murs intérieurs et extérieurs de l’ancienne église ont aussi fait en sorte qu’en début d’année, l’édifice de la rue de la Cour a subi une petite cure de jeunesse, qui lui a fait perdre son clocher. On a profité des travaux pour réaménager la mezzanine surplombant l’arrière de la salle, reculer la régie et refaire la balustrade, en plus d’augmenter le nombre de places assises de la mezzanine, d’une dizaine à une trentaine.

FICG : une 51e édition réussie

Le moins qu’on puisse dire, c’est que 2019 a été une année fort mouvementée au Festival international de la chanson de Granby. À l’hiver, Jean François Lippé et André Papanicolaou se sont joints à l’équipe à titre de directeur général et de directeur musical de l’événement. Le concours annuel du FICG a couronné Le.Panda grand vainqueur, cette année. Qui plus est, la pérennité du festival se poursuit, alors que la Ville de Granby a accepté de renouveler le protocole d’entente qui le lie au Festival pour les années 2020 à 2023, avec l’aide financière subséquente.

Et puis, c’est devenu une habitude, les spectacles en plein air du Festival international de la chanson de Granby sont fort courus. Une fois de plus, les Granbyens et autres visiteurs ont pu célébrer la chanson avec un grand C, avec les spectacles extérieurs de Patrice Michaud et French-moi, qui proposait des traductions libres de grands succès anglophones interprétés par des artistes québécois. Néanmoins, c’est le spectacle de l’Orchestre Métropolitain, flanqué du maestro Yannick Nézet-Séguin, qui a laissé sa marque, alors que plus de 8000 spectateurs ont apprécié sa prestation réglée au quart de tour, présentée sur le site du parc Daniel-Johnson à la mi-août.