Le conservateur du musée, Jeremy Reeves, parmi quelques pièces de la collection.

100 ans de vêtements féminins au Musée de la société historique du comté de Brome

Des robes de mariée, des robes de soirée, des robes de sport, des jupes-tailleurs... Le vêtement féminin est au cœur de la nouvelle exposition du Musée de la société historique du comté de Brome, intitulée La femme façonnée.

« Le titre vient de l’idée que les vêtements et la mode façonnent l’idéal féminin, c’est-à-dire les concessions sociales de ce qu’est la femme idéale. Ce qu’on voulait mettre de l’avant à travers cette exposition, c’est que, certes, les robes sont de très beaux objets, mais elles ont aussi un potentiel historique très important. On souhaitait connecter l’évolution de la mode à l’évolution de l’idéal féminin », explique le conservateur du Musée, Jeremy Reeves, qui est aussi le commissaire de cette exposition.

Ici, on ne vise ni à dénoncer, ni à valoriser cette notion d’idéal féminin, précise M. Reeves. « L’exposition explore plutôt les diverses façons avec lesquelles les femmes ont accepté, modifié ou carrément défié cet idéal. »

En déambulant dans l’édifice centenaire du complexe muséal de Lac-Brome, les visiteurs pourront admirer une vingtaine de robes datant de 1860 à 1960. Et y voir là autant de moments marquants de l’histoire du vêtement féminin, de l’étouffant corset à la robe garçonne des années folles.

« On débute à l’époque victorienne, où les femmes étaient soumises à plusieurs pressions religieuses et sociales qui les obligeaient à se comporter d’une certaine façon, puis on passe aux années 1920, là où les femmes commençaient à se libérer, à intégrer le marché du travail, à pratiquer des sports, à fumer, à danser. Nous explorons ce moment où elles ont défié la conception passée de l’idéal féminin pour en créer un nouveau pour elles-mêmes, raconte M. Reeves. Et évidemment, la mode a suivi. »

Infime partie de la collection

Pour ce périple vestimentaire de 100 ans, M. Reeves et ses deux assistants ont pigé dans l’immense et riche collection du Musée, qui compte d’innombrables pièces de vêtements offertes par des familles locales depuis son ouverture en 1903.

« Ce qui est exposé, c’est environ 5 % de notre collection. Il a fallu faire des choix déchirants, notamment pour des raisons d’espace. »

L’équipe a donc privilégié les belles pièces, bien sûr, mais surtout celles qui définissaient un moment particulier de l’histoire de la mode féminine.

On passe de l’étouffant corset à la robe garçonne des années folles

Des exemples ? Les épaules larges, la taille fine et les hanches accentuées des robes de 1880 VS les « tournures » démesurées (ou faux-culs) de 1887, mettant le postérieur des femmes bien en évidence !

Il a fallu six semaines intensives pour mettre sur pied La femme façonnée. « Il s’agit de notre exposition la plus ambitieuse à ce jour », laisse entendre Jeremy Reeves, en mentionnant notamment l’importance de l’éclairage et du support pour mettre chaque pièce en valeur.

La première moitié de l’exposition est d’ordre chronologique, tandis que l’autre est plus thématique, d’où la présence de quelques robes de mariée, invariablement blanches et ultra féminines, et ce, peu importe les époques, relève le conservateur, en qualifiant la préparation de cette rétrospective de « plaisir absolu ».

La femme façonnée est présentée tous les jours jusqu’au 29 septembre au 130, rue Lakeside à Lac-Brome. Le droit d’entrée donne accès à l’ensemble des installations du Musée.