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Cinéma

Le film de la semaine: Ford contre Ferrari ***

CRITIQUE / La rivalité de Ford et de Ferrari durant les 24 heures du Mans, dans les années 60, est emblématique d’une époque où les pilotes exceptionnels prédominaient dans la victoire. Ce qu’illustre avec un certain panache le drame biographique de James Mangold, trop conventionnel, toutefois, pour rivaliser avec sa réalité historique.

En 1959, Carroll Shelby devient le premier conducteur américain à triompher aux 24 heures du Mans (au volant d’une écurie britannique). Ce sera la seule victoire étrangère durant l’hégémonie de Ferrari, de 1958 à 1964.

Cinéma

Charlie et ses drôles de dames: voler de ses propres ailes ** 1/2

CRITIQUE / Personne ne rêvait d’un redémarrage de Charlie et ses drôles de dames (Charlie’s Angels), surtout après les deux adaptations quelconques de la série télé au début des années 2000. Elizabeth Banks propose tout de même un film d’action standard avec un point de vue féministe. Fort bien. Malheureusement, il tombe dans les travers habituels de ce genre de produit : un scénario incohérent et des scènes d’affrontement décousues.

Contrairement à l’émission originale, la nouvelle génération d’anges n’est pas un trio, mais un duo de choc aux antipodes. Autant Sabina Wilson (Kristen Stewart) se veut une rebelle extravertie qui aime botter des culs autant Jane Kano (Ella Balinska) incarne l’archétype de la professionnelle disciplinée (une ancienne du MI-6). 

Les deux femmes — indépendantes, intelligentes et athlétiques — vont néanmoins unir leurs forces, malgré leurs différends, pour protéger Elena Houghlin (Naomi Scott). La scientifique tente de dénoncer son patron qui veut commercialiser une source d’énergie durable capable d’être transformée en arme létale. Une invention qui suscite bien des convoitises et met, évidemment, sa vie en danger…

Tout en assurant sa sécurité, les deux anges vont aussi apprendre à la jeune ingénue à sortir de sa coquille et à voler de ses propres ailes !

On vous laisse imaginer le reste sur un canevas à la James Bond avec moult batailles et poursuites, et les rebondissements de circonstance. Dans le genre, Elizabeth Banks assure, même si on peut lui reprocher sa volonté de filmer pratiquement toujours en plans très rapprochés (on étouffe).

Rien de franchement original, surtout que le long métrage compte son lot des dialogues insipides et manque de rythme au début. Malgré quelques bons moments, l’humour s’avère inégal.

Le trio d’anges et leur mentor (jouée par Banks) se révèlent tout à fait à l’aise dans leurs rôles respectifs. Kristen Stewart, aussi sexy que volontaire, affiche son assurance et son charisme habituels.

L’idée de redonner vie à la franchise d’un point de vue d’émancipation féminine est parfaitement louable. Le seul problème, c’est qu’Elizabeth Banks tombe dans les travers inverses : tous les personnages masculins sont stéréotypés. Soit ce sont des brutes épaisses qui ne disent mot (comme l’énigmatique personnage de l’assassin), soit des sans-cœur cupides assoiffés de pouvoir. Il y en a beaucoup comme ça dans la vraie vie, mais il ne faut pas généraliser pour autant…

Autre source d’agacement : le long métrage est utilisé beaucoup trop souvent comme véhicule de placement pour des marques de luxe. 

Par contre, côté tournée des grands-ducs, le spectateur sera servi : au moins une demi-douzaine de grandes villes jouent le rôle de toile de fond à l’action.

Charlie… est plein de bonnes intentions, mais il ne réussit pas à les concrétiser de façon pertinente et originale.

Aussitôt vu, aussitôt oublié.

Cinéma

Les Barbares de La Malbaie: au hockey comme dans la vie [VIDÉO]

Le réalisateur Vincent Biron n’a jamais été un amateur de hockey. Avant le début du tournage, à peine savait-il combien de joueurs comptent une équipe, c’est dire comment il partait de loin. Sa méconnaissance de notre sport national ne l’a toutefois pas empêché de sauter à pieds joints dans l’aventure des Barbares de La Malbaie, passionné par un scénario où la «game» n’est finalement qu’un prétexte pour explorer la face cachée de la condition masculine.

Appelé à prendre la relève d’un collègue parti travailler sur un autre projet, l’auteur de Prank (2016) est littéralement «tombé en amour» avec le scénario d’Éric K. Boulianne, Marc-Antoine Rioux et Alexandre Auger, beaucoup plus mordus de hockey que lui. «C’est une histoire qui dépasse le cadre du sport, qui s’intéresse à la mythologie du hockey. Autant le vrai fan que celui qui n’y connaît rien peuvent y trouver leur compte. Je suis content de pouvoir rejoindre les deux camps.»

Cinéma

Larrue-St-Jacques: faire le poids

Pour son premier rôle au grand écran, Philippe-Audrey-Larrue-St-Jacques (appelons-le PALS pour faire moins compliqué) n’a pas hésité à prendre du poids pour incarner un hockeyeur «sur une dérape». Une vingtaine de kilos au total. Il s’est en plus laisser pousser la barbe et la crinière. Une transformation physique qui l’a aidé à s’approcher au plus près de l’état d’esprit de son personnage.

Contrairement à ce qu’on peut croire, l’humoriste de l’émission Like-moi n’a pas trouvé facile de faire grimper la balance jusqu’à 240 livres. «À ma grande surprise, engraisser n’a pas été une partie de plaisir. Je pensais que j’allais me camper devant Netflix et manger des Doritos. Mais vu que j’incarne un joueur de hockey qui a été très sportif, je voulais prendre du coffre et de la masse, alors ç’a été un gros travail de gym.»

Cinéma

Décès du producteur de la Liste de Schindler

ZAGREB — Le producteur de cinéma croate Branko Lustig, un survivant de l’Holocauste, qui a reçu des Oscars pour «La liste de Schindler» et Gladiateur, est décédé jeudi à Zagreb à l’âge de 87 ans, a rapporté l’agence officielle Hina.

Né à Osijek en Croatie en juin 1932 de parents juifs croates, il a été déporté enfant dans les camps de concentration nazis d’Auschwitz et de Bergen-Belsen durant la Seconde Guerre mondiale. La plupart des membres de sa famille ont trouvé la mort dans des camps à travers l’Europe.

«Mon matricule est A3317. Entre Auschwitz et ici, le chemin a été long», a-t-il déclaré, selon la presse croate, lorsqu’il a reçu en 1993 un Oscar pour la production de la Liste de Schindler de Steven Spielberg. «Ceux qui étaient en train de mourir m’ont laissé un héritage, raconter, si je survivais, ce qu’il s’était passé.»

Branko Lustig a fait ses études d’acteur à Zagreb dans les années 1950 avant de commencer à travailler dans le cinéma, au bas de l’échelle.

Il a réalisé et produit plus d’une centaine de films croates et étrangers, dont des coproductions comme Le Tambour en 1979 et Le Choix de Sophie en 1982, deux films également oscarisés.

Il s’est installé aux États-Unis dans les années 1980. En 2000, il reçoit un Oscar, aux côtés des producteurs David Franzoni et Douglas Wick, pour Gladiateur de Ridley Scott. Il était revenu en Croatie il y a une dizaine d’années où il présidait le Festival annuel du film juif de Zagreb.

Cinéma

La reine des neiges 2 répondra aux interrogations des fans

LOS ANGELES — «La reine des neiges» avait fait voler en éclats les records du box-office et fondre le cœur des plus jeunes, marquant à jamais plusieurs générations avec la chanson Libérée, délivrée. Après six ans d’attente, Disney va enfin présenter la suite d’un de ses plus grands succès d’animation.

La reine Elsa, la princesse Anna et le bonhomme de neige Olaf reviennent pour ce film sobrement intitulé La reine des neiges 2.

Inspiré par un conte de Hans Christian Andersen, le premier épisode suivait le parcours d’Anna pour retrouver sa sœur Elsa, aux prises avec des pouvoirs glaciaires incontrôlés.

La suite (en salle le 22 novembre) s’attache à l’histoire de la famille royale d’Arendelle et promet de répondre aux interrogations des fans, notamment sur l’origine des étonnants pouvoirs d’Elsa.

«Mais ce n’est qu’une question parmi bien d’autres», a insisté la réalisatrice Jennifer Lee, encore aux commandes pour l’épisode 2, lors du rassemblement organisé par Disney pour ses admirateurs en Californie. «Pourquoi Anna est née ainsi? Où se rendaient vraiment les parents des deux sœurs lorsque le bateau a coulé? Y a-t-il réellement une fin heureuse?»

Dans La reine des neiges 2, une mystérieuse voix revient hanter une Elsa devenue adulte. Elle l’exhorte à quitter le château où elle coule des jours heureux pour se lancer dans une nouvelle quête qui l’emmènera jusqu’à une lointaine forêt enchantée.

Un écho mondial

En 2013, La Reine des Neiges avait créé la surprise en devenant le film d’animation le plus lucratif de l’histoire, récoltant près de 1,3 milliard de dollars dans le monde. Son record a tenu six ans, jusqu’à ce que le remake du Roi Lion ne vienne lui ravir la couronne.

«C’était devenu un véritable phénomène, la musique, les personnages, l’histoire avait vraiment trouvé un écho», se souvient Paul Dergarabedian, spécialiste de l’analyse des médias.

Le succès est d’autant plus remarquable que La reine des neiges est une création, contrairement à de nombreuses productions de Disney qui se sont contentées de prolonger ou revisiter des classiques éprouvés, comme Le Roi Lion ou Aladdin récemment.

«C’est super d’avoir vos archives, de relancer les histoires favorites de Disney [...] Mais c’est une autre paire de manches que de créer quelque chose à partir de rien et d’obtenir un film qui est devenu l’une des plus grandes franchises de Disney», poursuit Paul Dergarabedian.

Le succès fut tel que Jennifer Lee a été nommée directrice artistique des studios d’animation Disney après le départ en 2018 de John Lasseter, sur fond d’accusations de harcèlement sexuel.

Que les parents se préparent: La reine des neiges 2 nous promet aussi de nouveaux succès de l’acabit de Libérée, délivrée, comme Dans un autre monde (Into the Unknown en VO) dont un extrait a déjà été dévoilé.

Cinéma

Netflix annonce un nouveau «Flic de Beverly Hills»

NEW YORK — Netflix va produire un quatrième volet du «Flic de Beverly Hills», le premier depuis 25 ans, avec le comédien américain Eddie Murphy de retour dans le rôle-titre.

Un porte-parole de Paramount a indiqué à l’AFP que le studio avait bien cédé les droits de production à la plateforme de vidéo en ligne, confirmant une information du site spécialisé The Hollywood Reporter

Selon le site, c’est bien Eddie Murphy, déjà à l’affiche des trois premiers volets, qui reprendra le rôle du facétieux détective Axel Foley. Paramount avait un temps projeté de produire lui-même Beverly Hills Cop 4, avant de renoncer, en 2016. 

Les trois premiers épisodes du Flic de Beverly Hills, sortis en 1984, 1987 et 1994, ont rapporté 735 millions de dollars au box-office mondial et propulsé Eddie Murphy, déjà connu pour ses rôles dans Un Fauteuil pour deux et 48 Heures, au rang de superstar. 

Selon The Hollywood Reporter, Jerry Bruckheimer, qui avait piloté les deux premiers films de la série, sera associé à la production du film. 

Netflix maintient ainsi des voies d’accès aux studios hollywoodiens alors que Disney, qui vient de lancer sa propre plateforme de films en ligne, joue l’exclusivité des productions de son studio et de la Fox, qu’il contrôle également.

Cinéma

Polanski accusé de viol: sortie mouvementée pour «J’accuse»

PARIS — «J’accuse», la reconstitution de l’affaire Dreyfus par Roman Polanski, est sorti mercredi dans 520 salles en France sur fond de polémique, le réalisateur étant visé par une nouvelle accusation de viol qui embarrasse le cinéma français.

Après l’annulation d’une avant-première à Paris mardi en raison d’un blocage de dizaines de féministes, le mot-clic #BoycottPolanski est apparu sur les réseaux sociaux, tandis que certains y détournaient les affiches du film, transformant le «J’accuse» en «J’abuse» ou «J’acquitte».

«Je n’irai pas voir le film de Polanski, je ne veux pas faire la démarche d’aller acheter une place de cinéma dans le contexte qu’on connaît», a affirmé mercredi la secrétaire d’État chargée de l’Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa sur la radio RTL, refusant pour autant d’être «dans l’appel au boycottage».

Ce long-métrage a connu un bon démarrage dans la capitale, selon les chiffres du Film français, en dépit de la promotion perturbée ces derniers jours, avec par exemple l’annulation d’entrevues par les acteurs Jean Dujardin et Emmanuelle Seigner, la femme de Roman Polanski.

La presse s’interrogeait mercredi sur la façon de parler du film, quelques jours après les accusations de la photographe Valentine Monnier, qui dit avoir été «rouée de coups» et violée par le réalisateur franco-polonais en 1975 à l’âge de 18 ans, en Suisse. Une accusation rejetée «avec la plus grande fermeté» par l’avocat du cinéaste.

Critique embarrassée

«À la lumière de cette actualité, comment évoquer J’accuse d’un seul point de vue esthétique?» écrit ainsi Télérama, pour qui le film se nimbe d’«une lumière différente». Le journal satirique Charlie Hebdo a fait sa couverture sur la polémique, semblant défendre Polanski, particulièrement ciblé sur la toile.

«Les cinémas ont le droit de projeter ce film et les gens ont le droit fondamental d’aller le voir. Mais on ne peut pas faire comme si valoriser le film ne participait pas au verrouillage du secret», a déclaré à l’AFP la féministe Caroline De Haas, du collectif #NousToutes.

À l’inverse, la réalisatrice Nadine Trintignant a pris la défense de Roman Polanski : «Je trouve très grave de l’embêter en ce moment, où il y a une remontée de l’antisémitisme en Europe», a-t-elle dit sur la chaîne de télévision BFMTV, affirmant qu’elle «aurait plutôt tendance à le croire lui qu’une femme qui a mis 44 ans à réfléchir pour le dénoncer».

Ces déclarations ont indigné de nombreux internautes, y voyant une défense à géométrie variable, Nadine Trintignant s’étant prononcée pour l’arrêt des activités artistiques du chanteur Bertrand Cantat, condamné pour la mort en 2003 de sa compagne, l’actrice Marie Trintignant.

À l’avant-première de J’accuse mardi aux Champs-Élysées, à Paris, en présence de l’équipe du film dont Roman Polanski, beaucoup d’invités ont dit «dissocier l’homme du réalisateur».

L’homme et l’œuvre, le débat

La nouvelle affaire Polanski, sous le coup de poursuites de la justice américaine depuis 1977 pour relations sexuelles illégales avec une mineure, arrive à un moment où le mouvement #MoiAussi prend de la vigueur en France après les déclarations d’Adèle Haenel qui a accusé le réalisateur Christophe Ruggia d’«attouchements» et de «harcèlement» quand elle était adolescente.

Thriller sur fond d’espionnage, J’accuse, raconte l’Affaire Dreyfus, un scandale majeur de la IIIe République qui a duré douze ans (1894-1906), du point de vue du lieutenant-colonel Georges Picquart, le chef des services de renseignement.

Jean Dujardin y campe le rôle du lieutenant-colonel, Emmanuelle Seigner sa maîtresse et Louis Garrel le capitaine Dreyfus.

La polémique avait rattrapé Roman Polanski à Venise quand des féministes avaient regretté la sélection en compétition à la Mostra du réalisateur multirécompensé, qui a déjà été visé ces dernières années par trois autres accusations de viols, qu’il a réfutées.

J’accuse a été récompensé du Grand Prix du jury à la Mostra, mais il a aussi suscité des réserves, notamment parce que Roman Polanski avait dit à plusieurs reprises qu’il voyait dans cette affaire un écho à sa propre histoire, s’estimant «persécuté».

Cinéma

James Dean ressuscité pour un nouveau film

NEW YORK — Plus de 60 ans après sa mort, James Dean va réapparaître dans un film grâce à des effets spéciaux qui recréeront l’image du comédien américain, a confirmé mercredi la société de production Magic City Films.

Dans ce long métrage bientôt en tournage intitulé Finding Jack (Trouver Jack), la version recréée de James Dean, mort en 1955, jouera le personnage de Rogan, un second rôle, a précisé le site The Hollywood Reporter, à l’origine de l’information.

Magic City Films collabore pour ce projet avec deux sociétés spécialisées dans les effets spéciaux, la canadienne Imagine Engine et la sud-africaine MOI Worldwide.

Selon le Hollywood Reporter, le film va utiliser la technologie dite full body, qui permet de recréer entièrement l’image d’une personne sur la base de photos et vidéos d’archives, sans la superposer à celle d’un autre individu.

Outre l’aspect technologique, Magic City Films a pu lancer le projet car elle contrôle les droits d’utilisation de l’image de James Dean, acquis auprès de la famille de l’acteur.

«Comme son quatrième film»

«La famille voit cela comme son quatrième film, celui qu’il n’a jamais pu faire», a déclaré à l’AFP Anton Ernst, cofondateur de Magic City Films et co-réalisateur du film avec Tati Golykh. «Nous n’avons pas l’intention de décevoir ses fans.»

James Dean est décédé le 30 septembre 1955 dans un accident de la route, à 24 ans. La Porsche qu’il conduisait a heurté un véhicule sur une route de Californie, près de Cholame.

Pendant sa brève carrière d’acteur, il a tourné dans plusieurs programmes télévisés, mais seulement dans trois films, À l’est d’Eden (1955), La fureur de vivre (1955) et Géant (sorti en 1956).

À l’est d’Eden et Géant lui ont valu une nomination aux Oscars. Il est souvent considéré comme l’un des acteurs les plus doués de sa génération.

L’inclusion d’un acteur décédé de longue date dans une nouvelle production marque une nouvelle étape de l’utilisation de la technologie au cinéma.

Cinéma

Ford contre Ferrari: comme à l'ancienne

TORONTO — Avec Ford contre Ferrari, film d’action à gros budget sur la mythique course d’endurance automobile française, le réalisateur américain James Mangold est fier d’avoir fait une superproduction «à l’ancienne», sans super-héros ni profusion d’effets spéciaux.

Avengers : phase finale, Le Roi Lion, Histoire de jouets 4, Capitaine Marvel... La liste des plus gros succès commerciaux de l’année 2019 regorge jusqu’ici de dessins animés, d’adaptations, de suites et de héros en costumes moulants.

De quoi faire regretter à James Mangold le bon vieux des temps des superproductions hollywoodiennes «qui n’étaient pas entièrement tournées dans des studios, devant des fonds verts».

«Quand Hollywood faisait de gros films, mais pas forcément pour des enfants de 12 ans», a insisté le réalisateur américain lors du Festival du film de Toronto.

Son Ford contre Ferrari, dont le budget avoisine les 100 M$ américains, raconte comment Henry Ford II a tenté de redorer le blason du constructeur américain en s’attaquant au mythe Ferrari lors de l’édition 1966 de la célèbre course automobile des 24 Heures du Mans.

James Mangold a voulu éviter les effets spéciaux pour les principales scènes de course afin de ne pas donner l’impression à ses acteurs de «jouer dans un caisson».

«Vous pouvez dire que c’est passé de mode ou un retour en arrière, ça me va», a-t-il assumé.

Ses deux interprètes principaux, Christian Bale et Matt Damon, ont tout de même été secondés par des pilotes professionnels au volant des bolides d’époque construits pour l’occasion.

Après avoir pris une vingtaine de kilos pour camper le rôle de l’ancien vice-président américain Dick Cheney dans Vice, Christian Bale a été mis au régime sec pour pouvoir rentrer dans le baquet de sa Ford, un de ses spectaculaires changements de poids dont il a le secret.

«Ces voitures ne sont pas du tout faites pour des hommes corpulents», a plaisanté l’acteur gallois, qui interprète Ken Miles, un pilote à la fois «excentrique, passionné et un peu fou» face à un «danger omniprésent».

«Je vous garantis qu’aucun de ces hommes n’aurait pris le départ de ces courses sans cette part de danger», a-t-il avancé.

Ford contre Ferrari prend l’affiche le 15 novembre.

Cinéma

Offensive réussie pour «Midway» au box-office nord-américain

LOS ANGELES — Le film de guerre «Midway» a réussi son offensive sur box-office nord-américain, devançant trois autres nouveautés, selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Dix-huit ans après Pearl Harbor (2001), Midway revient, à coups de spectaculaires scènes de combats aériens, sur un autre épisode marquant de la Seconde Guerre mondiale et de la campagne du Pacifique.

Réalisé par l’Allemand Roland Emmerich, habitué des superproductions (Jour d'indépendance, Godzilla, Le Patriote), le film a engrangé 17,5 millions de dollars de recettes de vendredi à dimanche aux États-Unis et au Canada.

Trente-neuf ans après le mythique Shining (1980) de Stanley Kubrick, sa suite, Docteur Sleep, elle aussi inspirée d’un roman de Stephen King, s’est hissée à la deuxième place avec 14,1 millions de dollars sur la même période.

Pas de Jack Nicholson cette fois dans ce nouveau concentré d’horreur et de suspense, mais Ewan McGregor dans le rôle du fils encore hanté par la folie meurtrière de son père à l’Overlook Hotel.

La comédie familiale Jouer avec le feu, dans laquelle des pompiers sont contraints de jouer les baby-sitters, complète le podium avec 12,8 millions de dollars.

Elle devance une autre comédie, plus romantique, Noël dernier, qui a amassé pour sa sortie, à l’approche des fêtes de fin d’année, 11,6 millions de dollars en trois jours.

Ces quatre nouveautés font directement chuter Terminator: sombre destin de la première à la cinquième place du box-office. Le troisième opus de la saga, toujours avec Arnold Schwarzenegger en assassin cybernétique, s’est contenté de 10,8 millions de dollars de recettes.

Voici le reste du Top 10:

6- Joker: 9,2 millions de dollars ce weekend (313,5 millions au total en six semaines);

7- Maléfique: maîtresse du mal: 8 millions (97,3 millions en quatre semaines);

8- Harriet: 7,2 millions (23,5 millions en 2 semaines);

9- Zombieland — le doublé: 4,3 millions (66,7 millions en quatre semaines);

10- La Famille Addams: 4 millions (91,3 millions en cinq semaines).

Cinéma

La carrière «audacieuse» de Charlize Theron honorée par Hollywood

LOS ANGELES — L’actrice sud-africaine Charlize Theron a reçu vendredi en Californie le prix de la Cinémathèque américaine, l’une des plus prestigieuses récompenses hollywoodiennes.

Cette distinction vient couronner une carrière « audacieuse » au cours de laquelle elle n’a pas hésité à prendre le contrepied de son physique avantageux pour jouer des rôles complexes et sombres.

Ce fut notamment le cas pour son interprétation, dans Monster, d’une prostituée tueuse en série, qui lui a valu de décrocher en 2004 l’Oscar de la meilleure actrice.  

«C’est l’actrice la plus audacieuse avec laquelle j’ai jamais travaillé, et probablement la personne la plus audacieuse que j’ai jamais rencontrée », a déclaré vendredi soir, lors de la cérémonie à Beverly Hills, le réalisateur Jason Reitman, qui a eu la Sud-Africaine sous ses ordres sur les tournages de Young Adult et Tully.   

«Je suis bouleversée, j’ai besoin d’un cocktail !», a commenté à l’AFP Charlize Theron au milieu d’un parterre de stars, parmi lesquelles Kristen Stewart, Seth Rogen et David Oyelowo.

«J’ai partagé beaucoup de choses avec ces gens qui sont là ce soir », a-t-elle ajouté.  

L’actrice de 44 ans sera prochainement, aux côtés de Nicole Kidman et Margot Robbie, à l’affiche de Bombshell, film retraçant la chute du cofondateur de la chaîne Fox News Roger Ailes, accusé de harcèlement sexuel.      

«Le script, lorsque je l’ai lu, m’a semblé ancré dans l’actualité », a-t-elle confié alors que le mouvement #metoo né des accusations à l’encontre du producteur tout-puissant Harvey Weinstein a chamboulé l’industrie du cinéma.  

Charlize Theron avait 15 ans lorsque sa mère a tué son père, qui s’en prenait violemment à elles.

Née dans la petite ville sud-africaine de Benoni, elle parlait à peine anglais – sa langue natale est l’afrikaan – lorsqu’elle est arrivée à Los Angeles dans les années 1990.   

Elle rejoint au palmarès du prix de la Cinémathèque américaine des acteurs prestigieux comme Al Pacino, Julia Roberts ou Bradley Cooper, honoré l’an dernier.

Cinéma

Polanski dans la tourmente après une nouvelle accusation de viol

PARIS — La nouvelle accusation de viol contre Roman Polanski, la première portée par une Française, a relancé la polémique autour du réalisateur, toujours poursuivi par la justice américaine, mais qui bénéficie depuis plus de 40 ans de soutiens dans le monde du cinéma en France.

Adèle Haenel, l’une des actrices les plus prisées en France, qui a elle-même accusé ces derniers jours un réalisateur d’»attouchements» et de «harcèlement sexuel» quand elle était adolescente, a appelé à «soutenir» Valentine Monnier, la nouvelle accusatrice de Polanski.

L’actrice avait déjà jugé lundi, dans un entretien au média en ligne Mediapart, que la situation de Roman Polanski, toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre de la procédure pour détournement de mineure lancée en 1977, constituait «malheureusement un cas emblématique».

Quelques jours après son témoignage, qui a ébranlé le cinéma français, Le Parisien a publié vendredi celui de Valentine Monnier, photographe et ancienne mannequin, qui accuse Roman Polanski de l’avoir violée en 1975 en Suisse alors qu’elle avait dix-huit ans.

L’avocat de Roman Polanski a «contesté fermement toute accusation de viol».

Cette Française, dont les accusations s’ajoutent à celles d’autres femmes ces dernières années, n’a pas déposé plainte pour ces faits, prescrits. Mais elle affirme avoir décidé de porter publiquement cette accusation en raison de la sortie en France, mercredi prochain, du nouveau film de Polanski «J’accuse», Grand prix du jury à la Mostra de Venise, qui porte sur une célèbre erreur judiciaire, l’affaire Dreyfus.

«Célébrer des prédateurs» 

«Valentine Monnier. Je te crois et je te soutiens», a tweeté la comédienne belgo-néerlandaise Sand Van Roy, qui a elle-même porté plainte contre le cinéaste Luc Besson pour viol et a relayé aussi un message de soutien de Karine Isambert, qui avait témoigné l’an dernier auprès de Mediapart contre Luc Besson pour des comportements déplacés.

«Roman Polanski accusé (...) Pourtant les gens continuent à célébrer des prédateurs», a réagi de son côté Rosanna Arquette, accusatrice de la première heure d’Harvey Weinstein.

Plusieurs militantes féministes ont aussi affirmé leur soutien à Valentine Monnier, comme Anaïs Leleux du collectif  #NousToutes. «Pensée à Valentine Monnier et à toutes celles qui ont également été victimes d’hommes puissants», a-t-elle tweeté, estimant aussi sur la chaîne BFMTV que «le fait qu’il continue de recevoir des prix pose à chaque fois question aux militantes, mais aussi aux femmes victimes».

«L’impunité de Polanski est grande, et nous ne nous tairons pas!», a affirmé l’association Osez le féminisme!.

Des courriers transmis 

En 2017, des féministes avaient manifesté en France contre une rétrospective consacrée à Roman Polanski à la Cinémathèque de Paris, tandis que la même année, il avait dû renoncer à présider les César sous leur pression. Mais il avait été soutenu par ces institutions alors que, aux États-Unis, l’Académie des Oscars a décidé de l’exclure.

Ces réactions interviennent alors que le milieu du cinéma français, resté jusqu’ici assez silencieux sur ce nouveau témoignage, est régulièrement soupçonné de protéger Roman Polanski, qui avait fui les États-Unis pour venir s’installer en France en 1978.

La star du cinéma français Catherine Deneuve, qui avait tourné avec lui dans «Répulsion», a plusieurs fois soutenu le réalisateur, comme elle l’a fait à nouveau lors de la Mostra, où la sélection de «J’accuse» en compétition avait indigné les féministes.

Valentine Monnier dit avoir raconté son histoire depuis 2017 dans des lettres à la police de Los Angeles, à la femme du président français Brigitte Macron, au ministre de la Culture Franck Riester et à la secrétaire d’État chargée de l’égalité hommes femmes Marlène Schiappa. Le cabinet de Brigitte Macron a confirmé samedi avoir bien reçu deux lettres de la photographe, transmises au gouvernement.

Dans une lettre datée de mars 2018, Marlène Schiappa salue quant à elle le courage de Mme Monnier, tout en rappelant que «les faits sont prescrits pour la justice française».

Cinéma

Woody Allen retire sa plainte contre Amazon après avoir trouvé un accord

NEW YORK — Le réalisateur américain Woody Allen a abandonné ses poursuites contre Amazon, qu’il attaquait pour rupture abusive de contrat, après avoir trouvé un accord avec le géant d’internet, selon des documents judiciaires déposés vendredi soir auprès d’un tribunal de New York.

Woody Allen avait porté plainte en février contre Amazon, à qui il réclamait 68 millions de dollars pour avoir mis fin à leur engagement sur la base d’accusations anciennes le visant.

Les contours de l’accord trouvé entre les deux parties n’ont pas été dévoilés, mais des sources proches du dossier ont indiqué au site spécialisé Deadline qu’il n’y avait «aucun gagnant au final».

Woody Allen a été accusé d’abus sexuels en 1992 sur sa fille adoptive Dylan Farrow, qui avait alors sept ans. Les poursuites à son encontre ont été abandonnées après deux enquêtes distinctes menées à l’époque, sur plusieurs mois.

Mais Dylan Farrow, soutenue par sa mère adoptive Mia Farrow et son frère Ronan Farrow, a régulièrement renouvelé publiquement ces accusations, notamment avec l’émergence du mouvement #metoo.

Elles ont poussé Amazon à annuler la sortie aux États-Unis de « Un jour de pluie à New York », le dernier film du réalisateur, avec lequel de nombreuses personnalités américaines ont depuis pris leurs distances.

Woody Allen accusait notamment Amazon, dans sa plainte, d’avoir refusé de lui verser les 9 millions de dollars prévus pour le financement d’« Un jour de pluie à New York», projeté en ouverture du festival du cinéma américain de Deauville (France) en septembre.

«Je pense que les gens qui m’attaquent font une erreur », avait alors déclaré dans entretien à la radio publique française France Inter le cinéaste de 83 ans, qui a toujours nié les accusations d’abus sexuels à son encontre.

Cinéma

Disney délivre enfin la suite de «La reine des neiges»

LOS ANGELES — «La reine des neiges» avait fait voler en éclats les records du box-office et fondre le coeur des plus jeunes, marquant à jamais plusieurs générations avec la chanson «Libérée, délivrée». Après six ans d’attente, Disney va enfin présenter la suite d’un de ses plus grands succès d’animation.

La reine Elsa, la princesse Anna et le bonhomme de neige Olaf reviennent pour ce film sobrement intitulé La reine des neiges 2, dont l’avant-première mondiale était organisée à Los Angeles jeudi soir.

Inspiré par un conte éponyme de Hans Christian Andersen, le premier épisode suivait le parcours d’Anna pour retrouver sa soeur Elsa, aux prises avec des pouvoirs glaciaires incontrôlés.

La suite (en salles le 22 novembre au Québec) s’attache à l’histoire de la famille royale d’Arendelle et promet de répondre aux interrogations des fans, notamment sur l’origine des étonnants pouvoirs d’Elsa.

«Mais ce n’est qu’une question parmi bien d’autres», a insisté la réalisatrice Jennifer Lee, encore aux commandes pour l’épisode 2, lors du rassemblement D23 organisé par Disney pour ses fans en Californie. «Pourquoi Anna est née ainsi? Où se rendaient vraiment les parents des deux soeurs lorsque le bateau a coulé? Y a-t-il réellement une fin heureuse?»

«Un véritable phénomène»

Dans La reine des neiges 2, une mystérieuse voix revient hanter une Elsa devenue adulte. Elle l’exhorte à quitter le château où elle coule des jours heureux pour se lancer dans une nouvelle quête qui l’emmènera jusqu’à une lointaine forêt enchantée.

En 2013, La reine des neiges avait créé la surprise en devenant le film d’animation le plus lucratif de l’histoire, récoltant près de 1,3 milliard $ dans le monde. Son record a tenu six ans, jusqu’à ce que le remake du Roi Lion ne vienne lui ravir la couronne.

«C’était devenu un véritable phénomène, la musique, les personnages, l’histoire avait vraiment trouvé un écho», se souvient Paul Dergarabedian, spécialiste de l’analyse des médias pour la société Comscore.

Le succès est d’autant plus remarquable que La reine des neiges est une création, contrairement à de nombreuses productions de Disney qui se sont contentées de prolonger ou revisiter des classiques éprouvés, comme Le Roi Lion ou Aladdin récemment.

De nouveaux tubes

«C’est super d’avoir vos archives, de relancer les histoires favorites de Disney [...] Mais c’est une autre paire de manches que de créer quelque chose à partir de rien et d’obtenir un film qui est devenu l’une des plus grandes franchises de Disney», poursuit Paul Dergarabedian.

Le succès fut tel que Jennifer Lee a été nommée directrice artistique des studios d’animation Disney après le départ en 2018 de John Lasseter, sur fond d’accusations de harcèlement sexuel.

Dans la version originale de La reine des neiges, Anna et Elsa retrouveront leur voix du premier opus, respectivement Kristen Bell et Idina Menzel, qui chantait la célèbre chanson primée aux Oscars.

En version française en revanche, Anaïs Delva a été remplacée par la chanteuse et comédienne Charlotte Hervieux. Emmylou Homs continuera cependant à être la voix d’Anna et l’humoriste Dany Boon celle du bonhomme de neige Olaf.

Que les parents se préparent: La reine des neiges 2 nous promet aussi de nouveaux tubes de l’acabit de Libérée, délivrée, à l’instar de Dans un autre monde (Into the Unknown en V.O.) dont un extrait a déjà été dévoilé.

Selon M. Dergarabedian, l’enthousiasme suscité par ce deuxième opus devrait «le propulser vers un premier week-end d’exploitation d’au moins 100 millions $» dans les cinémas des États-Unis et du Canada.

Et il est difficile d’imaginer «qu’il ne rapporte pas au moins un milliard de dollars dans le monde entier», dit-il.

Cinéma

La liste des œuvres pour le 30e de la chute du mur de Berlin

Les ailes du désir (1987), Wim Wenders

Le mur joue un rôle important dans ce chef-d’œuvre du réalisateur allemand sur la condition humaine. Il sert de métaphore puissante dans ce Berlin divisé où un ange est prêt à renoncer au Ciel pour l’amour d’une femme. Les premier pas de l’ange déchu en tant qu’humain se font le long du mur graffité. Bien que ce n’était pas l’intention de Wenders, son film revêt aussi des allures de documentaire puisque la structure a disparu… Éric Moreault

Cinéma

Manifestation en Géorgie contre un film LGBT nominé aux Oscars

TBILISSI — Des groupes d’extrême droite manifestaient vendredi en Géorgie, brûlant notamment un drapeau arc-en-ciel, contre la première d’un film - nominé aux Oscars - mettant en lumière la discrimination de la communauté LGBT dans ce pays du Caucase.

Et puis nous danserons de Levan Akin met en scène une histoire d’amour entre deux hommes, danseurs au ballet national de Géorgie. Acclamé à l’étranger, le film a provoqué la controverse au sein d’une société géorgienne réputée conservatrice et a été dénoncé par l’influente Église orthodoxe géorgienne comme un «affront aux valeurs traditionnelles» du pays.

Des centaines de militants anti-LGBT étaient réunis vendredi soir devant le cinéma Amirani, dans la capitale, Tbilissi.

«Longue vie à la Géorgie!», «Honte!» scandaient-ils, alors qu’un important dispositif policier était déployé sur place. Les manifestants ont également brûlé un drapeau arc-en-ciel, tandis qu’un prêtre orthodoxe récitait une prière.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de onze manifestants pour «désobéissance aux forces de l’ordre».

«La danse folklorique géorgienne est au coeur de nos valeurs spirituelles, nous n’allons pas laisser défier nos traditions», a affirmé l’une des manifestantes, Teona Gogava, une femme au foyer de 35 ans interrogée par l’AFP.

Les responsables du cinéma, qui ont posté une vidéo sur Facebook montrant des policiers inspectant les sièges de la salle avec des chiens avant la projection, ont affirmé que tous les détenteurs d’un billet avaient été autorisés à entrer.

Maka Kiladze, un chorégraphe de 40 ans présent dans la salle, a trouvé «anormal» de devoir faire face à une «foule en colère». «Ce film a suscité un grand intérêt en Géorgie», a-t-il ajouté.

«Forces ténébreuses» 

Le réalisateur du film, Levan Akin, Suédois d’origine géorgienne, avait indiqué plus tôt que des groupes d’extrêmes droites et des militants religieux avaient «l’intention d’empêcher les gens d’assister» à la première du film, pour laquelle toutes les places disponibles ont été vendues.

«Nous vivons des temps obscurs et les manifestations à venir prouvent à quel point il est vital de lutter contre ces forces ténébreuses par tous les moyens», avait-il ajouté.

Un ancien député du parti au pouvoir, Sandro Bregadzé, a notamment averti cette semaine que le groupe nationaliste qu’il préside, Marche géorgienne, allait s’opposer à la première du film, le qualifiant de «propagande de la sodomie».

Levan Vasadzé, homme d’affaires lié à des groupes anti-occidentaux et d’extrême droite en Russie, avait de son côté affirmé que ses partisans «entreront dans les salles des six cinémas de Tbilissi pour éteindre les projecteurs», promettant de «repousser la police si besoin».

Le ministère géorgien de l’Intérieur a promis dans un communiqué d’assurer «la protection du public et l’ordre, ainsi que la liberté d’expression». Il a prévenu que la police allait «supprimer tout acte illégal immédiatement».

L’homosexualité est un sujet tabou en Géorgie comme dans tout le Caucase et une grande partie de l’ex-URSS.

Les détracteurs du parti au pouvoir du Rêve géorgien ont accusé le gouvernement de soutien tacite aux groupes homophobes et nationalistes en échange de leur soutien aux élections et lors des rassemblements anti-opposition.

Cinéma

Catherine Deneuve au repos après son accident vasculaire

PARIS — La star du cinéma français Catherine Deneuve, 76 ans, « réagit bien au traitement » et « se repose » après avoir été victime d’un accident vasculaire mardi sur un tournage, a-t-on appris auprès de l’entourage de l’actrice.

«Comme annoncé, il n’y a pas de déficit moteur. Elle se repose, tandis que des examens complémentaires sont en cours », a indiqué un membre de son entourage ayant requis l’anonymat.

«Elle réagit bien au traitement. L’accident vasculaire est vraiment limité. Elle a eu beaucoup de chance en étant prise en charge très rapidement à l’hôpital où son malaise s’est produit, en plein tournage », a ajouté cette source.

Le malaise de Catherine Deneuve s’est produit mardi vers 15 h dans un centre hospitalier de la région parisienne, où l’icône du cinéma français tournait une scène du film De son vivant d’Emmanuelle Bercot. Elle a été prise immédiatement en charge par cet établissement pour les premiers soins, avant son transfert vers un hôpital parisien, a précisé cette même source, confirmant des informations du Parisien.

La famille de l’actrice avait annoncé mercredi qu’elle avait « été victime d’un accident vasculaire ischémique très limité et donc réversible » et devrait « bien sûr prendre quelque temps de repos ».

Depuis plusieurs semaines, l’icône du cinéma français, qui enchaîne les projets, tournait dans De son vivant aux côtés de Benoît Magimel et Cécile de France.

Ce film d’Emmanuelle Bercot, avec qui elle a déjà fait deux films (Elle s’en va et La tête haute), raconte l’histoire d’un fils (Benoît Magimel) condamné par un cancer et de sa mère, incarnée par Catherine Deneuve, tandis qu’une médecin se retrouve au milieu de ce couple et essaie de faire son travail.

Prévu pour durer neuf semaines, ce tournage, qui a démarré le 11 octobre, s’est poursuivi depuis l’hospitalisation de Catherine Deneuve. Il pourrait continuer quelques temps encore en son absence, en modifiant le plan de tournage, selon des sources proches du film.

Les producteurs n’ont pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Cinéma

Une Française accuse Roman Polanski de viol

PARIS — Une Française a accusé Roman Polanski de l’avoir violée en 1975 en Suisse alors qu’elle avait 18 ans, dans un témoignage publié par le journal Le Parisien à quelques jours de la sortie du nouveau film du cinéaste, toujours sous le coup de poursuites de la justice américaine.

Valentine Monnier, dont les accusations s’ajoutent à celles d’autres femmes ces dernières années, indique ne pas avoir déposé plainte pour ces faits, prescrits. Mais elle affirme avoir décidé de porter publiquement cette accusation en raison de la sortie en France du film J’accuse, qui porte sur une erreur judiciaire, l’affaire Dreyfus.

«Je n’avais aucun lien avec lui, ni personnel, ni professionnel et le connaissais à peine», raconte au Parisien cette photographe, qui a été mannequin à New York et a joué dans quelques films dans les années 80, comme Trois hommes et un couffin.

«Ce fut d’une extrême violence, après une descente de ski, dans son chalet, à Gstaad. Il me frappa, roua de coups jusqu’à ma reddition puis me viola en me faisant subir toutes les vicissitudes», déclare cette fille d’industriels alsaciens.   

L’avocat du cinéaste, Hervé Temime, affirme au Parisien que Roman Polanski «conteste fermement toute accusation de viol» et observe que ces faits allégués datant d’il y a 45 ans «n’ont jamais été portés à la connaissance de l’autorité judiciaire».

Valentine Monnier précise dans ce témoignage avoir raconté plus tard cette nuit dans le chalet du réalisateur à sa meilleure amie, puis à celui qui deviendra son petit ami pendant quatre ans. Tous deux, joints par le Parisien, confirment sa version. 

La secrétaire d’État chargée de l’égalité hommes-femmes, Marlène Schiappa.

Depuis 2017, encouragée par le scandale Weinstein, Valentine Monnier dit aussi avoir raconté son histoire dans des lettres à la police de Los Angeles, à la femme du président français, Brigitte Macron, au ministre de la Culture Franck Riester et à la secrétaire d’État chargée de l’égalité hommes-femmes, Marlène Schiappa.

Dans une lettre datée de mars 2018, cette dernière salue le courage de Mme Monnier «d’avoir osé briser un silence de 42 ans» et «compatit» à sa douleur, tout en soulignant que «les faits sont prescrits pour la justice française».  

Roman Polanski est toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre de la procédure pour détournement de mineure lancée à son encontre en 1977.  

Il avait alors plaidé coupable de détournement de mineure après avoir eu des relations sexuelles illégales avec Samantha Geimer, âgée de 13 ans. Ce seul chef d’accusation retenu était le résultat d’un accord à l’amiable avec le juge, après que Polanski eut été inculpé initialement de chefs d’accusation plus graves, notamment viol d’une mineure sous l’emprise de stupéfiants.  

Condamné à 90 jours de prison, il avait été libéré après 42 jours. Mais le juge avait ensuite estimé la sentence insuffisante. Polanski avait choisi de s’envoler pour la France. Il est depuis lors sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Il a depuis été visé par d’autres accusations. En plein Festival de Cannes en 2010, l’actrice britannique Charlotte Lewis avait accusé le réalisateur de l’avoir «abusée sexuellement» à 16 ans lors d’un casting en 1983. 

Une deuxième femme, identifiée comme «Robin», l’a accusé en août 2017 d’agression sexuelle lorsqu’elle avait 16 ans, en 1973.  

En septembre 2017, Renate Langer, une ancienne actrice, déposait une nouvelle plainte pour viol, affirmant avoir été agressée en 1972 à Gstaad alors qu’elle avait 15 ans. Deux mois plus tard, la justice suisse déclarait ces accusations prescrites.

Toutes ses accusations sont «sans fondement», avait déclaré l’avocat du réalisateur.

Cinéma

Entre mer et mur: la petite et la grande histoire ***

CRITIQUE / L’arrivée en salle d’«Entre mer et mur» au moment du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin n’a évidemment rien de fortuit. Le long métrage très personnel de Catherine Veaux-Logeat documente les effets de sa construction sur sa famille. La réalisatrice québécoise mélange avec un certain bonheur la petite la grande histoire, mais reste malheureusement à la surface des choses, ce qui limite sa pertinence.

Catherine Veaux-Logeat a immigré à Montréal à l’âge de sept ans, laissant derrière elle ses plus beaux souvenirs, dont ceux de sa grand-mère Uma. Sa mère, profondément marquée par la Guerre froide, lui raconte souvent le destin de son oncle Frank qui a abandonné à l’Est sa mère à lui, son frère Bernt et son premier grand amour, Elisabeth.

Aux yeux de l’enfant, Frank est un héros. Lors du 25e anniversaire de la chute du mur, en 2014, la documentariste décide de le retrouver. Le marin retraité vit maintenant à Hambourg et la mort récente de sa femme Christel, décédée après 34 ans de mariage, l’affecte beaucoup.

Au fil des entrevues, la nièce découvre que la réalité s’avère beaucoup plus banale que l’image mythologique qu’elle s’est créée au gré des confidences de sa mère.

L’homme a des zones d’ombres sur lesquelles il demeure peu bavard. Notamment sa relation avec Berndt. Même 30 ans plus tard, les deux frères ne se fréquentent pas. Berndt n’a pas quitté l’Est à l’époque et Frank le soupçonne d’avoir collaboré avec la Stasi. À la caméra, l’Ossi refuse d’ailleurs de revenir sur la question…

Catherine Veaux-Logeat n’aurait pas dû en rester là et fouiller de façon plus approfondie. A beau mentir qui vient de loin, surtout devant la caméra. Le témoignage très approximatif et fuyant de sa mère n’apporte rien à l’enquête de la documentariste.

De toute évidence, il lui a été difficile de faire descendre son oncle du piédestal où elle l’avait placé jeune. Le long métrage illustre tout de même que le destin des membres de sa famille a été irrémédiablement façonné par le territoire qu’ils ont habité et le climat délétère de l’époque.

Entre mer et mur devient, par le fait même, un film sur les souvenirs. Ceux qui restent ; ceux qu’on oublie (ou qu’on veut oublier), volontairement pas ; ceux qu’on modèle en les embellissant ou en les défigurant… Les non-dits occupent beaucoup de place ici.

À ce sujet, la trame sonore de Mark Pinkus, exécutée au piano, contribue au climat mélancolique du documentaire, dont le rythme lent convient au propos. La cinéaste installe sa caméra à proximité de ses sujets, prêtes à recueillir les confidences lorsqu’elles surgissent.

Elle assure la narration en voix hors champ, pas toujours de façon heureuse, mais laisse la parole aux membres de sa famille, des taiseux pour la plupart…

Catherine Veaux-Logeat sera présente le dimanche 10 novembre, à la projection de 17h au Cinéma Cartier, pour discuter avec les spectateurs.

Cinéma

Le film de la semaine: Antigone ****

CRITIQUE / Il y a eu l’«Antigone» (441 av. J.-C.) de Sophocle, l’«Antigone» de Jean Anouilh (1944) et il y aura maintenant l’«Antigone» de Sophie Deraspe. La réalisatrice du «Profil Amina» signe un exceptionnel long métrage contemporain, puissant et bouleversant, qui imprime au fer rouge dans notre tête des images durables de la juste désobéissance de cette héroïne au cœur pur.

Le spectateur ressentira plusieurs moments d’une réelle émotion. Dont, dès le début, cette scène très forte où Antigone (Nahéma Ricci) raconte en classe l’immigration de sa famille au Canada, avec ses frères, sa sœur et sa grand-mère, après l’assassinat de ses parents dans leur pays d’origine (jamais nommé directement). Le regard de ses camarades de secondaire V change. Le notre aussi, forcément.

Cinéma

Les petits miracles d'Isabelle Huppert

Isabelle Huppert fait partie d’un panthéon très restreint d’actrices actuelles, avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Meryl Streep et Julianne Moore, dont la seule présence gratifie une œuvre. La Française de 66 ans, qui était pour la 21e fois en compétition au récent Festival de Cannes avec «Frankie» d’Ira Sachs, continue d’inspirer nombre d’interprètes, de combler les cinéphiles et de mener sa carrière comme bon lui semble. Le Soleil s’est entretenu avec cette icône du cinéma lors d’un passage à New York.

Q Vous êtes une des actrices les plus prolifiques de l’Hexagone et recevez quantité d’offres de partout dans le monde. Comment choisissez-vous vos rôles?

Cinéma

Midway: tirer en tout sens ** 1/2

CRITIQUE / Roland Emmerich aime bien les films d’action patriotiques qui mettent en évidence le courage d’un héros sans peur et sans reproche. Bien que le réalisateur soit plus enclin à la science-fiction, il ne faut guère se surprendre qu’il revisite la bataille de Midway, en 1942. Mais en tirant en tout sens, il rate la cible.

Midway relate un tournant décisif de la guerre du Pacifique. Six mois après l’attaque-surprise de Pearl Harbor par les forces navales japonaises, la marine américaine se rapproche dangereusement de la déroute.

L’équipe des renseignements pilotée par Edwin Layton (Patrick Wilson) intercepte des communications qui laissent présager à une attaque imminente des Japonais, qui désirent anéantir le reste de la flotte en profitant de leur force de frappe supérieure.

Les Américains veulent servir à leurs rivaux leur propre médecine : l’attaque-surprise. Le courage et la détermination des pilotes qui décollent des portes-avions sont leurs principales armes.

L’histoire va donc s’attacher à certains d’entre eux, en particulier l’intrépide lieutenant Dick Best (Ed Skrein), un cow-boy qui n’en fait souvent qu’à sa tête. Un héros imparfait, mais ceux qui gravitent dans son orbite apparaissent bien pâles — le scénario de Wes Tooke embrasse trop large et, forcément, mal étreint.

En vieux routier, Roland Emmerich livre la marchandise dans les scènes d’action. Avec les effets spéciaux actuels, les batailles aériennes s’avèrent visuellement époustouflantes. Les plans d’avions qui descendent en plongée au milieu des balles traçantes sont à couper le souffle. Ça ne fait pas un film pour autant.

Emmerich n’a jamais fait dans la subtilité et ce n’est pas avec un tel sujet qu’il va commencer. Le metteur en scène du Jour de l’indépendance et de Maison-Blanche en péril n’est pas Christopher Nolan. Midway ne peut rivaliser avec l’extraordinaire Dunkerque, tant sur le plan de la réalisation que du scénario. 

D’autant que le long métrage s’essouffle vers la fin alors qu’il devrait plutôt y atteindre son apothéose.

On peut le créditer de sa rigueur historique et d’offrir un point de vue plus équilibré que les films de guerre d’époque, beaucoup plus manichéens. Il flatte néanmoins le patriotisme états-unien dans le bon sens.

La principale faiblesse de ce film visuellement impressionnant réside dans le fait qu’Emmerich a failli à donner une ampleur épique à son récit. Et puisque ses marins américains se révèlent unidimensionnels, le spectateur ne doit pas s’attendre à ce que leurs vis-à-vis japonais aient de la substance. Un véritable échec compte tenu de l’imposante distribution (chapeau à Woody Harrelson en amiral Nimitz).

Midway représente un intérêt certain d’un point de vue historique. Mais ceux qui se passionnent pour la Seconde Guerre mondiale, en général, et à la bataille du Pacifique en particulier n’y trouveront rien de neuf à se mettre sous la dent.

Dommage.

Cinéma

Ruggia nie avoir agressé Adèle Haenel, mais admet une «erreur»

PARIS — Accusé par l’actrice française Adèle Haenel de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle était âgée de 12 à 15 ans, le réalisateur Christophe Ruggia a reconnu mercredi l’«erreur» d’avoir joué «les pygmalions» mais a nié toute agression sexuelle.

Dans une enquête publiée dimanche par le média en ligne Mediapart puis dans une entrevue filmée le lendemain, Adèle Haenel — aujourd’hui âgée de 30 ans — a mis en cause le réalisateur Christophe Ruggia, avec qui elle avait tourné, à l’âge de 13 ans, son premier film Les Diables.

Dans cette enquête, l’actrice a dénoncé «l’emprise» que le réalisateur aurait exercée sur elle pendant la préparation et le tournage du film, puis un «harcèlement sexuel permanent», des «attouchements» répétés sur les «cuisses» et le «torse» et des «baisers forcés dans le cou» qui auraient eu lieu dans l’appartement du réalisateur et lors de plusieurs festivals internationaux, alors qu’elle était âgée de 12 à 15 ans, et le réalisateur de 36 à 39 ans.

Adèle Haenel a été récompensée par deux César au cours de sa carrière. Elle est à l’affiche cet automne avec Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma.

Enquête préliminaire

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire pour les chefs d’«agressions sexuelles» sur mineure de moins de 15 ans «par personne ayant autorité» et «harcèlement sexuel».

L’actrice a dit n’avoir pas souhaité porté plainte, regrettant en direct lundi sur le site de Mediapart qu’il y ait «si peu» de condamnations dans ce type d’affaire en France et dénonçant «une violence systémique faite aux femmes dans le système judiciaire».

Christophe Ruggia continue de nier toute agression dont l’accuse l’actrice, mais admet mercredi avoir «commis l’erreur de jouer les pygmalions avec les malentendus et les entraves qu’une telle posture suscite», dans un droit de réponse à Mediapart.

Un tournant

Les réactions continuent d’affluer dans le cinéma français. La société civile des Auteurs, réalisateurs, producteurs (ARP) soutient ainsi «Adèle Haenel dans cette démarche courageuse», tout comme le Syndicat des producteurs indépendants.

La Société des réalisateurs de films, une association professionnelle, avait dès lundi radié Christophe Ruggia.

«Je pense que c’est une sorte de tournant. C’est la première fois en France qu’une actrice internationalement connue, qui travaille beaucoup et a une cote d’enfer, prend la parole sur ce sujet-là», estime la journaliste Véronique Le Bris, fondatrice du site cine-woman.fr, pour qui «ça va forcément avoir des conséquences».

Cinéma

Catherine Deneuve victime d’un accident vasculaire

PARIS - Inquiétudes autour de la reine du cinéma français: Catherine Deneuve, 76 ans, a été victime d’un accident vasculaire «très limité et donc réversible», assure sa famille, et a été hospitalisée à Paris.

Selon le communiqué transmis à l’AFP par son agente Claire Blondel, l’actrice a subi «un accident vasculaire ischémique».

«Heureusement, elle n’a aucun déficit moteur et doit bien sûr prendre quelque temps de repos», précise la même source. Aucune autre précision n’a été donnée, alors que Le Parisien indiquait dans la matinée que l’actrice avait été victime «d’un malaise dans la nuit de mardi à mercredi».

Les termes employés dans le communiqué ne permettent pas de dire avec certitude de quoi a été victime la vedette.

Dans l’hypothèse la moins grave, il peut s’agir d’un accident ischémique transitoire (AIT), qui est une forme passagère d’accident vasculaire cérébral (AVC).

Comme l’AVC, l’AIT est causé par l’interruption de la circulation sanguine qui prive d’oxygène les zones du cerveau touchées. Dans le cas de l’AIT, les symptômes durent en général moins d’une heure avant de disparaître, mais cela reste néanmoins une vraie urgence, qu’il ne faut surtout pas négliger: en effet, un AIT doit être pris en charge rapidement, car il augmente considérablement les risques de faire un AVC dans les jours qui suivent.

L’AVC est une pathologie grave qui touche principalement les personnes âgées et peut entraîner des séquelles nécessitant une prise en charge de longue durée.

Depuis plusieurs semaines, enchaînant les projets, Catherine Deneuve tourne le prochain film d’Emmanuelle Bercot, «De son vivant», partageant l’affiche avec Benoît Magimel et Cécile de France.

Son nom au «Hall of fame»

Révélée par «Les Parapluies de Cherbourg» de Jacques Demy en 1964, elle a joué avec les plus grands réalisateurs, de Roman Polanski à Luis Bunuel ou encore André Téchiné et Lars von Trier.

«Le dernier métro» de François Truffaut lui vaut son premier César de la meilleure actrice en 1981. Elle attendra douze ans pour en rafler un deuxième en 1993 pour «Indochine» de Régis Wargnier.

Consacrée «plus belle femme du monde» par le magazine américain Look, elle fut immortalisée en Marianne, symbolisant à l’étranger l’élégance française. Elle est l’une des rares actrices hexagonales à figurer au «Hall of fame» hollywoodien.

Elle se refuse pourtant à se voir comme une mégastar. «Icône du cinéma? Je ne suis pas vraiment ça, je trouve, franchement. On me le dit souvent, c’est beaucoup à travers les couvertures de presse, les journaux, les photos... c’est plutôt ça», a déclaré l’actrice, dans un entretien accordé à l’AFP en août.

«C’est aussi le fait qu’on m’ait beaucoup liée à Saint Laurent, donc ça m’a donné une image plus sophistiquée. Mais franchement non (...) c’est une image», ajoutait-elle.

Femme libre, c’est une adepte du contrepied dans ses prises de parole, comme en plein mouvement  #Metoo début 2018, lorsqu’elle a signé avec une centaine de femmes une tribune défendant «une liberté d’importuner». Elle s’était ensuite excusée auprès des «victimes d’actes odieux». Mais il faut aussi se souvenir qu’elle avait signé le Manifeste des 343, en faveur du droit à l’avortement, en 1971.

C’est une des plus belles carrières du 7e art. Née le 22 octobre 1943 dans une famille de comédiens, elle a d’abord été dans l’ombre de sa soeur cadette Françoise Dorléac, qui brillait au cinéma avant de mourir tragiquement dans un accident de voiture en 1967.

Côté vie privée, hormis -brièvement- le photographe anglais David Bailey, Catherine Deneuve n’épousera aucun de ses compagnons, dont le plus célèbre reste Marcello Mastroianni, père de sa fille Chiara.

Cinéma

Scorsese critique de nouveau les films Marvel

NEW YORK — Le réalisateur américain Martin Scorsese s’en est de nouveau pris aux films du studio Marvel, qu’il considère comme des produits calibrés pour le consommateur, tandis que le pdg de Disney venait au secours de sa filiale.

Début octobre, le metteur en scène de 76 ans avait déjà fait polémique en déclarant que les longs métrages Marvel, dédiés à l’univers des superhéros, n’étaient «pas du cinéma» et s’apparentaient davantage à un «parc d’attractions».

Cinéma

Accusations de harcèlement sexuel: Marion Cotillard remercie Adèle Haenel

PARIS — L’actrice Marion Cotillard a exprimé mardi une «gratitude infinie» envers sa consœur Adèle Haenel pour avoir brisé le silence avec ses accusations de «harcèlement sexuel» à l’encontre du réalisateur Christophe Ruggia.

«Adèle, ton courage est un cadeau d’une générosité sans pareil pour les femmes et les hommes, pour les jeunes actrices et acteurs, pour tous les êtres abîmés qui savent maintenant grâce à toi qu’ils n’ont pas à subir cette violence. Et pour ceux qui l’ont subie, qu’ils peuvent parler, ils seront écoutés et entendus», écrit Marion Cotillard sur Instagram à côté d’une photo d’Adèle Haenel.

«Tu brises un silence si lourd. Ton témoignage est d’une puissance inouïe. Il résonne profondément», poursuit Marion Cotillard, Oscar de la meilleure actrice pour La Môme.

Dans une longue enquête publiée dimanche par Médiapart, Adèle Haenel, 30 ans, récompensée par deux César dont celui de la meilleure actrice en 2015 pour Les Combattants, accuse Christophe Ruggia, avec qui elle a tourné son premier film Les Diables, d’«attouchements» et de «harcèlement sexuel» alors qu’elle était âgée de 12 à 15 ans.

Le réalisateur a réfuté par le biais de ses avocats ces accusations. La Société des réalisateurs de films a cependant annoncé lundi avoir décidé de le radier de ses listes.

«Chère Adèle, tu marques l’histoire. L’histoire de cette révolution libératrice. Notre histoire et celle de nos enfants. J’ai une gratitude infinie envers toi», conclut Marion Cotillard.

Cinéma

Terminator bat le Joker dans la lutte du box-office nord-américain

LOS ANGELES — La dernière incarnation de «Terminator» a écrasé des adversaires pourtant redoutables, le «Joker» et la sorcière de «Maléfique», pour son entrée au box-office nord-américain, selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

1984, 1991 et maintenant 2019 : le troisième opus de Terminator : Sombre destin, toujours avec Arnold Schwarzenegger en assassin cybernétique, a réalisé 29 millions de dollars de recettes aux États-Unis et au Canada pour son premier week-end d’exploitation.

Toujours au second rang l’inquiétant Joker, récit de la transformation du comique raté Arthur Fleck en super-vilain qui deviendra l’ennemi juré de Batman. Le film porté par Joaquin Phoenix a remporté près de 14 millions de dollars sur trois jours et près de 300 millions sur cinq semaines.

Avec un peu plus de 12 millions de dollars empochés depuis vendredi, le deuxième volet de Maléfique : Maîtresse du mal descend en troisième marche du podium. La célèbre sorcière de Disney, interprétée par Angelina Jolie, affiche désormais un total de près de 85 millions de dollars de recettes en trois semaines dans les salles.

Belle percée pour Harriet en quatrième place dès sa sortie. Le film relate l’histoire d’Harriet Tubman qui a aidé des centaines d’esclaves à fuir le sud des États-Unis après avoir elle-même échappé à son propriétaire en 1849. Il a récolté 12 millions de dollars sur le week-end.

Retour aux être fantastiques au cinquième rang: La Famille Addams et ses monstres étranges, a ajouté 8,5 millions à sa cagnotte, désormais de 85 millions en quatre semaines.

Voici le reste du Top 10 

6 - Zombieland : le doublé, enregistre 7,3 millions de dollars de recettes, pour un total de près de 60 millions en trois semaines.

7 - Application mortelle, film d’horreur pour jeune public centré autour d’une mystérieuse application pour smartphone, a récolté 5,8 millions de dollars sur le week-end et 17,7 en deux semaines

8 - Black and Blue : une jeune policière noire est prise pour cible par des collègues corrompus. Le film enregistre 4 millions de dollars pour son second week-end en salles pour un total de 15,4 millions

9 - Motherless Brooklyn : les investigations d’un détective privé dans le New York des années 50 ont récolté 3,65 millions pour son week-end de sortie

10 - Artic dogs : un dessin animé où des animaux se liguent pour sauver l’Artique a gagné 3,1 millions pour son arrivée dans les salles obscures

Cinéma

Les cinémas optimistes malgré la montée du «streaming»

NEW YORK — Jeff Logan gère depuis des décennies des cinémas dans l’État américain du Dakota du Sud et a entendu son lot de sombres prédictions sur l’avenir des grands écrans, certaines bien avant l’avènement du «streaming».

Dans les années 1970, certains croyaient que l’arrivée de la chaîne câblée HBO allait sonner le glas des cinémas: les ventes de billets avaient chuté, alors que ses abonnés payaient pour avoir accès à une panoplie de blockbusters peu après leur sortie en salle.

Mais une fois des concurrents apparus, HBO n’a plus été capable d’offrir autant de films, et les cinéphiles sont revenus vers les salles obscures, se souvient Jeff Logan.

Cette expérience avec le câble, mais aussi avec divers objets dédiés à visionner des films chez soi — dont certains sont déjà obsolètes — explique en partie pourquoi M. Logan et d’autres propriétaires de cinémas restent relativement optimistes malgré les investissements massifs des géants du divertissement dans le streaming.

Jeff Logan pense que les cinémas survivront tant qu’ils seront attrayants, et tant que les studios feront en sorte que de nouveaux films sortent sur le grand écran suffisamment longtemps avant leur disponibilité à domicile.

Pour rendre l’expérience plus alléchante, il pense ajouter bière et vin à la carte de ses trois cinémas et proposer des options plus gastronomiques que le traditionnel pop-corn.

«Les gens veulent sortir, mais le cinéma ça doit être bien», dit l’Américain de 69 ans, qui a repris les affaires de son père. «Si ça n’a rien de spécial, alors vous n’irez pas».

B&B Theatres a aussi beaucoup dépensé pour mettre ses salles à niveau, et ajouter des productions en «4D».

L’objectif est de faire de la séance de cinéma un évènement, explique son vice-président exécutif Brock Bagby, dont l’arrière-grand-père était l’un des fondateurs de cette chaîne du Missouri.

«C’est investir ou mourir», dit-il. «Nous croyons en l’industrie [du cinéma] et nous investissons des millions et des millions de dollars.»

Protéger l’intervalle

Et si le cinéma indépendant du coin a baissé le rideau, remplacé par des grandes chaînes multiplex, les statistiques ne dressent pas le portrait d’une industrie en désuétude, au contraire.

Depuis 1987, le nombre total d’écrans de cinéma aux États-Unis a augmenté de plus de 80 %, tandis que les ventes globales de billets ont plus que doublé pour atteindre près de 12 milliards de dollars en 2018, et ce alors même que se développaient cassettes VHS et DVD, aujourd’hui obsolètes, selon les données de la National Association of Theatre Owners.

De nombreux acteurs de l’industrie du cinéma ne voient pas le streaming comme une menace plus sérieuse que celles qu’ils ont déjà réussi à surmonter.

Leur plus grande crainte est que les réalisateurs tentent de réduire l’intervalle entre la sortie en cinéma et celle sur le petit écran, un laps de temps précieux pour l’industrie et que le patron de Disney Bog Iger s’est engagé à défendre.

«Les millénariaux [ceux nés entre 1980 et 2000] veulent sortir», affirme M. Bagby. «Mais si cet intervalle disparait, ça sera une tout autre histoire».

Netflix a ainsi été sous le feu des critiques pour avoir prévu de diffuser The Irishman de Martin Scorsese, seulement 20 jours après sa sortie en salles aux États-Unis, moins de la moitié de l’intervalle traditionnel de 70 jours.

Un autre défi pour les propriétaires de salles de cinéma a été l’augmentation des couts associés à la technologie numérique qui a progressivement remplacé les pellicules d’antan.

Comparée aux traditionnels projecteurs, la diffusion numérique peut s’avérer plus capricieuse, très sensible à la température et aux pics de tension électrique.

Mais si l’industrie est encore debout, c’est aussi parce qu’aller au cinéma reste une sortie en famille abordable, ou le lieu parfait pour faire naitre de premières idylles.

«Aller au cinéma, c’est un bon premier ou deuxième rencard», assure Gabriel Rossman, sociologue à l’université de Los Angeles (UCLA).

«Si tu invites quelqu’un pour regarder Netflix, c’est plutôt un coup d’un soir».