Arts et spectacles

En larmes, Alain Delon honoré à Cannes

CANNES — En larmes, le monstre sacré du cinéma Alain Delon a reçu dimanche une Palme d'or d'honneur au Festival de Cannes pour l'ensemble de sa carrière malgré des protestations d'associations féministes, remerciant le public à qui il a voulu dire au revoir.

«Il y a longtemps que je n'ai pas autant chialé», a avoué l'acteur de 83 ans, le visage rougi, en recevant cette récompense des mains de sa fille Anouchka, sous un tonnerre d'applaudissements.

Cinéma

Cannes : Malick retrouve sa touche magique

CANNES — Terrence Malick est capable du meilleur comme du pire. Après sa Palme d’or pour «L’arbre de la vie», en 2011, on se demandait sérieusement si le réalisateur américain avait perdu sa touche magique. Avec le magistral «Une vie cachée» présenté dimanche au 72e Festival de Cannes, la réponse est clairement non.

Le 7e art existe encore. Si, si. On en a eu la preuve avec le drame historique de Malick. C’est pour ce genre de film éblouissant que ce festival est une bénédiction. Même si le réalisateur s'est transformé en fantôme, comme d'habitude, pour la montée des marches.

Cinéma

Émotion à Cannes pour le couple mythique d'«Un homme et une femme» [VIDÉO]

CANNES — C'était en 1966. Claude Lelouch montait les marches de Cannes avec Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée pour "Un homme et une femme", et recevait une Palme d'or. Le réalisateur français et ses acteurs ont à nouveau foulé le tapis rouge samedi pour présenter une suite de leur film, dans un moment plein d'émotion.

«On a le sentiment d'avoir fait le tour du monde des émotions et d'être revenus là où on est nés. J'espère que les gens vont être de très bonne humeur, parce que nous on l'est», a déclaré Claude Lelouch, 81 ans, visiblement ému, avant de monter les marches de Cannes sous la pluie au bras d'Anouk Aimée, 87 ans, habillée tout en noir.

Cinéma

Des fleurs Frankenstein à Cannes!

CANNES — Programmer un festival ressemble à de la prospection. Il faut filtrer quantité de films dans l’espoir de trouver une pépite. Le critique, lui, est chargé d’évaluer la quantité de la marchandise. Au Festival de Cannes, il s’attend à trouver des longs métrages de première qualité. Il lui arrive tout de même de se gratter la tête en se demandant si on n’essaie pas de lui refiler de l’or des fous.

L’or des fous, c’est le nom qu’on donnait à la pyrite à l’époque. Ça brille, mais ça n’a pas la même valeur. C’est un peu le cas des longs métrages de la compétition que j’ai vus samedi. Cela dit sans méchanceté.

Cinéma

Cannes: Un maître au sommet de son art, l’autre moins

CANNES — Les journées sont longues et les nuits sont courtes au Festival de Cannes. Jeudi soir, j’ai décliné deux invitations. La levée du corps a quand même été difficile vendredi matin. Le nouveau Ken Loach a servi de motivation. Le vénérable réalisateur britannique est en quête d’une troisième Palme d’or et il se révèle au sommet de son art. Sorry We Missed You, un drame familial touchant sur la charge mentale, aura ses chances. Un vrai petit bijou.

Avez-vous déjà eu l’impression que tout part en vrille? Parce que l’accumulation de problèmes, petits et grands, devient insurmontable? Parce que le travail (de plus en plus précaire) empiète sur la vie familiale et que la culpabilité qui en découle vous rend moins productif?

Cinéma

Werner Herzog se confie sur la tragédie personnelle de Mikhaïl Gorbatchev

TORONTO — Pour le cinéaste allemand Werner Herzog, l’ascension et la chute de l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev représentent non seulement une tragédie personnelle, mais également un échec politique d’envergure mondiale.

Le nouveau documentaire de Herzog, «Meeting Gorbachev», décrit les efforts du leader communiste pour ouvrir l’Union soviétique au monde extérieur, ce qui a préparé le terrain pour la chute du rideau de fer.

Mais Herzog craint que la promesse de «zone de paix» s’étendant de Vancouver à Vladivostok par M. Gorbatchev ait été gaspillée au moment où la reprise des hostilités entre la Russie et l’Occident fait craindre le spectre de la guerre froide.

«Ce qui était intéressant pour moi, c’est la dynamique qui régit les relations internationales au-delà de M. Gorbatchev», a déclaré Herzog dans une entrevue accordée à André Singer, coréalisateur de «Meeting Gorbachev», au Festival international du film de Toronto l’automne dernier.

«Le sentiment est toujours présent dans les conversations avec M. Gorbatchev: combien de chances avons-nous manquées depuis?»

Pendant une période de six mois, Herzog a mené trois entretiens avec M. Gorbatchev, qui s’est confié au sujet de sa trajectoire politique l’ayant fait passer de réformateur avant-gardiste à bouc émissaire de la chute de l’Union soviétique.

Herzog dresse un portrait élogieux de son sujet. À un moment donné, il dit à M. Gorbatchev qu’il l’aime pour son leadership lors de la réunification de l’Allemagne.

Une foule de dignitaires internationaux dans le film font écho à cet éloge, affirmant que le contact diplomatique de M. Gorbatchev a contribué à forger un accord de désarmement nucléaire avec l’ancien président américain Ronald Reagan.

En entrevue à La Presse canadienne, Herzog a dressé un parallèle entre le rapport «improbable» de MM. Gorbatchev et Reagan lors du sommet de Reykjavik en 1986 et la réunion au sommet «encore plus improbable» entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump à Singapour l’année dernière.

«Ils se parlent, et nous devrions avoir du respect pour cela. Peu importe ce que vous pensez de M. Trump, peu importe ce que vous pensez de Kim Jong Un», a déclaré Herzog.

Les mêmes réalisations qui ont fait de M. Gorbatchev une «mascotte» en Occident - en particulier son rôle réticent dans la dissolution de l’Union soviétique - en ont fait un «traître» pour de nombreux Russes, a souligné Herzog.

Depuis la mort de son épouse bien-aimée en 1991, cet homme âgé de 88 ans vit en Russie dans un isolement relatif, la majeure partie de sa famille ayant déménagé à l’étranger.

«Il vit dans une solitude fondamentale, d’une certaine manière, et ce n’est pas seulement une tragédie personnelle. Je pense que cela a quelque chose de très russe», a avancé Herzog.

Selon le cinéaste, la vision non réalisée de M. Gorbatchev d’une «maison de la paix commune» entre la Russie et l’Occident peut être interprétée comme un récit édifiant pour les dirigeants politiques d’aujourd’hui: déposez vos armes et ouvrez un dialogue - sinon, le monde en paiera le prix .

«Nous constatons les nombreuses occasions manquées et je pense que la guerre froide est une forme anormale de relations internationales», a déclaré Herzog. «Nous devrions probablement nous écarter du discours sur la diabolisation de la Russie. Ce n’est pas productif, car la Russie serait une alliée naturelle et merveilleuse pour l’Occident.»

«Meeting Gorbachev» sortira vendredi dans les salles de Toronto, Vancouver et Waterloo, en Ontario. Il prendra ensuite l’affiche à Ottawa, Victoria, Calgary et dans d’autres villes canadiennes au cours du mois.

Cinéma

Jusqu'ici tout va bien: Vie de banlieue ***

CRITIQUE / Plusieurs cités des banlieues parisiennes, avec leur jeunesse désœuvrée, leurs immeubles en décrépitude et leur criminalité galopante, constituent depuis longtemps un casse-tête pour les politiciens français. Même les policiers s’aventurent avec une extrême prudence dans ces endroits frappés sporadiquement par des émeutes.

Et si une des façons de déboulonner les clichés et les préjugés sur ces quartiers dits «sensibles» passait par l’humour? C’est en tout cas le pari du cinéaste Mohamed Hamidi qui, avec la comédie Jusqu’ici tout va bien, démontre avec une naïveté à la fois charmante et agaçante qu’un rapprochement est possible entre les habitants de ces endroits multi-ethniques et des individus qui n’ont jamais mis les pieds à l’extérieur du périphérique parisien.

Cinéma

Elton John sur le tapis rouge

Le «rocketman» en personne était présent jeudi au 72e Festival de Cannes pour la grande première mondiale du film qui retrace l’ascension d’Elton John au rang de superstar. Rocketman, le drame biographique réalisé par Dexter Fletcher, aborde les hauts, mais aussi les bas de sa carrière : dépression, abus et acceptation de son homosexualité. 

Le chanteur aux centaines de paires de lunettes excentriques est interprété par Taron Egerton (à droite sur la photo), qui chante aussi dans le film. Les journalistes n’étaient malheureusement pas admis à la représentation, mais le représentant du Soleil sera à la projection de presse de vendredi. Et vous dévoilera ce qu’il en pense aussitôt que possible…

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Cinéma

Le Québec brille à Cannes

CANNES — Il y a neuf ans, Monia Chokri est «née comme actrice» au Festival de Cannes avec Les amours imaginaires. Elle espérait cette même reconnaissance comme réalisatrice, toute tremblante, en introduisant sur scène La femme de mon frère, choisi comme film d’ouverture d’Un certain regard. Son premier long métrage a reçu un accueil honnête, avec des applaudissements nourris. Qui l’a laissée sous le choc.

La nervosité a gagné l’artiste née à Québec une heure avant la montée des marches, elle qui avait revêtu une superbe robe de dentelle noire. L’émotion a encore été plus grande en s’adressant aux festivaliers, dans la salle, lorsqu’elle a révélé avoir perdu un ami très proche il y a à peine trois semaines. «Une peine abyssale», accompagnée d’un «peu de lumière», celle de présenter son bébé entouré de son équipe, ses amis et ses proches. «Je vous aime.»

Cinéma

La classe de maître cannoise de Xavier Dolan

CANNES — Le séjour de Xavier Dolan au 72e Festival de Cannes a débuté bien avant la projection de Matthias et Maxime, son film en compétition. Le réalisateur québécois était partie prenante d’un moment comme il ne s’en produit que presque exclusivement ici : une discussion à bâtons rompus avec Julianne Moore et Werner Herzog.

Le tout se déroulait devant une très petite salle surchauffée et bondée de journalistes — sur invitation — de l’hôtel Majestic, un établissement cinq étoiles qui sert aussi de quartier général à plusieurs gros joueurs de l’industrie cinématographique. N'y entre pas qui veut : il faut montrer patte blanche à la sécurité (j’y passe rapidement tous les matins pour cueillir les magazines spécialisés quotidiens, comme Hollywood Reporter et Screen).