Audrey-Anne Roy, Luc Lessard et Isabelle Lamontagne, respectivement enseignante en adaptation scolaire et sociale, professeur de français et animatrice de pastorale, seront les trois accompagnateurs lors du périple humanitaire.

Voyage humanitaire au Guatemala: une semaine de relâche qui sort de l'ordinaire

La semaine de relâche scolaire s'annonce dépaysante à souhait pour 30 élèves de quatrième et cinquième secondaires du collège Mont-Sacré-Coeur. En effet, ceux-ci s'apprêtent à troquer le froid glacial pour la jungle guatémaltèque dans le cadre d'un périple humanitaire. 
On voit ici le groupe qui s'envolera pour le Guatemala en février.
Abondance et surconsommation sont des mots qu'Annie Durand-Marandi, Cloé Dion et Audrey Roy devront mettre de côté en faisant leurs premiers pas dans le monde de la collaboration internationale. En fait, les trois étudiantes de cinquième secondaire ne s'attendent à rien de moins qu'un choc culturel en amorçant leur voyage humanitaire d'une semaine à Antigua, le 22 février. « Aider les gens m'intéresse particulièrement. On sait tous qu'il y a de la pauvreté dans le monde. Mais ce sera autre chose de le constater de nos propres yeux et de le vivre au quotidien », a confié Annie. 
De son côté, Cloé a eu la piqûre en visionnant la vidéo de la première mission humanitaire de l'établissement d'enseignement granbyen au Pérou, auquel ont pris part 25 élèves en 2015. « Je veux travailler dans le milieu de la petite enfance. Voir les sourires des jeunes malgré la pauvreté, c'est spécial, a-t-elle dit. Les gens là-bas n'ont pas besoin de grand-chose pour s'épanouir. C'est très stimulant de pouvoir aller les aider, de se mêler à eux. »
« Aider les gens m'apporte un sentiment de bien-être. Un voyage humanitaire, ça te sort de ton quotidien, a renchéri Audrey. Chaque petit événement doit te déboussoler. »
Pour adhérer au projet, les candidats devaient notamment soumettre une lettre décrivant leurs motivations. Un comité de sélection a tranché. Les préparatifs se sont ensuite échelonnés durant plus de cinq mois. Question de briser la barrière de la langue, les étudiants suivent des cours d'espagnol. Ils prennent également part à des séances d'information sur le Guatemala, a indiqué Isabelle Lamontagne, animatrice de pastorale et accompagnatrice lors du voyage. 
Ouverture
Isabelle Lamontagne faisait partie du voyage au Pérou en 2015. Elle a constaté de nombreuses retombées positives sur les élèves qu'elle accompagnait. « [Le collège] s'implique déjà dans la communauté à Granby. En faisant ces voyages, on veut permettre aux jeunes d'élargir leurs horizons en découvrant les façons de vivre ailleurs sur la planète, a-t-elle fait valoir. Ça leur amène aussi beaucoup d'ouverture sur les autres cultures. Les élèves sont revenus du Pérou transformés. Ce sera certainement la même chose après le Guatemala. »
Luc Lessard, professeur de français au collège, sera aussi du périple en tant qu'accompagnateur. Outre l'objectif de voir du pays, il a décidé de plonger dans l'aventure pour « enlever ses oeillères ». « C'est certain que l'on ne s'attend pas à un voyage confortable en hôtel. Ce n'est pas le but. On s'attend à faire face à une société moins privilégiée que la nôtre. Dans mon cas, ce sera l'occasion de pratiquer ma tolérance envers les gens d'ailleurs, mais surtout auprès des immigrants. Je crois que je ne les verrai plus comme des envahisseurs, mais plus comme des alliés qui veulent améliorer leur sort, leur qualité de vie. Personne ne peut leur en vouloir pour ça. »
Travail et immersion
Tant dans leurs préparatifs qu'en Amérique latine, le groupe est supervisé par l'organisme Tous les enfants de l'autre monde (TEAM), spécialisé dans les périples humanitaires depuis 2004. Mais n'allez pas croire que les jeunes se la couleront douce sous le soleil. « Il y aura bien une journée de visite d'un village typique de là-bas. Mais pour le reste, ce sera du travail », a assuré Isabelle Lamontagne.
Ainsi, la troupe passera sa première nuit en auberge. Question de favoriser une meilleure immersion des jeunes dans la communauté, ils seront ensuite accueillis par petits groupes dans des familles. Côté boulot, ils s'affaireront à construire des planchers dans des maisons du secteur, qui sont érigées sur la terre battue. Des travaux de peinture dans des écoles d'Antigua sont aussi au menu.« Contrairement au Pérou où le climat est plutôt sec, le Guatemala est très humide. Tout se dégrade rapidement. On va donner un coup de pouce aux gens pour redonner un peu d'éclat à leurs bâtiments. Ça va certainement inciter les parents à inscrire davantage leurs enfants [à l'école] », a indiqué l'animatrice de pastorale.
Donner au suivant
Au cours des derniers mois, les élèves ont amassé une foule d'objets qu'ils redonneront à leurs familles d'accueil : jouets, ballons, matériel scolaire et produits d'hygiène, entre autres. En fait, chacun des voyageurs aura une seconde valise destinée à transporter tous ces items. « Pour nous, ce sont de petites choses. Mais pour des gens qui vivent dans la pauvreté, recevoir des crayons et des produits de santé, c'est extraordinaire », a laissé tomber Cloé. 
Une collecte de fonds permettra aux jeunes de défrayer les coûts des matériaux pour les travaux à réaliser durant leur périple. Au Pérou, le groupe avait redonné près de 2000 $ à la communauté. Au retour, une collecte de denrées pour SOS Dépannage est prévue. « On va au Guatemala pour aider les autres. Mais, c'est surtout pour faire prendre conscience aux élèves l'importance d'appliquer ce que le voyage leur aura appris ici, dans leur vie de tous les jours, a dit Isabelle Lamontagne. Il y a des gens dans le besoin à Granby et c'est important de les soutenir. »