Reina St-Onge, de Horizon pour Elles, et Chantal Brassard, du CALACS.

Une marche pour rejoindre celles que l'on voit moins

Lors de la marche prévue dans le cadre de la Journée d'action contre la violence sexuelle faite aux femmes le 15 septembre prochain, le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) invite les participants à porter du noir. L'événement ne se veut pas sombre pour autant. Ce jour-là, on mettra en lumière le vécu invisible de femmes issues de la diversité.
Selon les statistiques, les femmes handicapées physiquement, atteintes de déficience intellectuelle, immigrantes ou réfugiées, lesbiennes ou bisexuelles sont plus à risque d'être agressées sexuellement au cours de leur vie que toutes autres femmes. La réalité de celles-ci préoccupe les divers groupes de femmes qui luttent pour l'égalité et l'équité de chacune. D'où l'idée cette année pour la Coalition des groupes de femmes de la Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi de parler de cette réalité encore tabou.
« Les femmes issues de la diversité, on les entend moins », souligne Chantal Brassard du CALACS de Granby. On arrive moins à les rejoindre. »
La barrière de la langue, l'isolement, la pauvreté, la dépendance vis-à-vis l'agresseur, la peur de ne pas être crues sont autant de raisons qui font obstacle quand vient le temps de demander de l'aide. 
« On veut donc sensibiliser ces femmes au fait qu'on est là pour elles et avec elles », insiste Reina St-Onge, intervenante chez Horizon pour Elles, à Cowansville.
Ainsi, au terme de la marche qui débutera à 19 h 15 après le rassemblement et le mot d'ouverture, six courts témoignages seront présentés aux participants. Par exemple, une femme atteinte de déficience intellectuelle, une dame immigrée qui voulait de l'avancement au travail et une autre qui se questionnait sur son orientation sexuelle partageront leur vécu.
« On souhaite mettre en évidence une réalité qu'on ne voit pas, mais qui est bien présente », indique Mme St-Onge.
Toujours pour marquer ce phénomène d'invisibilité, les marcheurs et les marcheuses porteront, derrière la tête, un masque blanc. « Pour rendre visible ce qui est invisible, poursuit l'intervenante. Il faut que les choses soient dites, nommées et dénoncées. »
Nouveauté
En plus de vouloir créer un impact visuel fort en jouant avec le noir et blanc, les organisatrices de la marche souhaitent que celle-ci se fasse en silence cette année. Par ce silence, les groupes de femmes souhaitent inspirer le respect et permettre une réflexion.
« On veut créer un nous fort, illustre Chantal Brassard. Ça va être prenant, simple, mais efficace. »
En signe de solidarité envers les victimes et les survivantes d'agressions sexuelles, des chandelles blanches seront également remises aux gens présents. Les hommes, les femmes et les familles sont invités à participer à cette 36e Journée d'action contre la violence sexuelle faite aux femmes. Le rassemblement a lieu dès 18 h 30 au parc Victoria de Granby. La marche de 2 km et l'ensemble des activités prendront fin vers 20 h 30.