Jocelyn Guilbault présente ses oeuvres à la galerie Art plus de Sutton jusqu'au 26 avril prochain.

Une exposition hors du commun

Un immense lion trône devant l'autel, un chimpanzé montre ses rides et un rhinocéros observe celui qui l'observe. La galerie Art Plus de Sutton accueille jusqu'au 26 avril une exposition hors du commun. 
L'artiste, Jocelyn Guilbault, ne travaille en effet pas avec l'acrylique et le canevas, mais plutôt avec des crayons de cire. «Je prends des crayons de cire Crayola et je les fais fondre, explique M. Guilbault. J'obtiens mes nuances en mélangeant peu de couleurs finalement. Je me sers beaucoup du blanc et du noir et j'obtiens des nuances beaucoup plus fines qui font parler les images.»
Basant son travail sur des photographies, il fait fondre et goutter la cire à nouveau, avec un pyrograveur, sur du papier ou un panneau de masonite, et il l'étend comme il le désire. Le résultat donne une densité impossible à obtenir avec la cire froide.
Comment en est-il venu à utiliser la cire pour créer? «C'est un accident, dit-il en riant. Je suis un artiste wannabe. J'ai travaillé d'abord avec de la gouache, tout bêtement, l'aquarelle, du pastel... À un moment donné, j'avais le goût d'essayer autre chose et, par hasard, j'avais une boîte de crayons de cire à côté de moi. J'ai travaillé avec de la cire à froid en premier.»
Frustré dans sa recherche de densité des couleurs, c'est là qu'il a commencé à faire fondre de la cire. Avec un fer à repasser, d'abord, puis avec un pyrograveur.
Des oeuvres quisemblent être en vie
Jocelyn Guilbault possède une telle maîtrise de ses couleurs et de sa technique que ses oeuvres semblent être en vie. Outre les animaux, il a exploré les planètes, réalisé un autoportrait et une série de bols à la Andy Warhol.
L'artiste a déjà exposé en 2000, à Montréal, et a participé à quelques expositions collectives depuis. «Je suis très fier, je suis bien content. C'est fichtrement bien servi ici», note-t-il, des étoiles dans les yeux.
Derrière lui, la pièce maîtresse, Un lion indifférent vous regarde, est montée sur un échafaudage. M. Guilbault et la propriétaire de la salle d'exposition, installée dans une ancienne église, ont travaillé quelques heures pour trouver un moyen de l'accrocher. Finalement, il était inutile de tenter de cacher l'échafaud puisqu'il sert l'oeuvre. Le lion semble être dans une cage ouverte.
Son créateur compte continuer à explorer et peut-être se rediriger vers l'abstrait.
Le propriétaire de la galerie d'art, Brigitte Normandin, dit avoir été épatée par les oeuvres du Suttonais. «Je n'ai jamais vu ça. Je trouve ça extraordinaire. Je trouve que cet artiste-là a du coeur au ventre et travaille de manière passionnée et détaillée. Il gagne à être connu.»