Alain Dumas a enregistré récemment On n'a pas toujours les Noëls qu'on veut, une chanson remplie d'espoir pour un Noël de paix et de santé, avec le jeune Jean-Gilles Gadoury, qui mène actuellement son deuxième combat contre le cancer, et la petite réfugiée syrienne Nadine Al Hasan.

Une chanson porteuse d'espoir

«On n'a pas toujours les Noëls qu'on veut. On a bien souvent les Noëls qu'on peut.»
Voilà le sage refrain d'une touchante chanson qui sera présentée pour la première fois à la radio jeudi. Une chanson remplie d'espoir pour un Noël de paix et de santé. Une chanson interprétée par Alain Dumas, Jean-Gilles Gadoury et une petite réfugiée syrienne arrivée à Granby en février dernier, Nadine Al Hasan.
«Cette chanson est du regretté compositeur belge Jean Vallée, explique Alain Dumas. Elle m'a été offerte par sa femme après l'hommage qui m'a été fait, en juin dernier, pour mes 25 ans d'implication auprès d'Opération Enfants Soleil. Sa version originale fait référence aux enfants qui vivent en zone de guerre, mais j'ai demandé à en adapter un couplet pour rejoindre aussi la cause des enfants malades. De toute façon, je trouve que dans les deux cas, il s'agit d'un combat pour la vie. »
Le porte-parole d'Enfants Soleil avait déjà en tête de faire appel à Jean-Gilles Gadoury pour l'enregistrement de la chanson. Il connaît le garçon de 11 ans depuis quelque temps déjà, ayant collaboré à divers projets avec lui, notamment au Téléthon Enfants Soleil. Résidant de Bedford, Jean-Gilles Gadoury livre actuellement un deuxième combat contre le cancer. «Il représente, en quelque sorte, tous les enfants malades sur cette chanson», illustre
M. Dumas.
Dans la même veine, ce dernier a fait appel à l'organisme SERY pour dénicher un enfant qui pourrait représenter tous ceux qui sont victimes de violence. Il est tombé sous le charme de la petite Nadine, sept ans. Originaire de la ville de Edlib, à une quinzaine de minutes d'Alep, elle a malheureusement été trop bien placée pour connaître les horreurs de la guerre.
Le petite Syrienne joindra également les rangs des Enfants Soleil au prochain téléthon, puisqu'elle souffre d'un dysfonctionnement important du foie et de la rate - une maladie qui s'appelle bêta-thalassemie majeure - et qui la force à recevoir des transfusions sanguines tous les mois.
«On n'a pas toujours les Noëls qu'on veut, c'est un peu un hymne à la vie, à la fragilité de la vie, dit Alain Dumas. Moi, j'ai la chance d'avoir des souvenirs extraordinaires de mes temps des Fêtes. Mais on n'a pas tous la même chance. Et, en fait, je crois qu'on apprécie davantage Noël quand on réalise qu'on n'a pas tout dans la vie.»
La chanson, enregistrée il y a environ six semaines, pourra être entendue pour la toute première fois jeudi matin, sur les ondes de Rythme FM Estrie. Elle sera ensuite distribuée à la grandeur du réseau et peut-être à d'autres stations. «Je tenais d'abord à faire ce cadeau à l'Estrie», laisse savoir celui qui habite Lac-Brome depuis quelques années.
Une captation vidéo a également été faite. Celle-ci est disponible depuis quelques jours déjà sur YouTube.
Quatre autres petits Syriens se sont joints au trio de base pour faire les choeurs.
Un premier Noël pour Nadine
De confession musulmane, Nadine Al Hasan n'a jamais célébré Noël. Mais cette année, elle compte bien se joindre aux festivités, du moins aux activités qui se feront à son école. Ses parents, très ouverts, l'y encouragent fortement. Ce qu'elle aimerait pour ce premier Noël? «Un cadeau», répond-elle dans un français meilleur de jour en jour, même si une interprète est encore parfois nécessaire.
«Un seul?», lui a-t-on demandé.
«Oui», réitère-t-elle d'un ton assuré.
«Et qu'aimerais-tu?»
«Un cadeau de princesse.»
Avec son sourire et ses yeux pétillants, sa grande résilience et son esprit vif, elle est la plus belle des princesses, aurait-on dû lui dire. Marie-Ève Lambert
Des nouvelles de Jean-Gilles
Il y a deux mois, Jean-Gilles Gadoury a reçu sa deuxième greffe de moelle osseuse. Depuis, il fait la navette entre Bedford et l'hôpital, où il a des rendez-vous deux fois par semaine pour valider que tout va bien. Jusqu'à présent, les nouvelles sont bonnes. Et il se croise les doigts pour que cette fois soit la bonne et qu'il puisse enfin tourner la page sur cette période difficile. Il se réjouit par le fait même face à la perspective de passer un temps des Fêtes à la maison, même si ce sera plutôt tranquille. «Je sais c'est quoi vivre Noël à l'hôpital. J'y ai passé les deux derniers et j'ai trouvé ça très difficile...», admet-il.
En raison d'un système immunitaire encore affaibli, il ne pourra prendre part à aucun party. «On va probablement quand même se faire un petit réveillon avec ma famille proche, mes parents, mon frère, mon chat. C'est vraiment ça la plus belle chose: d'être entouré des gens qu'on aime et qui nous aiment», dit-il, reconnaissant. Marie-Ève Lambert