Les politiques de rémunération doivent refléter la nature internationale de l'entreprise, de même qu'«aligner le salaire sur la performance», soutient M. Monty. 

Une autre année en montagnes russes pour Bombardier

Bombardier (TSX:BBD.B) tourne la page sur une autre année en montagnes russes ponctuée à la fois d'avancées pour son avion commercial CSeries et de deux restructurations majeures touchant quelque 14 500 postes à travers le monde.
Mais au-delà de tous les efforts de redressement mis de l'avant par le grand patron du constructeur d'avions et de trains, Alain Bellemare, une question demeure en toujours en suspens: est-ce que le gouvernement Trudeau finira, comme Québec, par appuyer l'entreprise en acceptant sa demande d'aide de 1 milliard $ US ?
«C'est une question persistante parce que je crois que l'entreprise a vraiment besoin de cet argent», estime l'analyste Richard Aboulafia, de la firme américaine Teal Group, au cours d'un entretien téléphonique.
Après plus d'un an de discussions, ce dossier largement médiatisé pourrait finalement aboutir au cours des prochains mois, le premier ministre Justin Trudeau ayant récemment dit espérer pouvoir effectuer une annonce à ce sujet d'ici le prochain budget fédéral, qui devrait être déposé au printemps.
Bien que Bombardier prévoie une forte croissance de ses profits en 2017, notamment grâce à ses restructurations majeures, M. Bellemare a indiqué, le 15 décembre lors d'une journée des investisseurs à New York, qu'un coup de main du fédéral demeurait nécessaire. Cela permettrait à Bombardier, avait-il dit, d'avoir une plus grande marge de manoeuvre financière pour affronter des risques inattendus ou pour développer son prochain avion.
Après les retards et dépassements de coûts du programme CSeries - dont la facture a grimpé à 5,4 milliards $ US - Bombardier a débuté les livraisons de son nouvel avion, ce qui, selon le professeur Mehran Ebrahimi, directeur du groupe d'études en management des entreprises en aéronautique à l'UQAM, «change la donne», étant donné que de l'argent commence finalement à entrer dans les coffres de la société.
À l'instar de nombreux observateurs, celui-ci estime qu'à terme, Bombardier aura besoin d'une version de la CSeries capable de transporter plus de 160 passagers et que la multinationale aura besoin d'un coup de pouce du fédéral pour passer à l'étape suivante.
«Je pense que l'entreprise n'a pas les reins assez solides pour se lancer dans la conception et le développement de cet avion, affirme M. Ebrahimi. Ce milliard de dollars attendu pourrait accélérer le processus.»
En novembre dernier, lors de la livraison du premier CS300 à airBaltic, M. Bellemare avait affirmé qu'il était trop tôt pour se lancer dans le développement d'une version allongée de la CSeries. Cela ne l'avait toutefois pas empêché de lancer qu'il était temps de réfléchir à ce qui pourrait être envisagé en 2018 une fois le développement du nouvel avion d'affaires Global terminé.
Plus de stabilité à venir
Entre-temps, au terme de deux autres importantes restructurations, MM. Aboulafia et Ebrahimi s'attendent à ce que les 12 prochains mois soient un peu plus stables pour Bombardier, et ce, même si M. Bellemare désire continuer à réduire les coûts de la compagnie.
«Des décisions douloureuses ont été prises, mais au moins, l'entreprise n'est pas sur le chemin d'un échec assuré, analyse M. Aboulafia. Avant l'arrivée de M. Bellemare, Bombardier n'allait nulle part. Il a passé l'année à faire ce qui devait être fait pour donner une chance à la société.»
M. Ebrahimi croit que les deux restructurations ont permis de «calmer les marchés financiers», ajoutant qu'il devrait y avoir moins d'imprévus puisque l'entreprise tourne la page sur la phase de développement et accélère sa production de CSeries.
Outre une commande pour deux CS300 obtenue auprès du gouvernement de la Tanzanie, l'avionneur n'a décroché aucune commande d'envergure depuis celles d'Air Canada (TSX:AC) et de Delta Air Lines au printemps.
Avec 360 commandes fermes pour son nouvel avion, de nouveaux contrats ne sont pas essentiels à court terme, estiment les deux observateurs.
«Ils sont en bonne posture de ce côté, croit l'analyste du Teal Group. Bien entendu, les commandes supplémentaires sont toujours positives, puisqu'elles changent positivement les perceptions des investisseurs.»
M. Aboulafia estime toutefois que Pratt & Whitney, le fabricant du moteur de la CSeries, devra résoudre ses problèmes de production. Autrement, il s'agira d'un autre obstacle pour stimuler les ventes de l'avion.
Par ailleurs, l'analyste prévient que la marge de manoeuvre est bien mince pour Bombardier.
«À chaque fois que le marché des avions d'affaires se détériore, cela complique l'objectif de la compagnie, explique M. Aboulafia. Pour moi, c'est une question d'argent. Est-ce que l'entreprise a les reins assez solides pour continuer à dépenser de façon significative au cours des quatre prochaines années?»
En 2017, Bombardier s'attend à une croissance d'un à trois pour cent de ses revenus consolidés alors que l'utilisation des flux de trésorerie devrait s'améliorer et s'établir entre 750 millions $ US et 1 milliard $ US.
Les profits avant intérêt et impôts devraient atteindre entre 530 millions $ US et 630 millions $ US, ce qui représente une amélioration d'environ 50 pour cent d'une année à l'autre, si on considère le milieu de cette fourchette.
Division transport: un accord-cadre en Autriche
Par ailleurs, Bombardier Transport a conclu cette semaine un accord-cadre avec les Chemins de fer fédéraux autrichiens (ÖBB) pour livrer jusqu'à 300 rames de trains régionaux et de banlieue, un contrat qui pourrait atteindre environ 1,8 milliard d'euros (1,9 milliard $ US).
Dans un communiqué publié jeudi, la division ferroviaire de Bombardier soutient que la première commande ferme liée à cet accord porte sur 21 rames automotrices électriques «Talent 3», évaluée à environ 156 millions $ US.
Bombardier (TSX:BBD.B) ne précise pas le prix effectivement payé par ÖBB pour ces rames de trains.
La compagnie montréalaise a indiqué que «grâce à ses larges caisses, le Talent 3 offre jusqu'à 50 pour cent plus de capacité en places assises par rapport aux rames de la génération précédente».
Quelques 1400 rames de la famille Talent sont déjà en service en Europe et au Canada, dont 187 véhicules sont exploités par le groupe ÖBB en Autriche, précise Bombardier.
Les nouveaux trains, qui doivent être livrés en 2019, relieront les zones rurales et urbaines dans la région du Vorarlberg.
Bombardier Transport emploie 550 personnes à ses installations de Vienne, en Autriche.