Le Centre de soutien au réseau familial a annoncé hier l'ouverture officielle de son relais-répit et d'un tout nouveau programme destiné aux aidants qui font partie de la «génération sandwich». Sur la photo, on aperçoit sa directrice générale, Suzanne Tardif.

Une aide pour la «génération sandwich»

Le Centre de soutien au réseau familial (CSRF) a profité de la Semaine des aidants naturels pour procéder à l'ouverture officielle de son relais-répit et lancé le tout nouveau programme destiné aux aidants de la «génération sandwich», ces personnes âgées de 45 à 64 ans qui vivent avec des enfants et s'occupent d'un parent âgé.
Le Centre a obtenu un budget de 145 000 $ par année pendant trois ans du gouvernement du Québec et de la Fondation Chagnon pour offrir des services aux aidants qui, en plus de s'occuper de leurs enfants et d'être sur le marché du travail, veillent sur des parents âgés en perte d'autonomie. Ces gens ne pouvaient pas participer aux ateliers offerts par le CSRF sur la prévention de l'épuisement, l'accompagnement en fin de vie et la maladie d'Alzheimer, entre autres., parce qu'ils sont donnés pendant la journée en semaine, alors qu'ils sont au boulot.
La directrice générale du Centre, Suzanne Tardif, insiste sur l'importance de joindre les personnes qui commencent tout juste à s'occuper d'un proche avant qu'elles soient épuisées. «Selon les statistiques, les gens attendent environ sept ans avant de demander de l'aide, alors que la santé de la personne qu'ils soutiennent a vraiment décliné. Notre but, c'est de rejoindre les gens de bonne heure pour réussir à prévenir l'épuisement», dit-elle.
«C'est triste de voir des gens laisser leur travail ou réduire leurs heures de travail pour s'occuper d'un proche», ajoute-t-elle.
Devenir aidant naturel, c'est aussi souvent une course à obstacles pour des gens qui doivent conjuguer vie de famille, travail et soutien à la personne. Sandra Théberge, la fille d'une aidante, est justement venue témoigner de cela. Ses parents hébergent à la fois sa grand-mère, atteinte de la maladie d'Alzheimer, et la tante qui s'en occupait. Comme sa mère travaille le soir et sa tante le jour, ça assurait une permanence pour veiller sur l'aînée. «Ma mère avait juste quatre heures de sommeil par nuit avant de prendre le relais pour s'occuper de sa mère. Ça a toffé comme ça pendant deux ans. Il y a quelques mois, on a profité du relais-répit. On reçoit l'aide à domicile quelques fois par semaine, c'est très apprécié», témoigne-t-elle.
Du répit
Le centre offre aussi un service de relais-répit, qu'il proposait avant dans d'autres locaux, qui permet à des personnes aidées de se regrouper dans un local pour participer à différentes activités: cuisine, bricolage, activités physiques adaptées et musique. «Ce qui reste le plus longtemps en mémoire chez les personnes qui ont des problèmes cognitifs», rappelle Suzanne Tardif. Ces activités brisent l'isolement des personnes en grande perte d'autonomie, tout en permettant à la personne qui les aide de prendre un peu de repos.
Normand Roy, directeur du service de répit et de soutien au CSRF, aimerait éventuellement que le Centre puisse bénéficier d'un minibus pour aller chercher et reconduire les participants, le manque de moyen de transport empêchant certaines personnes de participer aux ateliers. Les gens atteints de la maladie d'Alzheimer doivent absolument être accompagnés pour utiliser le transport adapté, ce qui complique aussi les choses.
Tous les détails dans notre édition de samedi