Le projet commercial consisterait, entre autres, en l'agrandissement de l'épicerie Super C et en la démolition de l'ancienne succursale de la Société des Alcools du Québec, pour laisser place à l'érection d'une station-service.

Un projet de 4 millions à Saint-Césaire?

Un important projet commercial, estimé à quatre millions de dollars, est dans l'air à Saint-Césaire. Celui-ci est toutefois conditionnel à un changement de zonage afin de modifier les usages permis dans un secteur situé à l'entrée nord du centre-ville.
Le responsable de l'urbanisme de la municipalité, Jonathan Massicott­e, a présenté aux citoyens présents dans la salle du conseil, mardi soir, les grandes orientations des modifications à apporter au plan d'urbanisme. Parmi les préoccupations du conseil, la protection de l'eau potable et des milieux humides, de même que la revitalisation du centre-ville et, particulièrement, de la route 112 qui traverse le coeur du village, faisaient partie des enjeux prioritaires.
En ce sens, un projet de règlement modifiant le règlement de zonage et visant à permettre l'exploitation d'un poste d'essence dans la zone située au nord du centre-ville a été présenté aux citoyens. Le conseil étudie la question en réaction à une demande qui lui a été formulée, a pris la peine de souligner l'urbaniste.
Selon les informations partagées en assemblée, le projet commercial en question représenterait, à son terme, des investissements de quatre millions de dollars au village. Il consisterait, entre autres, en l'agrandissement de l'épicerie Super C qui s'y trouve, et en la démolition de l'ancienne succursale de la Société des Alcools du Québec, pour laisser place à l'érection d'une station-service. La succursale de la Banque Nationale, adjacente à l'endroit, diminuerait pour sa part de superficie, a-t-on appris également.
Comme le promoteur attend le changement de zonage pour déposer officiellement son projet à la municipalité, les élus n'ont pas pu élaborer davantage sur celui-ci ni révéler l'identité des entrepreneurs à l'origine de la demande. Il nous a toutefois été permis d'apprendre qu'il s'agit de l'actuel propriétaire des lieux. Celui-ci n'a pas retourné l'appel logé par La Voix de l'Est à sa place d'affaires, à Brossard.
Interrogations
Plusieurs citoyens se sont montrés dubitatifs quant à la possibilité d'accueillir une quatrième station-service sur un tronçon d'environ deux kilomètres de la 112, surtout parce que certaines ont fait faillite au cours des dernières années. 
« N'avez-vous pas peur que la compétition en fasse fermer d'autres et qu'on se retrouve au même point ? » a-t-on demandé. « Il y a mieux qu'une station d'essence pour revitaliser le centre-ville », a commenté un autre citoyen.
Des interrogations qu'attendaient les élus, surtout qu'ils les ont partagées au moment d'accueillir la demande du promoteur.
« On a eu une bonne discussion au conseil, a révélé le maire Guy Benjamin. On est conscients qu'il y a déjà trois stations d'essence sur la 112, mais (...) nous sommes arrivés à la conclusion que c'est un projet important et qu'il vaut la peine d'être étudié. De plus en plus de gens circulent sur la 112. »
« C'est un projet d'envergure pour la 112, a renchéri le conseiller Denis Chagnon. Dans le milieu, tout le monde se connaît. Si on dit non, ça va circuler qu'il n'y a rien à faire à Saint-Césaire. Si on veut que Saint-Césaire continue à grandir, il faut penser au futur. »
Revitalisation
Les élus sont également d'avis que l'ajout d'une nouvelle bannière, en format libre-­service, ne nuirait pas aux deux stations-services plus petites, mais qui offrent le plein avec service. 
« Ce sont deux clientèles différentes », explique M. Chagnon. 
Son collègue Jean-Claude Fortin a pour sa part comparé la situation à celle qui prévaut au coeur d'Ange-Gardien, ou plusieurs bannières sont présentes et parviennent à faire leurs frais. 
M. Massicotte a également souligné que le conseil a demandé - et obtenu- des statistiques sur la viabilité économique des postes d'essence de la municipalité et que les volumes d'essence vendus indiquent qu'il y aurait de la place pour un nouveau joueur.
En outre, le conseil est d'avis qu'un tel projet pourrait relancer la revitalisation du centre-ville.
 « S'il y a quelqu'un qui arrive et qui modernise son commerce, ça va inciter les autres à suivre la parade », a avancé M. Chagnon.
« Ces gens-là ont vu un potentiel dans l'endroit ; autrement, ils ne voudraient pas y investir quatre millions », a souligné le maire Benjamin.
Les personnes intéressées, situées dans les zones contigües à celle où se trouvera le futur poste d'essence, seront invitées à signer un registre s'ils souhaitent la tenue d'un référendum sur la question. 
Les détails seront inscrits dans un avis public qui sera diffusé le 21 juin prochain.