Le temps d'un été, j'ai travaillé au Parc Safari à Hemmingford. Mon mandat était de faire plaisir aux enfants en leur préparant notamment de la barbe à papa, comme en fait foi cette photo.

Un été sucré au Parc Safari

Pendant tout un été, c'est au Parc Safari à Hemmingford que j'ai occupé un de mes premiers emplois. Mon travail était d'une grande simplicité: faire plaisir aux enfants en leur préparant barbe à papa, maïs soufflé et cornet glacé!
Pendant tout un été, c'est au Parc Safari à Hemmingford que j'ai occupé un de mes premiers emplois. Mon travail était d'une grande simplicité: faire plaisir aux enfants en leur préparant barbe à papa, maïs soufflé et cornet glacé!
L'idée de m'éloigner du nid familial le temps d'un été était celle de mes parents. Ils voyaient là une occasion rêvée pour moi de perfectionner mon anglais en baignant dans un environnement où la langue de Shakespeare était prédominante. Et quoi de mieux que d'apprendre en travaillant, disaient-ils.
Au terme d'une clinique d'embauche et d'une entrevue, j'ai décroché un emploi. Puisque j'avais déjà de l'expérience dans le domaine de la restauration, acquise en travaillant dans une rôtisserie familiale bien connue à Granby, c'était tout naturel de me confier des tâches similaires ou presque.
C'est dans un petit kiosque aménagé à deux pas des manèges du parc que j'ai travaillé pendant les chaudes semaines de l'été. Mon travail était de confectionner la barbe à papa que je tournais autour d'un bâtonnet en carton blanc, de faire cuire le maïs soufflé juste à point et servir les cornets glacés à diverses saveurs.
En plus de voir à ne pas manquer de ces gâteries, je devais servir la clientèle, principalement composée d'enfants et de leurs parents parfois traînés par leur marmaille jusqu'au comptoir venus prendre une pause sucrée ou salée en commandant au passage quelques boissons rafraîchissantes.
Après quelques jours, la barbe à papa n'avait plus aucun secret pour moi. Saviez-vous que ce n'est que du sucre coloré qui se transforme en ouate sucrée? Et que si on remplissait beaucoup trop le récipient de sucre, on en était bombardé au moment de mettre la machine en fonction...? Ça pince des granules de sucre!
Quand les clients étaient moins nombreux, chassés par la pluie, mon collègue Justin un boute-en-train et moi nous lancions le défi de préparer la plus grosse barbe à papa. Au final, elle était si immense qu'il était impossible de l'ensacher, à notre plus grand plaisir! Pas le choix de la manger...
L'entreprise touristique accordait une grande importance au service à la clientèle. On avait tous été avertis que des clients mystères viendraient nous évaluer à un moment ou un autre durant la saison. De mémoire, j'avais passé le test. À tout le moins, je n'avais pas été convoquée au bureau, ce qui était bon signe!
La popularité du cotton candy bleu ou rose ne se démentait pas, jour après jour. Lors des journées ensoleillées où les clients se multipliaient à la vitesse grand V, on n'avait plus aucun sac en réserve. Même à deux employés, on avait de la difficulté à répondre à la demande.
On avait beaucoup de plaisir à travailler ensemble, cet anglophone et moi. On formait un duo d'enfer. Le contact avec les clients était tout aussi super. L'ambiance de travail fort agréable.
En travaillant à des dizaines de kilomètres de chez moi, une partie de ma paie qui était le salaire minimum si ma mémoire m'est fidèle me permettait d'acquitter mon loyer, soit une petite chambre que je louais dans la maison de Stella, une vraie grand-maman qui avait également le mandat de me conduire au boulot!
Avec le reste des sous, je me gâtais, comme la plupart des ados de mon âge. Nous étions des dizaines de jeunes à travailler dans ce parc animalier. Il va sans dire que les rassemblements festifs ont été nombreux cet été-là avec la gang composée des employés de tous les départements.
Je conserve une tonne de merveilleux souvenirs. Même la barbe à papa collée dans mes cheveux ou l'odeur du maïs soufflé imprégné à mes vêtements me font sourire quand j'y repense. Ce fut une excellente expérience professionnelle.
Mon emploi du Parc Safari n'a duré qu'un seul été. J'y suis retournée quelques années plus tard pour le visiter. Vous devinez que je me suis délectée d'une barbe à papa. Aussi délicieuse que dans le temps. Encore aujourd'hui, la barbe à papa demeure un incontournable dans les foires agricoles. Mon plaisir coupable, quoi. À coup sûr, je voyage dans le temps en savourant cette mousse sucrée.
Et mon anglais dans tout ça? J'espérais qu'on oublie la question. En toute honnêteté, je suis à peine un peu plus bilingue qu'il y a 16 ans!