Toé pi moé!

Premièrement : pour trouver ces mots dans le dictionnaire, il vous faudra chercher longtemps.
Même le Furetière (2e volume) n'en parle pas et, pourtant, il date du XVIIe siècle. 
On ne trouve que toi et moi dans les dictionnaires d'aujourd'hui.
Alain Rey, dans sa dernière publication sur l'histoire et l'origine des mots, souligne qu'on disait « mi » et « mé » au Moyen-Âge. Quelqu'un m'avait précisé que c'était une caractéristique d'une certaine région du nord de la France qui serait parvenue jusqu'à nous avec nos ancêtres de Bretagne et de Normandie.
Deuxièmement : j'aimerais vous faire remarquer que le « moé », si vous voulez le conserver, doit se dire en dernier. 
Je m'explique. 
C'est par gentillesse ou politesse qu'on doit avoir le « moi » après les autres.
Voici quelques exemples.
Ma soeur Monique et moi sommes d'accord avec vous.
Vous et moi, nous nous entendons très bien.
Monsieur le maire et moi pouvons avoir des divergences d'opinions sans être des ennemis.
Toi et moi formons un duo inégalé.
Troisièmement : pourquoi donner du « tu » à tout le monde ? 
Il y a une expression qui dit : « Je n'ai pas gardé les vaches avec vous. »
Le « tu » se permet ou se donne à ceux et celles qu'on connaît bien et qui nous sont familiers, à savoir les amis et les amours. On m'a déjà dit que cela faisait prétentieux de dire « vous » et que le « tu » mettait en confiance. Le « vous » est poli et les deux se retrouvent dans presque toutes les langues au monde.
J'en entends qui vont me dire « mais les Anglais disent you qui veut dire tu ». 
« Ben non ! »
« Hein ! Comment ça ben non ? » et moi de répondre « Il y a plus de 100 ans les écrivains de langue anglaise ont fait disparaître leur « tu » et ont gardé leur « vous » ». 
On conjuguait le verbe aimer ainsi :
I love, thou love, he or she loves, we love, you love, they love. 
Si un jour vous lisez Shakespeare ou un autre auteur, vous y trouverez du « thou » un peu partout.
Il suffit de faire un choix et d'y tenir. 
Ce n'est pas snob, ni prétentieux de donner du « vous » à quelqu'un. C'est poli, c'est gentil et peut-être que la personne vous donnera ainsi la permission de lui dire « tu » un jour prochain.
À vous, mes lecteurs, un sincère bonjour,