Un chèque de 16 125$ a été remis au Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska et un autre de 5375$ au Centre Providence grâce au spectacle-bénéfice T'es important pour nous, organisé par la famille Vary. Sur la photo: Martial Vary, Lorraine Deschênes, présidente du CPSHY, Myriam Lussier, du Centre Providence, et René Beauregard.

T'es important pour nous: 21 500 $ pour la prévention du suicide

Yves Bélanger était sceptique lorsqu'on lui a parlé de faire un spectacle au profit de la prévention du suicide et de remplir l'aréna de Waterloo. Non seulement ses doutes ont été balayés du revers de la main, mais le spectacle T'es important pour nous a été un réel succès. Les billets vendus et les commanditaires ont permis d'amasser 21 500 $.
Ce spectacle, qui a eu lieu le 3 juin dernier, accueillait de nombreux groupes de musique, dont Ré-Flex, sorti de sa retraite pour l'occasion. L'organisation d'un tel événement faisait écho au suicide de Benoit Vary.
« C'était une bouffée d'énergie incroyable, raconte en entrevue Martial Vary, le frère de Benoit. On se remet toujours en question. On a toujours des doutes, mais quand on a vu tout le monde venir comme ça, la réponse des gens, leur feedback... C'est dur d'expliquer ce qui s'est passé ce soir-là. Fallait être là pour le vivre. C'était au-delà de tout ce qu'on pouvait espérer. »
Les doutes de M. Vary et de sa famille concernaient la quantité de musiciens - il n'y a pas eu de générale en raison du trop grand nombre de personnes impliquées - et l'enchaînement des pièces et des groupes, notamment. La solution a été d'installer deux batteries sur la scène, une gauchère et une droitière, pour qu'il n'y ait pas d'instruments à déplacer. Aussi, la basse et l'amplificateur de Benoit Vary étaient utilisés en hommage au musicien qu'il était.
René Beauregard, maire de Saint-Joachim-de-Shefford et musicien, a participé au concert qui a rempli l'aréna. « Tout ça est parti d'une idée et je ne pensais pas que ça allait être aussi gros. Je croyais qu'on allait faire la Maison de la culture de Waterloo, mais on a fait l'aréna ! », a-t-il dit.
Le directeur du Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska (CPSHY), Yves Bélanger, n'y croyait pas tout à fait. « Je me suis dit que si on avait 2000 $, ça serait ça. Mais 21 500 $ ! »
Un chèque de 16 125 $ a été remis au CPSHY et un autre de 5375 $ au Centre Providence du Centre hospitalier de Granby. Dans le premier cas, l'argent servira à financer la formation de nouvelles sentinelles. « On veut qu'ils deviennent des gens avertis, qu'ils aient le coeur et les yeux ouverts, évoque Lorraine Deschênes, présidente du CPSHY. Plus il y aura de sentinelles, plus on préviendra de suicides. »
Dans le cas du Centre Providence, l'argent servira à mener à bien plusieurs projets pour augmenter l'offre de services en santé mentale, explique Myriam Lussier, chef de service en santé mentale et dépendance, trajectoire modérée à grave. Par exemple, on souhaite mettre en place une zone de détente, acheter des lampes de luminothérapie et des tablettes électroniques pour la gestion du stress.
Quant à savoir s'il y aura un deuxième spectacle l'an prochain, Martial Vary ne le sait pas encore. « Il y a beaucoup de demandes, mais je vais prendre plusieurs mois de congé, dit-il. On est encore en deuil. Ça a été enrichissant, mais ça a été vidant aussi. On verra après ça s'il y aura un deuxième spectacle et, si oui, dans quelle formule. »