Jean-Pierre McLean

Soixante-deux ans à bâtir un réseau ferroviaire miniature

Féru d'histoire, passionné du monde ferroviaire et minutieux bricoleur, Jean-Pierre Mclean cache dans son sous-sol un véritable chef-d'oeuvre. Depuis 62 ans, il se concentre sur la construction d'un réseau de chemin de fer et de bâtiments miniatures. 
Pour les regards attentifs qui connaissent les Cantons-de-l'Est et Granby, plusieurs bâtiments sont reconnaissables, comme celui du VéloGare, autrefois une véritable gare.
Le minutieux bricoleur prend le temps de tout faire de ces mains, lui qui met de 15 à 20 heures par semaine dans l'amélioration de son réseau de chemin de fer.
Lors d'une visite guidée de plus de deux heures, Le Plus a pu observer l'important travail qu'a nécessité les différentes constructions de Jean-Pierre McLean. « Ce n'était jamais vraiment complété. Il y avait toujours quelque chose à ajouter, un bâtiment à fabriquer, une réplique à faire, un détail à perfectionner, raconte avec passion l'homme de 81 ans, originaire de Granby. L'été, c'est le moment où je prends une pause. Le reste du temps, je bricole dans mon sous-sol... Je peux te dire que ma femme sait où me trouver ! »
« Tout ce que tu vois ici, c'est de l'imagination, mais en même temps, c'est collé à la réalité, car c'est de là que je tire mon inspiration. Je peux rester assis pendant des heures à observer ce qui m'entoure », confie-t-il en pointant les impressionnantes répliques avec une baguette en bois, pour être certain de ne pas les abîmer.
Le minutieux bricoleur prend le temps de tout faire de ces mains, lui qui met de 15 à
20 heures par semaine dans l'amélioration de son réseau de chemin de fer, qui compte plus de 300 wagons et 35 locomotives. « C'est difficile de trouver les pièces. Il y a peu de magasins qui en vendent. Je dois aller à Gatineau ou à Montréal. Faut dire que les ordinateurs et moi sommes deux ennemis ! », souligne-t-il en riant. 
Pour les regards attentifs qui connaissent les Cantons-de-l'Est et Granby, plusieurs bâtiments sont reconnaissables, comme celui du VéloGare, autrefois une véritable gare, la cantine Chez Ben, le centre ferroviaire de Farnham et le pont couvert de Brigham, entre autres. « C'est peut-être un petit peu trop, mais si c'est construit comme ça dans la vie, eh bien moi, je les reproduis de la même façon », photographies à l'appui. Tout est identique, et ce, jusque dans les détails.
« Quand j'étais jeune, je faisais du pouce avec un ami pour aller voir les trains à Farnham. Ça me passionnait. Je trouvais ça gros, puissant. Pendant des heures, je pouvais observer ça. Je suis sûr que j'aurais aimé travailler dans ce domaine », lance M. McLean, qui ne tarit pas d'éloges pour ses sept petits-enfants et quatre arrières petits-enfants.
- À quel moment avez-vous arrêté d'y aller ? 
« Quand j'ai commencé à aller voir les filles ! », rigole-t-il. 
Le train met 12 minutes à faire le tour du circuit, construit dans le sous-sol de Jean-Pierre McLean.
Le Bromontois a représenté plusieurs parcelles de son histoire dans ses constructions, dont ce terrain de baseball, un sport qu'il pratiquait dans sa jeunesse.
« Des pans de ma vie »
Lorsque Jean-Pierre McLean explique dans les moindres détails les nombreux bâtiments et scènes représentées dans son réseau de chemin de fer, on se rend vite compte qu'il y a inséré des parcelles de sa vie. 
Là se trouve un commerce qu'il a possédé durant des années (General Bearing Service). Ici le terrain de baseball de sa jeunesse. Ailleurs la cabane à sucre de sa soeur. « Oui, on peut dire qu'il y a des pans de ma vie là-dedans. J'essaye de mettre le plus de détails possible dans tout ça. Et quand je peux insérer de mon histoire, je le fais, dit-il. Quelqu'un qui me connaît bien pourrait reconnaître plein de moments marquants », estime l'homme. 
Selon M. McLean, il peut dire qu'il a complété son circuit il y a cinq ans seulement. « Là, c'est juste moi qui ne me tanne pas d'ajouter des choses. Si j'étais plus jeune, je démonterais tout pour recommencer du début et faire quelque chose de différent. Mais je suis bien fier de ce que j'ai accompli », confie celui qui passé, par exemple, 254 heures de travail acharné pour offrir une maquette à la Maison Au Diapason. 
« J'imagine que tu veux voir comment tout ça fonctionne ? », lance M. McLean, le regard passionné. 
C'est alors qu'il empoigne une télécommande pour donner vie à une locomotive. « Ça fait le tour de tout le circuit en 12 minutes, annonce fièrement Jean-Pierre McLean. De temps à autre, on est sept amis dans le sous-sol et on se fait un samedi d'opération où on fait tout opérer en même temps. C'est trippant ! », ne cache pas l'octogénaire.
« Nous n'arrêtons pas de jouer parce que nous vieillissons. Nous vieillissons, car nous arrêtons de jouer », conclut avec un clin d'oeil le passionné.