Marie-Pierre Brodeur, coiffeuse, organise un après-midi spécial destiné aux itinérants, hommes et femmes, le vendredi 2 juin. À ceux et celles qui le désirent, elle offre une coupe de cheveux gratuite.

Ses ciseaux au profit des itinérants

Pour souligner son troisième anniversaire, le salon de coiffure espagnol La Salvajerìa a publié, en mars dernier, une vidéo dans laquelle il offrait une métamorphose à un itinérant. On y voyait José Antonio rajeunir de 20 ans. Véritable buzz sur Facebook, le clip a inspiré une coiffeuse de Granby. Le vendredi 2 juin, elle mettra ses ciseaux au service des sans-abri d'ici. Le tout gratuitement.
Marie-Pierre Brodeur a trois garçons. Quand le plus jeune a commencé la maternelle, elle aussi a pris le chemin de l'école. Son diplôme de l'Académie de coiffure du Centre régional intégré de formation (CRIF), elle l'a obtenu l'an passé.
« Ça fait un an que j'ai fini, raconte la maman de 33 ans. J'ai trouvé mon petit coin, rue Notre-Dame, Chez Créer pour créer et là, j'avais à coeur de donner de mon temps. Cette vidéo m'a vraiment inspirée. »
En compagnie de son amie Myléna St-Amour, coiffeuse, et de deux étudiantes en coiffure du CRIF, Annie et Mélanie, Marie-Pierre attendra les itinérants de la région, hommes et femmes, le vendredi 2 juin, de 13 h à 15 h 30, dans les locaux du Partage Notre-Dame, à Granby. Suffit pour eux de se présenter sur place.
Une initiative qui ne pouvait mieux tomber, souligne la directrice de l'organisme situé rue Racine. « Son projet tombe tellement à point, se réjouit Julie Rivet. Ça fait longtemps qu'on y pense, surtout pour les hommes, mais on est souvent surchargés.... Là, le timing est parfait ! »
Mme Rivet a souvent entendu, par exemple, des hommes regretter de ne pas avoir la vingtaine de dollars nécessaires pour se payer une coupe de cheveux ou pour se faire tailler la barbe. « C'est cher sur leur petit budget, dit-elle. Alors, ils se mettent une casquette, et c'est réglé. »
Même si elles ont plus tendance à s'arranger entre elles, les femmes sauront aussi apprécier ce cadeau, pense Julie Rivet. « De sentir que quelqu'un les écoute, de se sentir belles, ça va être un grand plus, insiste la directrice. Même chose pour les hommes. »
Ouvrir ses locaux à ce projet unique était donc, ajoute-t-elle, « la moindre des choses. »
Histoire de rendre ce moment festif, des amis musiciens à Marie-Pierre seront aussi sur place pour jouer de la guitare, de la mandoline et du ukulélé.