Petites bêtes lubriques

Laissez-moi vous parler de ma propre expérience avec les *?%$# de scarabées japonais, ces Caligula des jardins qui mangent et copulent en groupe comme si leur vie en dépendait.
J'ai un rosier dans ma cour, et ils ne s'attaquent qu'à lui. On dirait que parce qu'ils ne s'attaquent qu'à lui, il ne font pas de quartiers. J'ai des fleurs jusqu'à la fin juin, environ, et ensuite, pouf! Disparues sous un essaim de bébittes vertes et argentées. J'ai tout essayé: les incantations vaudous, immoler une chèvre à la pleine lune, asperger ma plante d'eau, de savon et d'ail... Je ne vois pas de vampires, mais les scarabées sont toujours là, forniquant avec une langueur de vieux film suédois. Mon voisin a un genre de cône vert qui les attire et les attrape avec efficacité, semble-t-il. J'ai été en acheter au en début d'été; il n'en restait plus. Alors, j'ai pris un autre piège recommandé, jaune et transparent, que j'ai accroché à distance adéquate.
Équipé de phéromones, il est sensé attirer les petites bêtes lubriques. Devinez quoi? Ça ne fonctionne pas. Tout ce que je ramasse, ce sont des mouches et des hannetons. Pendant ce temps, les mini-disciples du Marquis de Sade continuent de pulluler.
Y'a pas moyen de frapper un grand coup avec un produit miracle, un insecticide «Pearl Harbor» qui règlerait le problème une fois pour toutes? Ou implanter un petit insecte ninja qui assassinerait en secret tous les indésirables? Ou un gros sumo? Je suis ouvert à tout.
Avec retenue
J'ai toujours été fan de Rock et belles oreilles, et je faisais partie du grand troupeau de mélomanes ricaneurs réunis mercredi soir dernier, au centre-ville de Montréal, pour entendre le quatuor vieillissant chanter ses plus grands succès ajustés au goût du jour avec blagues de Denis Coderre, de Justin Trudeau et de Kim Jong-un à la clé.
C'était magique, entraînant et, comme toujours, irrévérencieux (un très beau mot pour dire «baveux»). Une seule chose m'embête: on entend et lit souvent que RBO, sous sa forme jadis connue, nous manque, qu'il ne se fait plus d'humour aussi caustique qui décortique l'actualité et les médias d'aujourd'hui. Bref, qu'après eux ce fut le déluge.
Vrai qu'il n'y a pas d'émission qui ressemble exactement à ce que RBO faisait, mais c'est un peu charrier, quand même... On oublie les dizaines d'humoristes qui, à la télévision, à la radio ou dans des spectacles, font presque exactement le type d'humour que RBO faisait. Avec moins de succès, parfois, mais de là à dire qu'il n'y a eu rien de bon depuis! C'est beau la nostalgie, mais il faut aussi apprécier ce qu'on a. Sans oublier que le passé n'est pas toujours aussi brillant que dans notre souvenir. C'est comme les colonies de vacances: on se souvient toujours du plaisir fou qu'on y a eu en oubliant que 85% du temps, on s'emmerdait royalement. RBO n'était pas toujours drôle. Moi non plus. Mais je suis convaincu que vous n'en pensez que du bien, aujourd'hui. Continuons à apprécier, donc, mais avec retenue.
Céréales
Quand ma conjointe Désirée se couche tard (ce qui arrive souvent ces temps-ci, c'est une enseignante en vacances, ne l'oublions pas), elle se lève aussi très tard. Elle a toutefois une habitude bien particulière: se réveiller une première fois vers 7h du matin pour DÉJEUNER... et se recoucher ensuite jusqu'à 11h. Suis-je le seul que ce comportement rend dubitatif? Me semble qu'un coup réveillé, tu commences ta journée. Ou si t'es vraiment fatigué, tu dors naturellement jusqu'à très tard. Non? Qu'est-ce qu'un bol de céréales a de si attrayant pour tirer quelqu'un du lit à 7h du matin alors qu'il n'en a pas vraiment besoin? J'oublie de préciser qu'elle lit La Voix de l'Est, aussi, avant de se recoucher. Donc, c'est peut-être les grands conflits internationaux qui l'assomment. À moins que ce ne soit Bernard Fournelle et son courrier aux lecteurs à un seul sujet. Ouais... Je comprendrais si c'était ça.
Mais je pense que c'est pour le simple plaisir de manger des céréales, auxquelles elle ajoute du lin et/ou des graines de chia (et du quinoa au souper), toutes semences résolument à la mode et branchées qui me font me demander si nous ne sommes pas tous devenus, justement, un peu graines. Personnellement, j'embrasse plutôt la philosophie d'Obélix quand il dit: «les graines et les racines, c'est bon pour les sangliers et les sangliers, c'est bon pour nous». Ainsi de suite, et les vaches seront bien gardées, comme disent les fermiers.