« Ce que j'aime aujourd'hui, c'est que nos jeunes ont la chance d'aller véritablement au bout de leurs possibilités. On leur doit au moins ça », affirme Frédéric Niemeyer.

Niemeyer encense Granby

Le Challenger accueille de la grande visite cette semaine. De la visite devenue rare avec les années.
Frédéric Niemeyer, celui qui a véritablement lancé le tournoi en compagnie de Simon Larose dans les années 1990, passe la semaine à Granby. Il est ici en tant qu'entraîneur de Filip Peliwo et de Brayden Schnur, deux athlètes sur qui Tennis Canada fondait de beaux espoirs et dont la carrière n'avance pas.
« Ça doit faire cinq ou six ans que je ne suis pas venu à Granby, affirme Niemeyer, quatre fois demi-finaliste du Challenger. Je regarde autour et je revois plein de visages que je connais. C'est l'fun ! »
Niemeyer a aussi remarqué que le site du tournoi a changé pour la peine depuis sa dernière visite.
« Il y a plein de nouveautés, de nouveaux chapiteaux, de nouvelles loges, etc. Et il y a maintenant même de la crème glacée ! C'est intéressant, parce que ça montre que les organisateurs ne restent pas assis sur leurs succès. »
Car Niemeyer, qui est maintenant âgé de 41 ans, a vu le Challenger évoluer. Et il a vu le petit tournoi devenir grand. Et selon lui, Granby a joué un rôle important dans le développement du tennis au Canada.
« Dans les premières années où je venais ici, Granby était à peu près le seul Challenger au Canada. Aujourd'hui, il y en a plein parce que Granby a démontré au reste du pays comment on organise ça, un beau Challenger. Si le tennis a tant progressé chez nous, une partie du mérite revient aux gens d'ici. »
La première fois que Niemeyer est passé par Granby, il est débarqué avec une seule raquette, sans entraîneur et il planifiait lui-même son horaire. Il s'inscrivait lui-même aux tournois auxquels il voulait participer et il achetait lui-même ses billets d'avion. Les jeunes Canadiens, aujourd'hui, sont 100 fois mieux épaulés.
« Ils sont gâtés, c'est clair. Parfois, je leur parle de comment ça fonctionnait dans le temps de Simon et moi et certains ont de la misère à me croire. Honnêtement, je les envie un peu. »
Niemeyer a pris sa retraite en 2009 après avoir atteint le 134e rang mondial. Ils sont nombreux à croire qu'il aurait au minimum percé le top 100, un exploit rare pour les Canadiens à l'époque, s'il avait bénéficié d'un meilleur encadrement.
« Ça, on ne le saura jamais. Ce que j'aime aujourd'hui, c'est que nos jeunes ont la chance d'aller véritablement au bout de leurs possibilités. On leur doit au moins ça. »
De « beaux projets »
Frédéric Niemeyer a été l'entraîneur de Milos Raonic et de Vasek Pospisil. C'est sous ses ordres que les deux ont commencé à connaître du succès. Il espère qu'il saura apporter autant à Peliwo, ancien numéro un au monde chez les juniors, et à Schnur, qu'il qualifie de « beaux projets ».
« Les deux ont du talent, les deux ont un beau potentiel. Dans le cas de Filip, que les gens de Granby connaissent davantage, je suis à analyser pourquoi il n'a pas réussi à amener avec lui cette belle confiance qu'il avait chez les juniors. Mais il a une belle attitude et c'est un excellent départ. Il veut apprendre, il veut progresser et il est très réceptif à ce que je lui dis. »
Ironiquement, Simon Larose, en tant qu'entraîneur de Carol Zhao, Charlotte Robillard-Millette et Carson Branstine ainsi qu'à titre de président d'honneur du Challenger, est aussi à Granby cette semaine. Peut-être devrait-on suggérer à Alain Faucher d'organiser un match des anciens...
« Si c'est du mini-tennis, peut-être que je dirais oui ! On vieillit, vous savez... », conclut Niemeyer en riant de bon coeur.