Le RAP du REER

J'aime pas ça, aller à mon institution bancaire. Pas que je manque d'argent ou que les employés ne sont pas gentils ; je ne suis pas à l'aise, point.
Au guichet automatique, ça va. Je rentre ma carte et mon code, je retire un peu de mon pactole pour acheter des fleurs à Désirée et je m'en vais.
Ça se corse quand je rencontre un conseiller financier et/ou hypothécaire et/ou en placements. Encore une fois, je précise qu'ils sont très aimables et compétents, leur apparence, leur coiffure et leur élocution sont impeccables, tout comme la propreté de leur bureau, l'aération et tout et tout... Ça ne m'empêche pas, chaque fois, d'avoir un peu de difficulté à respirer.
Parce que comme trop de Québécois, je me considère analphabète financier fonctionnel. Je sais ce qu'est un REER, un placement, un RAP (j'aime particulièrement Eminem et Run-DMC à ce chapitre), un avis de cotisation, une plus-value, une hypothèque (ÇA, je le sais), un usufruit (avec des toasts au beurre de pinottes, humm...), etc. 
Mais quand vient le temps d'appliquer ces concepts ou de les mélanger avec d'autres, en y ajoutant - ô misère - des chiffres, je me sens perdu et inadéquat.
J'ai vu mon conseiller financier cette semaine. D'entrée de jeu, il a encore tenté de me requinquer face à ma médiocrité comptable. « Chacun son métier ! », dit-il en ignorant que ça ne me réconforte pas du tout. 
Il m'explique des choses. Au début, c'est correct. Puis il vogue vers la diversification, la répartition-cible, les rendements plus ambitieux, les versements périodiques, les taux préférentiels... Coudonc, est-ce qu'on a fermé la ventilation ?
C'est gênant de ne pas comprendre, ce l'est encore plus quand on se doute que la personne en face de vous comprend que vous faites semblant de comprendre tout en ne comprenant pas.
Pourtant, j'ai suivi un cours de comptabilité au cégep. (Je ne dirais pas en quelle année, mais elle coïncide avec la naissance de mon beau et talentueux collègue Antoine Lacroix, surnommé le golden boy de l'information granbyenne, en 1996.)
J'en ai bavé. Un malaise quasi permanent amplifié par le fait que j'étais entouré d'étudiants en sciences pures et en mathématiques qui semblaient tout saisir. Finalement, j'ai eu la note de passage. Yahoo !
De retour à mon institution bancaire, je finis par prendre des décisions basées un tiers sur les conseils de mon interlocuteur, un tiers sur la prudence et un tiers sur ce sentiment indéfini que certains appellent le flair et que d'autres, comme moi, appellent le flou.
Bref, je ne suis pas contre l'implantation de cours d'éducation économique au secondaire. Mais si ça a le même impact que les cours de français sur les jeunes, on n'est pas sortis du bois !
Passion immodérée
Selon mon service de câble, l'émission Like-moi, diffusée à Télé-Québec, s'adresse aux adolescents. Ce qui ne m'empêche pas de trouver tout à fait désopilante cette enfilade de sketchs interprétés par de jeunes comédiens qui doivent avoir toutes les misères du monde à rester sérieux en livrant des textes aussi absurdes.
Ça tire dans toutes les directions, mais ce show-là prend surtout soin de se moquer des jeunes d'aujourd'hui, de leurs travers et de leur passion immodérée pour la technologie en général et les téléphones cellulaires en particulier. Par exemple, un groupe d'adolescents dans un café, muets et le nez collé sur leur téléphone portable, qui paniquent soudainement parce que la connexion internet a des ratés... Deux couples qui rivalisent d'égoportraits joyeux... Sans oublier les pastiches d'émissions de téléréalité ou de services qui, avouons-le, ont à peine besoin d'être parodiées pour être ridicules.
Je suis convaincu que les adolescents trouvent ça aussi drôle que nous, les vieux (de 40 ans).