Même en plein mois de décembre, le stock-car a volé la vedette cette semaine.

Le gros bon sens doit l'emporter

CHRONIQUE / Je le répète, Granby est une bien meilleure ville de stock-car que de hockey. On en a une autre preuve cette semaine.
Il neige, nous sommes à quelques semaines de Noël, la prochaine saison de courses est encore très loin, mais le dossier des pilotes en modifié qui veulent revoir leurs conditions déchaîne littéralement les passions.
Le nombre de courriels que j'ai pu recevoir depuis mardi matin, alors que mon premier texte sur le sujet a été publié, est impressionnant. Je vous le dis, gérer les courriels et les appels téléphoniques de tout le monde qui avait des informations supposément importantes à me refiler a été l'affaire de plusieurs heures cette semaine.
Et on ne parlera même pas de l'action que ça a généré sur les réseaux sociaux.
Bref, on a parlé de courses cette semaine. Mais pas de compétition ou de la rivalité entre tel pilote et tel autre. On a parlé d'argent. Pas de millions comme dans la Ligue nationale de hockey ou au baseball majeur, mais tout de même d'hommes qui cherchent à améliorer leur sort.
En début de semaine, un intervenant du monde des courses m'a posé directement la question : « Toi, Michel, qu'est-ce que tu penses de tout ça ? » Sur le coup, ma réponse a été simple : « Honnêtement, je n'en ai aucune idée ! »
Puis, j'ai écouté les deux parties et j'ai effectué ma propre analyse. Et aujourd'hui, je suis d'avis que les pilotes ont raison de demander une révision de leurs conditions... et que les promoteurs ont raison d'être prudents.
Je ne tranche pas, direz-vous. Mais voilà, il n'y a rien à trancher, selon moi.
Des intérêts différents
Au départ, aucun des pilotes en modifié qui courent à Granby, Saint-Marcel et Drummondville ne gagnent sa vie avec son sport. Ce qui rend quasiment impossible l'unité du groupe. Les intérêts ne sont pas les mêmes. Il y a des gars qui pourraient ne pas recevoir une cenne qu'ils iraient aux courses quand même parce qu'ils sont à l'aise financièrement ou parce qu'ils sont supportés par une équipe riche ou par d'importants commanditaires. À l'opposé, il y a ceux qui mettent toutes leurs économies dans leur passion et qui tirent le diable par la queue.
Ce sont ces derniers qui doivent être aidés. Assurément par une meilleure répartition des bourses. Parce que ceux qui n'ont pas de sous sont souvent ceux qui finissent loin de la tête. Ça va malheureusement ensemble en course automobile. Et par une réduction du nombre de tours aussi. Parce que plus tu roules, plus ça coûte cher.
Je comprends les promoteurs d'être hésitants à augmenter les bourses. Le stock-car sur terre battue est une industrie à risque. Personnellement, ce n'est pas là que j'investirais si je voulais faire de l'argent. Lorsque la saison débute, personne ne sait combien exactement il y aura de programmes, Dame Nature ayant toujours le dernier mot.
Il y a deux ou trois ans, près de la moitié des programmes avaient été annulés en raison de la pluie à Granby. Et le bilan de Dominic Lussier et de ses partenaires s'était écrit à l'encre rouge. Qu'on le veuille ou non, les promoteurs doivent aussi penser en fonction des mauvaises saisons.
Peuvent-ils néanmoins en donner un peu plus aux pilotes ? Lussier affirme que les pistes québécoises sur terre battue paient déjà mieux que tout le monde. Je le crois parce qu'il ne m'a jamais donné de raison de douter de sa sincérité.
Ceci dit, si les pilotes ont besoin de plus, ils réussiront à convaincre les promoteurs. Avec les bons arguments et avec les bonnes personnes pour les présenter.
En bout de ligne, le gros bon sens doit l'emporter. Pour la santé du sport et aussi de ceux qui le composent.