« J'ai été élevée au Grand Prix. À 12 ans, je m'en rappelle, je faisais le ménage dans les loges », affirme la directrice générale Marie-Pier Lemay, qui gère une équipe de près de 350 bénévoles.

Le Grand Prix que Marie-Pier n'abandonnera jamais

On a jasé une vingtaine de minutes. Pendant l'entretien, son portable a dû sonner une dizaine de fois. On s'y attendait. On s'attendait même à pire. Car s'il y a quelqu'un d'occupé pendant le week-end du Grand Prix de Valcourt, c'est bien Marie-Pier Lemay.
La jeune femme de 32 ans, qui est née et qui a grandi à Valcourt, est directrice générale de l'événement depuis sept ans. Mais avant, elle en a été la coordonnatrice. Et avant encore, elle a longtemps été bénévole. Sur le site, tout le monde connaît « Marie » et tout le monde l'aime. 
« Tout le monde me connaît parce que j'ai été élevée au Grand Prix, lance cette maman d'une petite fille de deux ans et demie. À 12 ans, je m'en rappelle, je faisais le ménage dans les loges. En fait, y'a pas grand-chose que je n'ai pas fait ici ! »
Son père, on le sait, est président du Grand Prix. Sa mère est bénévole. Son frère aussi. Et il y en a sûrement d'autres dans la grande famille Lemay qui travaillent dans l'organisation. 
« C'est le 35e anniversaire du Grand Prix et mon père a raté une seule édition. Lui aussi, il a tout fait avant d'être président. Comme les gens de Valcourt en général, on est fiers de notre Grand Prix. Moi, il est tatoué sur mon coeur. Jamais je ne l'abandonnerai. »
Elle prend soin de dire qu'elle ne l'abandonnera jamais car elle sait qu'elle recevra des offres intéressantes pour faire autre chose à un moment donné. C'est comme ça que ça fonctionne, normalement, quand on a du talent. 
« Il y a quelques années, j'ai géré la série canadienne des Monster Trucks. C'était gros. Et c'est là, vraiment, que j'ai eu la piqûre pour les sports motorisés. C'est un milieu que j'aime, à l'intérieur duquel je suis à l'aise. Mais je pourrais très bien faire autre chose et rester au Grand Prix en siégeant sur le conseil d'administration, par exemple. Je lui dois trop pour l'abandonner complètement. Mais on n'est vraiment pas rendu là... »
Un monde d'hommes 
Le Grand Prix de Valcourt, c'est une grosse affaire. Année après année, l'événement attire entre 20 000 et 30 000 amateurs de vroum-vroum et est considéré comme le plus important événement de courses de motoneige sur la planète. Pas pour rien qu'il y a près de 350 bénévoles. Et c'est une jeune femme de 5 pieds 4 qui gère tout ça. Une femme dans un monde d'hommes. 
« C'est un monde d'hommes, c'est vrai, reprend Marie-Pier Lemay, qui est permanente au Grand Prix. Mais moi, j'aime ça travailler avec des gars. Je suis quelqu'un de direct, qui dit les choses comme elles sont, et les gars sont comme ça en général. Je suis à l'aise. »
Elle se rappellera d'une réunion de promoteurs d'une quelconque série. Elle était la seule femme et la seule personne âgée de moins de 50 ans ! 
« Quand je suis arrivée, j'ai pogné de quoi, comme on me dit. Les messieurs aussi, je pense ! Mais le respect était là, ça a été très correct. Anyway, on est en 2017. Homme ou femme, on est d'abord des passionnés et on est là pour faire notre travail. »
Et la passionnée a encore des plans pour Valcourt. Les gens de la région ont beau être attachés au Grand Prix, l'événement est condamné à se renouveler. Dans le monde du sport-spectacle, il faut le faire si on veut grandir ou si on veut simplement survivre. 
« On a fait 35 ans et on en est fiers. Mais on veut continuer. Notre clientèle est fidèle, mais on aimerait avoir davantage de jeunes. On a des idées. Comme, par exemple, amener de nouvelles disciplines. Mais je ne vous en dirai pas plus pour le moment... »
Elle sourit. Avant qu'un autre appel ne vienne la déconcentrer. Ce sera comme ça 18 heures par jour tout au long du week-end...