L'étiquette représentant Paul.

Le bédéiste Michel Rabagliati signe l'étiquette de la bière Paul

La nouvelle bière officielle du TCAF (Toronto Comic Arts Festival), brassée par la Brasserie Dunham, affiche une étiquette unique en son genre, signée Michel Rabagliati. On y retrouve son personnage de bande dessinée Paul dans une scène aux multiples détails.
Michel Rabagliati a collaboré avec la Brasserie Dunham en créant une étiquette pour la bière Paul.
Ayant déjà l'habitude de demander à des artistes de partout de réaliser ses étiquettes, Brasserie Dunham­ a approché Michel Rabagliati­ pour que son coup de crayon se retrouve sur chaque bouteille de la nouvelle­ pale ale fermentée. 
« J'étais super content, a raconté le bédéiste et auteur en entrevue à La Voix de l'Est. J'ai déjà fait une étiquette de cidre pour un ami, j'ai fait à une époque des étiquettes pour Metro pour des boîtes de céréales ou des trucs comme ça, mais pour une bière, c'est la première fois. C'est très le fun à faire. Simon Bossé (NDLR : directeur artistique et artiste en résidence de la microbrasserie) a une espèce de graphisme très libre. Toutes les étiquettes sont intéressantes parce que Simon a concentré toutes les informations à gauche, dans une bande verticale, et on a complètement carte blanche, comme une grande fresque sans interférence. C'est très rare qu'on ait ça. »
Clins d'oeil au TCAF
Comme le brassage de cette bière a été fait pour le TCAF, Michel Rabagliati­ en a profité pour glisser plusieurs clins d'oeil à la bande dessinée et au festival torontois. La fresque fascinera les amateurs de bière et d'art.
« Je voulais faire une espèce de scène avec de la bière. J'ai passé des messages. Il y a des petites notes pour ceux qui connaissent le festival. Par exemple, le tatouage du serveur est le logo du TCAF. Un gars s'appelle Doug, sur son chandail c'est écrit Doug. C'est pas pour rien parce que les prix qui sont remis aux auteurs au TCAF s'appellent le Doug Wright Award. Il y a un gars en arrière qui lit une bande dessinée. J'aime bien cacher des détails », confie le bédéiste.
L'artiste a d'ailleurs assisté au brassage de la bière Paul avec son neveu, un amateur de bière. Lui-même aime les bières « conviviales et jaunes », plutôt légères. Précisons tout de suite qu'il aime le goût de la bière Paul. 
« Je pense que ça prenait une bière qui n'était pas faiblarde parce que ce n'est pas la signature de la maison. Elle a du punch, mais elle est conviviale. C'est une bière pour tout le monde. Ça prenait une bière qui passe partout et que tout le monde va aimer au TCAF. Elle est parfaite ! »
Paul est une pale ale fermentée généreusement houblonnée réalisée avec des levures sauvages.
Bottle release
Le lancement de la bière officielle du TCAF a donné lieu à une grande fête, samedi à Dunham, notamment avec une performance en direct de création d'une murale avec Benoît Tardif. Les artistes invités se sont aussi prêtés à une séance de dédicace. Il y avait sur place, outre Michel Rabagliati­ et Benoît Tardif, Richard Suicide­, Iris Boudreau et Julie Doucet.
Le créateur de Paul a été particulièrement sollicité. Même après deux heures et demie de signatures, plusieurs venaient encore lui demander d'apposer sa griffe, accompagnée d'un dessin, sur leur bouteille de bière, leur livre ou leur sous-verre. 
La journée constituait un avant-goût du Bottle Release qui se prépare à la Brasserie Dunham, le 13 mai. En effet, dix nouvelles bières sortent des barriques pour être commercialisées. Ce sera l'occasion de voir le travail des artistes sollicités par le directeur artistique de la microbrasserie.
Étiquettes attendues
Si les bières sont attendues, les étiquettes le sont tout autant, assure Simon Bossé, qui signe le dessin de deux nouvelles bières. Parmi les artistes ayant réalisé une nouvelle étiquette, notons la Montréalaise multidisciplinaire Dominique Pétrin. « Bansky, un artiste anglais qui fait des graffitis, a ouvert un hôtel sur la bande de Gaza, sur le bord du mur de la honte. Il a demandé à Dominique Pétrin de décorer une chambre de l'hôtel, dira-t-il pour la présenter. Faire une étiquette de bière, pour bien des artistes, c'est comme un rêve qui se réalise, d'après ce qu'ils me disent. »
C'est Simon Bossé qui trouve et approche les artistes avec les informations de base, comme le nom du produit. « Quand on dit que c'est une démarche artistique libre, c'est le cas, assure Sébastien Gagnon, président et directeur général de la Brasserie Dunham. Il y a notre logo qui est rectiligne, avec le nom de la bière, ce qu'il y a dedans, le pourcentage d'alcool, c'est la poutine administrative. On a grossi le format des labels pour laisser place aux artistes et on ne fait pas d'approbation à la fin, Simon non plus. La seule affaire, c'est que si on voit que la personne a oublié le nom de la bière, on va le lui dire. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, il y a beaucoup de travail là-dedans et c'est une signature artistique. »