« Moi, je fais ça pour m'amuser. Je ne rêve pas d'aller plus haut et je ne gagne pas ma vie avec ça non plus », affirme Kevin Lacroix.

Le bad boy de NASCAR

CHRONIQUE / Alex Labbé va être couronné champion de la série canadienne de NASCAR dans une dizaine de jours à Hagersville, près d'Hamilton. Pourtant, c'est d'un autre pilote, Kevin Lacroix, dont on a le plus entendu parler cette saison.
Lacroix a connu une excellente campagne, lui qui a remporté quatre courses - les quatre sur circuit routier - et qui est deuxième au championnat. Mais voilà, la controverse lui court après. Quand il ne brasse pas en piste, on se demande s'il ne triche pas pour être aussi rapide. Et quand ce n'est pas ça, il se met tout le monde à dos en démolissant la voiture d'un adversaire (celle de Labbé, on le sait) parce qu'il n'est pas content.
Lacroix est devenu le vilain garçon, le bad boy de la série Pinty's. Et après avoir jasé une bonne demi-heure avec lui samedi à l'Autodrome Saint-Eustache, je ne sais pas s'il est à l'aise ou non avec l'étiquette qu'on lui a accolée.
« Les gens qui me connaissent savent qui je suis vraiment et ils savent que je suis une bonne personne, a-t-il commencé par dire, bien installé à la table de cuisine de son motorisé, entre les pratiques et les qualifications. Mais avec tout ce qui a été dit et tout ce qui a été écrit à mon sujet, c'est devenu lourd pour mes proches. En même temps, ça fait parler de la série. Regardez les estrades ici aujourd'hui : c'est plein ! »
Lacroix ne s'excusera pas pour tout ce qui est arrivé cette saison. Il est prêt à prendre sa part de responsabilités, mais il ne présentera pas l'autre joue non plus.
« Il est arrivé ce qui est arrivé en Nouvelle-Écosse et je ne peux pas le nier. Si c'est arrivé, par contre, c'est parce que j'étais à bout. Si vous regardez les films de toutes les épreuves cette saison, vous verrez que je me suis fait bousculer pas mal plus souvent que j'ai pu en bousculer d'autres. Après le Grand Prix de Trois-Rivières, j'avais averti les gens de NASCAR : si vous ne faites rien, je vais m'occuper du problème moi-même. Et c'est Labbé qui en a payé le prix à Antigonish. »
Il affirme n'avoir rien contre Labbé, ni contre Andrew Ranger, ni contre personne en particulier. Il en a contre le laxisme de NASCAR.
« Il y a eu des coupes de personnel cette saison et ça paraît. Y'a beaucoup moins d'officiels pour voir ce qui se passe en piste. Ça donne ce que ça donne. »
Pour le plaisir
Kevin Lacroix a 28 ans, il est marié et il est père d'un petit bonhomme de quatre ans. Aussi, il brasse de bonnes affaires dans le monde de la vente de pièces d'auto. Sa vie, dira-t-il, ne tourne pas uniquement autour des courses.
« Moi, je fais ça pour m'amuser. Je ne rêve pas d'aller plus haut et je ne gagne pas ma vie avec ça non plus. J'aime ça, j'adore ça, mais tout mon univers ne tourne plus autour des courses comme ça a déjà été le cas. Je n'ai pas couru entre 2009 et 2014 et je vais arrêter à nouveau si je n'ai plus de fun... »
Mais il reviendra la saison prochaine. Après tout, il a un contrat à honorer avec Bumper to Bumper, son principal commanditaire.
« Vous savez pourquoi je suis revenu en 2015? À cause d'Andrew Ranger et d'Alex Tagliani. Ce sont de bons pilotes, d'excellents pilotes, et je me disais que ce serait trippant de courir avec eux. La série canadienne de NASCAR est une série très compétitive et je ne regrette pas d'être revenu. Mais ça a été une saison difficile et les vacances vont faire du bien au maudit ! »
« J'ai eu mes chances »
Kevin Lacroix a déjà été considéré comme un très bel espoir de la course automobile au Canada. Il est venu au NASCAR après avoir longtemps couru en monoplace et avoir obtenu sa part de succès en Formule Atlantique, en Formule BMW USA et en Star Mazda.
« J'ai eu mes chances de monter, mais il est arrivé certaines choses. Je ne parlais pas anglais à l'époque, je n'ai pas été aussi bon que j'aurais dû l'être dans des moments clés, etc. Et il y avait aussi des questions de budget. Mais je ne regrette rien. J'ai eu du plaisir et j'en ai encore, quoique j'en ai moins cette année... »
Il rit quand on le compare à Kyle Busch, un pilote talentueux, mais bad boy.
« Y'a pire que de se faire comparer à Kyle Busch. Mais je vais me garder une p'tite gêne... »