L'amoooouuuur

Dans la vie de tout être normalement constitué (même si je ne suis pas sûr de rentrer dans cette catégorie), on passe par trois étapes d'appréciation (ou pas) de la Saint-Valentin.
Très jeune, on aime ça. Ado, on ne veut rien savoir. Et finalement adulte, on aime ça encore. En général. Pas sûr que ça soit une fête appréciée des célibataires. En tous cas, moi, quand je l'étais, elle me tapait royalement sur les nerfs.
C'est quoi l'idée d'une fête de l'amour ? Je comprenais bien qu'il faille s'aimer, mais pourquoi plus ce jour-là ? Et pourquoi dans le milieu de l'hiver, en un jour parmi les plus froids de l'année ?
Il y a les fleurs, le chocolat... Avez-vous remarqué qu'à l'Halloween, on mange des bonbons, à Noël, du dessert en masse, à la Saint-Valentin, du chocolat, à Pâques, encore du chocolat... On peut ben avoir de la misère à rentrer dans nos costumes de bain l'été venu.
Mais revenons à la fête de l'amooooouuuuuur. Quand j'étais ado, je paniquais chaque fois que je la voyais arriver au loin, tel un condor fondant sur sa proie. Je n'ai pas de Valentine ! Qu'est-ce que je fais ? C'est déprimant ! Ça a duré comme ça jusqu'à ce que je commence à être relativement à l'aise avec le sexe opposé (vers 26 ans à peu près).
Même après, ça n'a pas été évident de trouver l'amour de ma vie (heureusement que Désirée est apparue). Ce fut beaucoup d'essais et d'erreurs. Des déchirements. Des réconciliations. Des beaux-parents temporaires. Des chicanes qui se règlent, d'autres non. Et finalement, comme chantait Joe Dassin, « il y a la femme qu'on attendait » (La fleur aux dents, 1970).
Maintenant, la Saint-Valentin est plus agréable. Quoique je reste toujours un peu embêté à l'idée qu'il FAUT ABSOLUMENT QU'ON CÉLÈBRE NOTRE AMOUR le 14 février. Et si ça ne me tente pas, ce jour-là ? Si je me sens marabout ? (Le mot « marabout » doit ici être compris dans son sens typiquement québécois et non au sens littéral qui, comme tout un chacun sait, signifie un musulman réputé pour ses pouvoirs magiques.)
Je ne suis pas de ceux qui dénoncent la récupération commerciale de la fête de l'amour - argument futile puisque toutes les fêtes sont récupérées commercialement aujourd'hui -, mais ça fait quand même drôle de voir tout ce qui s'appelle sex shop essayer de surfer sur la vague Saint-Valentin en proposant une multitude de produits pour cette « occasion spéciale » ... Et le reste de l'année, on rentre au couvent ?
Du côté de Désirée et moi, voici en primeur l'horaire prévu pour mardi soir prochain : chercher Jojoba à la garderie, la faire souper, la coucher, ranger ses 74 jouets éparpillés un peu partout, nous faire à souper, souper, ranger nos affaires, puis s'embrasser goulument pendant sept minutes avant de s'endormir sur le divan, exténués. 
Mais on va manger du chocolat, c'est sûr.
Sur le bord
Lu sur un site internet au sujet d'un aréna du coin : « Suite à une analyse des conditions désuètes de l'aréna qui date de 1973, nous avons constaté que l'aréna était à la verge de devoir fermer ses portes dues à d'importants besoins de réparations que la ville seule ne pouvait supporter. »
Parmi les cinq fautes dispersées dans cette phrase*, je retiens que l'aréna était « à la verge » de devoir fermer ses portes. De l'anglais « on the verge » (sur le bord de) ? Ou, pour rester dans la thématique Saint-Valentin, c'est parce que l'aréna sent la verge ? J'ai toujours trouvé que ça sentait plutôt la poche (de hockey).
 
(* « Suite à » est une forme fautive, « conditions » est un anglicisme dans le sens d'« état », « à la verge » voir plus haut, « dû » à d'importants besoins, et « supporter » est un anglicisme dans le sens de « financer ».)