La rainette qui joue au caméléon

La rainette versicolore est un amphibien vivant surtout dans les arbres où elle pourchasse insectes et araignées. Jamais très loin d'un point d'eau, elle y descend pour l'accouplement et la ponte vers la mi-juin. Dès la fin mai, parfois plus tôt lorsque la saison est précoce, les mâles entonnent leurs joyeux trilles pour convier les femelles aux lieux de reproduction.
La rainette versicolore est un amphibien vivant surtout dans les arbres où elle pourchasse insectes et araignées. Jamais très loin d'un point d'eau, elle y descend pour l'accouplement et la ponte vers la mi-juin. Dès la fin mai, parfois plus tôt lorsque la saison est précoce, les mâles entonnent leurs joyeux trilles pour convier les femelles aux lieux de reproduction.
Pouvant atteindre six centimètres de longueur, c'est la plus grande des rainettes. Ses doigts et ses orteils sont dotés de ventouses, alors que les grenouilles ont les pattes arrière palmées pour faciliter la natation et que les crapauds ont de petites bosses sous les pieds pour mieux creuser la terre. Sa peau granuleuse lui permet de se confondre avec l'écorce des arbres. Une autre particularité concerne la couleur orange vif sous ses cuisses créant, lorsqu'elle bondit, un effet de flash qui surprend ses prédateurs.
La rainette versicolore tient son nom à sa capacité à varier sa couleur en quelques minutes, du blanc cassé des bouleaux, au gris des érables, au brun de la terre jusqu'au vert tendre des fougères. Ces changements sont principalement dus à l'environnement dans lequel l'espèce cherche à se confondre. D'autres facteurs interviennent également, notamment la température, puisque la rainette assure aussi sa thermorégulation en arborant, selon les besoins, des teintes plus claires ou plus foncées.
Une autre caractéristique exceptionnelle de cette espèce est de pouvoir supporter la congélation, jusqu'à des températures de-8 degrés Celsius, et ce, pendant plusieurs jours. Plus de 40% des liquides de son corps peuvent ainsi geler sans toutefois que des cristaux de glace n'endommagent ses tissus. Cette capacité repose sur une forte sécrétion par le foie de glucose et de glycérol, jusqu'à 100 fois les doses normales. Ces substances agissent un peu à la manière d'antigels. Au fur et à mesure que progresse la congélation, le métabolisme est ralenti, parfois jusqu'à l'arrêt de la respiration et des battements cardiaques. Au moment du dégel, les fonctions vitales sont rétablies en quelques heures seulement.
Jusqu'au 15 juin, vous pourrez observer des rainettes versicolores lors d'une visite au CINLB.
MICHEL AUBÉ, VICE-PRÉSIDENT DU CINLB
ET PROFESSEUR ASSOCIÉ
À L'UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE