La dépression n'est pas une maladie, c'est un état

Dans la vague du politiquement correct, souvent on tente de vaincre un préjugé en le grossissant. Comme si en donnant une grande visibilité à une mauvaise idée, les gens sont censés s'apercevoir de l'évidence de son impertinence. Depuis quelque temps, on nous fait voir des messages publicitaires qui disent tout haut que la dépression est une maladie. Laissez-moi vous convaincre que ce n'est pas le cas. En fait, c'est plutôt un état. Un peu comme quand on dit se sentir bien ou se sentir mal; on peut se sentir mal à cause d'une maladie mais cet état, se sentir mal, ne sera pas la maladie en soi. Tout comme la pluie, même si elle est tempête n'est pas définie comme une maladie mais une dépression atmosphérique.
Alors pourquoi sommes-nous déprimés? Il existe plusieurs causes pouvant nous plonger dans cet état. Ces causes peuvent être une foule de choses qui font que nous ayons moins d'énergie: un épuisement professionnel, un manque d'ensoleillement, une alimentation défaillante, une solitude trop marquée ou un deuil. Ces facteurs combinés peuvent accentuer la chute vers l'état dépressif. Par exemple, dans le cas d'un deuil, une personne peut fuir sa peine dans un excès de travail qui souvent doublé d'une insomnie persistante, augmente sa fatigue. Du coup, elle devient plus vulnérable émotionnellement et contacte plus facilement sa peine refoulée.
 
On peut faire un parallèle avec ce qui se produit avec notre société lors d'une dépression économique. Ayant roulé trop vite, la société s'essouffle et déprime. Cependant, contrairement à ce que la plupart des économistes disent, je crois qu'une dépression économique est un état sain et essentiel au développement de la société sans quoi, on irait au suicide écologique par une pollution excessive. Peut-être est-ce pour se dépolluer que les systèmes économiques, atmosphériques et humains dépriment.
Cessons de juger les autres. Ils ont seulement besoin d'appui moral et peut-être d'un peu de solitude. Les médicaments peuvent aider mais, à mon avis, ils ne font que changer le mal de place. Il faut prendre conscience des causes qui mènent à la dépression sans quoi, médicaments ou pas, le cercle vicieux risque de nous y replonger. La société exige beaucoup de tous ses membres. Il est peut-être temps de changer sa façon de voir et ses priorités afin de demeurer dans un état agréable.
François Dubuc
Shefford