Alain Brière, maire de Rougemont, Andrée Saint-Denis, copropriétaire de La Cidrerie McKeown, Pierre Breton, député de la région de Shefford, Michel Meunier, maître de chai et Robert McKeown, copropriétaire.

La Cidrerie McKeown veut s'étendre aux États-Unis

La Cidrerie McKeown a obtenu une subvention de 188 000 $ du gouvernement du Canada pour qu'elle puisse commercialiser et exporter ses produits à l'international, et plus principalement aux États-Unis.
Le dépôt de cette demande de financement fait suite à une rencontre à Ottawa en octobre dernier où s'étaient rendus tous les maires de la région de Shefford ainsi qu'une quinzaine d'entrepreneurs de la région. Une initiative du député de Shefford, Pierre Breton. C'est durant ce voyage que le couple propriétaire de la cidrerie a vu la possibilité de faire une demande d'aide financière.
« Le cidre est la boisson qui a connu le plus d'expansion à l'échelle mondiale depuis les 10 dernières années », explique Pierre Breton, député fédéral de Shefford. « On est très fiers, le gouvernement du Canada, de s'associer avec des entreprises qui sont en croissance comme ça, qui vont créer des emplois ».
En effet, la Cidrerie McKeown existe depuis 2004, et elle n'a cessé de prendre de l'expansion depuis. Ses produits sont désormais en vente dans plus de 2000 établissements de vente de boisson au Québec, en plus de quelque 400 bars et restaurants. « On commence à manquer d'espace », lance en riant de bon coeur le propriétaire de la cidrerie, Robert McKeown. 
La moitié de la contribution financière du gouvernement du Canada a été utilisée pour acheter les machines nécessaires à la production en chaine de canettes de cidre. Une nouveauté pour la Cidrerie McKeown. « Le cidre est à la mode, oui, mais les contenants sont importants. Aux États-Unis, le contenant est un outil primordial », juge M. McKeown.
« Le Québec, ça va bien, ça se développe bien, mais on est sept millions, et ce n'est pas tout le monde qui boit du cidre. Aux États-Unis, ils sont 350 millions », explique Robert McKeown, justifiant son intérêt pour le voisin du sud.
Des possibilités d'exportation se font d'ailleurs déjà voir en Caroline du Nord. Les propriétaires de la cidrerie préfèrent garder sous silence cette possible entente, puisque rien n'est certain encore, mais ils affirment que les importateurs américains tombent sous le charme du cidre en canette. L'importateur en question aurait des partenaires dans 35 États. 
« On travaille avec des produits locaux, donc pour les marchés québécois, ce n'est que des produits du Québec qui se retrouvent dans nos produits. Mais peut-être qu'en exportant, on va utiliser des produits locaux de là-bas », fait valoir Andrée Saint-Denis, copropriétaire de la cidrerie.
Son conjoint n'exclut pas l'idée de s'étendre davantage chez notre voisin du sud. « Est-ce qu'on va vouloir agrandir notre présence aux États-Unis en ayant un pied à terre là-bas ? Peut-être. Ça fait partie de notre réflexion stratégique ». Il mentionne la possibilité d'établir des points de production là-bas. À l'heure actuelle, leur seul point de production est leur cidrerie située à Rougemont. 
La canette, un outil
« C'est ce qui nous a permis de rentrer aux États-Unis », dit Robert McKeown à propos du format canette. Pour leur expansion américaine, les propriétaires laissent en effet complètement de côté la classique bouteille de 750 ml pour se tourner vers un style canette. Un nouveau branding est mis de l'avant et c'est principalement le marché de la bière auquel ils comptent prendre part.
« Notre positionnement, avec notre packaging, est plus mainstream. On veut que le cidre soit accessible », explique Robert McKeown. Il vante également les vertus de ce format. « C'est 100 % recyclable. Et historiquement on pensait que la bouteille, c'était pour les produits haut de gamme, mais les brasseurs, on s'est rendu compte que la canette est meilleure pour les produits ».