Je m'excuse, mais ce qu'on entend dans les tribunaux n'est pas toujours horripilant. C'est même parfois rigolo.

La carapace

«Dis Pascal, t'en as pas marre d'entendre des histoires scabreuses à la cour ?»
D'abord, je m'excuse, mais ce qu'on entend dans les tribunaux n'est pas toujours horripilant. C'est même parfois rigolo. Comme le célèbre dossier du Granbyen qui, en 2011, avait poursuivi la compagnie montréalaise qui lui avait vendu, euh, une machine devant allonger son pénis parce que, re-euh, ça n'avait pas fonctionné (d'uh). Histoire vraie en passant.
Ledit émule de Ron Jeremy a gagné et a pu ravoir ses 632 $ (mais pas sa fierté). Et moi je me suis dit que tout n'est pas rabat-joie au royaume des toges et des rabats. 
Les avocats, et parfois aussi les juges, ne manquent pas d'humour à l'occasion et malgré le sérieux ambiant. Il le faut bien pour compenser l'amas de détresse humaine, de toxicomanie et de problèmes mentaux qui déferle chaque jour dans les palais de justice.
En plus de connaître le droit sur le bout des doigts, les avocats au criminel doivent aussi être psychologues et sociothérapeutes lorsqu'ils se retrouvent face à une personne démunie (ou à un journaliste qui ne comprend pas toujours très bien ce qui se passe).
Mais revenons à MOI. Non, je ne trouve pas ça dégueu la cour, même les pires histoires. On pense que c'est parce que je me suis fait une carapace avec le temps (et que je n'attends que le moment propice pour la lancer sur un adversaire façon Mario Kart), mais c'est faux. Les histoires dérangeantes ne m'ont jamais dérangé. Ça vient peut-être de mon goût pour les polars et les films d'horreur.
C'est quand même arrivé au moins une fois. En 2005, un vieil homme a conduit son camion en état d'ébriété, le soir, dodeliné un peu de la tête et frappé une adolescente à bicyclette. Assez pour qu'elle soit confinée à un fauteuil roulant pour le reste de ses jours. 
Une étudiante intelligente et jolie qui revenait de son emploi à temps partiel. Aujourd'hui, tout ce qu'elle peut faire d'elle-même, c'est manipuler la souris d'un ordinateur, et encore.
Ça, c'est horrible. Une vie à proprement dite fauchée. Et pour quoi ? Parce qu'un autre imbécile s'est dit qu'il était tout à fait acceptable de conduire avec
12 verres de vin derrière la cravate. 
Ils sont moins rares qu'on pense, et pas tous vieux et ivrognes, comme le mentionnait La Presse + cette semaine. Beaucoup de jeunes et de semi-jeunes (à 40 ans, on est semi-jeune, hein ?) se font arrêter pour ce type de crime. C'est déprimant !
Question pas récente : pourquoi les nouvelles voitures ne sont-elles pas toutes équipées d'un bidule qui empêche ladite bagnole de partir si on est saoul, plus prosaïquement appelé antidémarreur éthylométrique ? 
Parce que ça ferait monter le prix des voitures, me répond-on, et que ces appareils ne sont pas encore totalement fiables.
Ok. Mais ça éviterait pas mal d'histoires scabreuses.
Liaison
Là, il faut que j'en parle. À la cour, il n'est pas rare que j'entende dire le mot « huissier » et... jamais prononcé de la bonne façon.
Voyez-vous, comme pour huître, hameçon ou humilité, le mot huissier commence par un h muet. C'est-à-dire qu'on ne le prononce pas et que, par conséquent, on le dit en faisant la liaison avec ce qui précède.
Donc, tout comme on ne dit pas la huître, le hameçon ou la humilité, il faut dire l'huissier ou, au pluriel, les huissiers (prononcez « les zuissiers », je vous jure que c'est vrai).
Voilà. Une règle simple, mais largement ignorée par les membres du Barreau de Bedford. Dommage parce qu'en dehors de ça ils sont compétents et plutôt sympathiques. Mention spéciale à Me Yoda, passant en, salue que je*.
*Voir : Star Wars.