Tant la direction de l'école secondaire J.-H.-Leclerc que la commission scolaire du Val-des-Cerfs et Ressources pour Hommes Haute-Yamaska dressent un bilan positif du projet-pilote dont la deuxième mouture s'est conclue le 10 mars dernier.

Informer, éduquer et prévenir

Près de 350 élèves de quatrième secondaire de l'école Joseph-Hermas-Leclerc ont été sensibilisés aux différents visages de la violence et aux impacts de celle-ci récemment. Un projet qui s'inscrivait dans le cadre de la seconde mouture d'un projet-pilote lancé en partenariat avec Ressources pour Hommes Haute-Yamaska (RHHY).
Entre le 20 février et le 10 mars, les élèves, répartis en 11 classes, ont été rencontrés par des intervenants de l'organisme, qui en plus de leur expliquer ses différents services, a mis en lumière plusieurs situations de violence afin de les éduquer sur les comportements sociaux acceptables dans un contexte de relations sociales.
En outre, RHHY a tenu un kiosque dans le cadre du salon « Prévenir avant que ça arrive » de l'école secondaire, en compagnie d'une dizaine d'autres organismes de la région. « Le fait qu'il y ait plusieurs kiosques au salon permet aux jeunes de prendre des renseignements sans être étiquetés à l'un d'entre eux », souligne Christian Lacourse, directeur de l'école secondaire. 
Briser un tabou
Celui-ci voit d'un très bon oeil le projet, qui permet de mieux outiller les élèves à l'aube de la vie adulte, et ce, face à une problématique qu'on ose rarement aborder. La cohorte de 4e secondaire a d'ailleurs été retenue parce que c'est généralement à cet âge qu'on entre dans une première relation amoureuse plus sérieuse et qu'on a la maturité nécessaire pour assimiler les notions relatives à la violence. « Comme directeur de l'école, je trouve que ce projet est un bon complément d'information pour nos jeunes. On a plusieurs partenariats dans la communauté, mais le sujet de la violence, particulièrement auprès des hommes, est encore tabou », note M. Lacourse.
« Tout le monde est confronté à la violence, tout le monde connaît quelqu'un qui la subit, relate l'intervenant Jonathan Loranger, qui a animé des activités en classe. Il y a, en théorie, plus de violence chez les adolescents et les jeunes adultes, car ils sont encore en apprentissage au sujet de leurs comportements sociaux. »
Les rencontres, qui s'échelonnaient sur une période, ont permis d'échanger sur diverses facettes de la violence, qu'elle soit physique, psychologique, sexuelle, verbale, ou conjugale, entre autres. Des mises en situation et des périodes de questions ont permis à plusieurs d'entamer un cheminement personnel. Les intervenants étaient également disponibles pour des rencontres individuelles, si le besoin se manifestait.
« Au fil des rencontres, j'ai constaté que certains jeunes savaient mal gérer leurs émotions et exprimer celles-ci. On voulait que les élèves partent avec l'idée que consulter, ça fait du bien, que ça permet de mieux se comprendre, mais aussi de trouver des solutions et une forme de paix intérieure », relève
M. Loranger. 
À la suite de ces rencontres, plusieurs appels ont été logés à RHHY, que ce soit directement ou par l'intermédiaire d'un intervenant de l'école, a-t-on appris. « La majorité de nos interventions se déroulent généralement après les faits malheureux. Avec les élèves du secondaire, on a eu l'occasion d'aborder la problématique de manière préventive », souligne Stéphane Prévost, président du conseil d'administration de l'organisme, qui a pu se faire connaître auprès d'une jeune clientèle.
Le tout est une initiative de Claire Bergeron, enseignante en éthique et culture religieuse, qui avait constaté un besoin réel chez les élèves de sexe masculin, a-t-on indiqué.
Partenariat à élargir
Devant les résultats positifs de ce partenariat, tant RHHY que la commission scolaire du Val-des-Cerfs souhaitent élargir celui-ci aux autres écoles secondaires de la région. « On voudrait l'implanter ailleurs, mais on veut prendre le temps d'en parler avec les équipes écoles pour bien le faire, souligne Carl Morrissette, directeur des services éducations de la CSVDC. On ne s'est pas donné d'échéancier précis. On va y aller une école à la fois. On voudrait intégrer davantage les services professionnels de la commission scolaire. »
« De notre côté, on voudrait étudier la possibilité d'avoir une activité de relance en 5e secondaire », indique M. Lacourse.