Avoir une maison faciliterait le quotidien de Jean-Sébastien Besner et de sa femme Sandra Robichaud. Pour ce faire, le couple fait appel à la générosité des gens.

Ils rêvent d'une maison

Jean-Sébastien Besner et Sandra Robichaud sont les heureux parents de deux garçons de quatre et huit ans. En mai dernier, ils se sont mariés. Pour « boucler la boucle comme un couple normal », disent-ils, ils veulent maintenant devenir propriétaires. Un achat loin d'être un luxe qui permettrait d'offrir une plus grande autonomie et un environnement sécuritaire à Sandra aux prises avec une maladie non diagnostiquée qui s'attaque à son système musculaire. Mais pour franchir ce cap, le couple a besoin d'un coup de pouce.
Jean-Sébastien et Sandra sont ensemble depuis dix ans. Le couple vivait une vie normale, à Saint-Hyacinthe, son patelin, jusqu'à l'arrivée de son deuxième garçon. Jean-Sébastien travaillait alors sur une ferme et Sandra comme serveuse. Depuis 2011, Jean-Sébastien occupe un poste d'agent de sécurité à l'hôpital de Granby. 
Pendant sa deuxième grossesse, Sandra s'est mise à tomber. Soudainement, les muscles de ses jambes arrêtaient de faire leur travail. « Ça pouvait m'arriver une fois par semaine, raconte-t-elle avec difficulté, son élocution étant désormais atteinte par la maladie. Je me tenais sur les murs. Après mon accouchement, je me déplaçais en marchette. »
« Un jour elle est tombée et j'ai trouvé la distance extrêmement longue entre Granby et Saint-Hyacinthe, ne cache pas Jean-Sébastien, qui doit maintenant subvenir seul aux besoins de sa famille. C'est clair que ça n'allait pas arriver une deuxième fois. »
Pour des questions de logistique et de sécurité, le couple a donc décidé de déménager ses pénates à Granby. Il habite un petit appartement du quartier haut de ville depuis un an et demi. « Quand on a visité, je me déplaçais à l'aide d'une marchette, souligne Sandra, 28 ans. On n'a pas pensé que je pouvais me retrouver en fauteuil roulant un jour... »
C'est que la maladie évolue rapidement. Au fil du temps, les muscles de ses jambes, de ses bras, sa vue, son ouïe, sa façon de s'exprimer, voire sa déglutition, tout a été affecté. « Je n'ai plus de coordination, explique Sandra en parlant de ses mains. Le café qui est là (devant elle sur la table), je vais plus le regarder qu'autre chose, parce qu'en essayant de le boire, je peux le renverser, me salir ou encore m'étouffer... »
Pour se coucher dans son lit, entrer dans le bain ou dans la voiture, Sandra a besoin de Jean-Sébastien. 
Il y a à peine cinq ans, elle s'adonnait pourtant au jogging. Elle adorait aussi jouer à l'extérieur avec ses fils, Christopher et William. Confinée à son fauteuil roulant, la jeune maman ne peut plus sortir dehors facilement, la bâtisse n'étant pas adaptée à sa situation, et le terrain, en pente, ne lui permettant pas un accès facilement. « L'appartement n'est bien sûr pas adapté, mais on fait ce qu'on peut, note Jean-Sébastien. Sandra ne peut pas aller dehors avec les enfants. Avoir une maison lui permettrait d'entrer et de sortir comme elle le souhaite. »
Eux qui se privent depuis trois ans pour déposer la mise de fonds nécessaire à l'achat d'une maison osent aujourd'hui demander de l'aide. 
« Il nous manque environ 6000 $, gros max, indique Jean-Sébastien. On ne cherche pas une maison de 300 000 $. On veut quelque chose en bas de 200 000 $ avec trois chambres à coucher, une salle de bain et une salle de lavage sur un seul et même étage. »
Pour leur venir en aide, des membres de leur famille ont décidé de créer une page pour Sandra sur la plateforme de socio-financement GoFundMe (Pour une maman extraordinaire.) Au moment de mettre sous presse, 1030 $ avaient été récoltés. Il est aussi possible de se rendre sur ce site via Facebook (Fondsandrarobichaud).
« On est rendus là, souligne Jean-Sébastien. Ça nous permet de partager le poids (de la situation). Je ne peux plus le porter tout seul. »
Entre deux chaises
« Sur papier, je suis en excellente santé ! »
Sandra Robichaud a consulté de nombreux médecins et passé tout autant de tests au fil des quatre dernières années. Toutefois, aucun diagnostic n'est venu expliquer le mal qui l'afflige et qui l'a cloue désormais à un fauteuil roulant. 
« On se dit qu'un jour ils vont finir par trouver quelque chose... », indique Jean-Sébastien, son mari, qui se désole de voir à quel rythme vont les choses.
« Elle est toujours entre deux chaises dans le réseau de la santé », regrette-t-il. 
Comme Sandra n'a pas de diagnostic, elle ne peut recevoir aucune aide financière du gouvernement ni des organismes communautaires.
« Il reste une piste, souligne Jean-Sébastien. Il faut investiguer du côté de sa glande thyroïde. Mais là aussi elle est sur une liste d'attente. Elle est handicapée, mais elle ne peut pas être reconnue invalide. Je suis certain qu'elle n'est pas seule dans sa situation. »
« On sent toujours qu'on doit se battre contre le système, poursuit-il. On est dans le néant et on attend. Il faut toujours appeler quelque part, aller porter un papier, pousser, suer, mais Sandra ne peut pas marcher et moi, je travaille ! Des fois je lui dis de voir le bon côté des choses : elle aura peut-être son nom dans un livre de médecine un jour ! »
Une boutade qui fait rire Sandra qui, malgré son état, arrive à garder le sourire. 
« Imagine, si on se séparait, elle aurait droit à l'aide sociale, etc., se désole Jean-Sébastien. On dirait que le gouvernement nous force à profiter du système... Mais ce n'est pas ce qu'on veut, ni pour nous ni pour nos fils. Chacun de nos dollars est donc calculé. On s'aime, et on ne se changera pas ! »
En plus de la campagne de socio-financement GoFundMe, le couple invite les gens à participer à une soirée de quilles au Royaume des quilles de Granby le samedi 25 mars, de 13 h à 15 h 30.