Guy Nantel

Guy Nantel tire tous azimuts

(Critique) Guy Nantel a intitulé son dernier one man show Corrompu. Mais il aurait très bien pu le nommer Corrosif. On connaît tous son humour grinçant, mordant, incisif et on ne s'attend à rien de moins du personnage lorsqu'on paie plus de 40$ le billet pour le voir en spectacle. Samedi soir, au Palace, l'humoriste au style unique nous en a donné pour notre argent. Tellement, pour être franc, qu'on en est à se demander, 24heures plus tard, s'il n'a pas été trop loin.
Certes, Guy Nantel ne fait pas dans la dentelle. Dans ce spectacle tissé autour de ses nombreux défauts - cupide, violent, homophobe, rétrograde, cynique, irresponsable, autoritaire et on en passe -, il a tiré tous azimuts sur les politiciens et les gros travers de notre société, bien entendu. Ça, c'était bien. Très bien même. Voire excellent.
Mais. Parce qu'il y a un mais. À plusieurs reprises, il a repoussé les limites. Il les a même dépassées quelques fois. Au point où certains spectateurs ont tiqué. Foi de journaliste présente ce soir-là.
Il faut dire qu'à sa longue liste de défauts, on aurait facilement pu ajouter: irrespectueux. Dans ce contexte, du moins, où il sommait le public de réagir lorsque le peu d'enthousiasme à un numéro ne faisait pas son affaire, et lui ordonnait de fermer sa gueule, littéralement, lorsqu'il se manifestait à un moment qui ne lui convenait pas. Un spectacle devant public, c'est un peu ça, non? Dans les quelques numéros d'improvisation, justement avec le public, ça se corsait. Comme si la censure n'avait pas eu le temps d'embarquer dans le processus.
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