En fusionnant avec le CINLB, la Ferme Héritage­ Miner hériterait d'une direction générale expérimentée qui, depuis plus d'une trentaine d'années, tire son épingle du jeu.

Fusionner la Ferme

L'avenir de la Ferme Héritage­ Miner pourrait passer par une fusion administrative avec le Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin. La suggestion est celle d'un homme d'affaires de Granby qui m'en a parlé la semaine dernière. L'idée mérite d'être explorée­. Pour plusieurs­ raisons.
D'abord, pour les économies d'échelle possibles. La fusion des deux entités dégagerait une marge de manoeuvre financière sur leurs coûts administratifs. Quand on oeuvre dans le monde des organismes sans but lucratif, chaque sou compte.
La mise en commun des deux organisations a également ceci d'intéressant qu'elles font non seulement face à des défis similaires de financement, mais partagent aussi des vocations d'éducation et de conservation de milieux naturels. Le CINLB voit à la protection d'un territoire de 450,8 hectares alors que la FHM, au nom de la Ville de Granby, fait de même avec les 135 hectares des Boisés Miner. Un mariage des deux organismes semble naturel.
Le fait que la FHM est fermée depuis quelques semaines en raison d'un manque de revenus représente une belle occasion pour ses administrateurs de repenser l'ensemble de son mode de fonctionnement. En fusionnant avec le CINLB, la Ferme hériterait d'une direction générale expérimentée qui, depuis plus d'une trentaine d'années, tire son épingle du jeu.
Le CINLB est doté d'un budget de 780 000 $, dont 186 000 $ proviennent de la Ville de Granby­. L'organisme compte quatre employés à temps plein et est passé maître dans l'obtention de subventions de réinsertion de gens en milieu de travail et d'emplois étudiants. Ces travailleurs assurent l'entretien du vaste parc. Ils pourraient s'occuper en plus des tâches à la Ferme.
L'idée d'une fusion circule parmi les administrateurs des deux organisations, m'a-t-on confirmé. De part et d'autre, des réticences existent, toutefois. Comme dans tout groupe, personne n'est entiché à l'idée de céder du pouvoir ou de s'écarter, et ce, même si la résultante est la sauvegarde de son organisation. Il ne faudrait pas qu'une lutte d'égos empêche une réflexion de fond sur les différentes façons de sauver la FHM.
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La Ville de Granby vient de placer la barre haut en organisant une consultation publique sur la modernisation de son centre-ville. L'exercice auquel elle convie la population pour imaginer de quoi devrait avoir l'air la rue Principale­ est sans précédent.
Les administrations municipales invitent souvent leurs citoyens à se prononcer sur des projets lors de consultations publiques. Hélas, ces rencontres cachent souvent des opérations de relations publiques plutôt que de vrais appels à la discussion et à la réflexion sur un sujet ou thème précis. Tout est ficelé à l'avance et le but des rencontres, qui sont davantage des soirées d'information, est de valider les décisions prises.
Preuve que les consultations publiques n'ont pas le caractère sérieux dont elles se réclament, la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme n'oblige pas les municipalités à produire un compte rendu de celles-ci... Comment savoir si les idées, suggestions et commentaires des citoyens ont été entendus par l'appareil municipal et que la version finale des projets discutés les reflète ? En ne produisant pas de comptes rendus, les administrations laissent filer de précieuses informations et nourrissent le cynisme de leurs citoyens. 
L'initiative de la Ville de Granby est encourageante parce qu'elle se traduit par une main tendue aux citoyens. Écouter les gens, c'est la base même de la démocratie.